Investissement socialement responsable et fonds de pension

Les managers de fond de pension considèrent de plus en plus qu’ils ont la responsabilité de contribuer au développement durable au travers de leurs activités. Si nous nous penchons sur les caractéristiques principales des fonds de pension – taille, horizon de placement, diversification – nous réalisons qu’ils peuvent être de fervents défenseurs de l’ISR. Dans la mesure où les fonds de pension ont une approche sur plusieurs dizaine d’années, l’investissement socialement responsable est particulièrement séduisant puisqu’il est explicitement basé sur le long terme.

Si l’on se réfère au guide sur l’Investissement Socialement Responsible (ISR) publié par Mercer en 2007, l’ISR peut être défini comme un processus d’investissement qui cherche à atteindre des objectifs sociaux et environnementaux en parallèle des objectifs financiers. Les signataires des Principes des Nations Unies pour l’investissement responsable (UNPRI) croient que les problèmes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) peuvent influer sur la performance de portefeuilles d’investissement (à des degrés divers en fonction des compagnies, secteurs, régions, classes d’actifs et au cours du temps). Nous pouvons trouver de nombreuses définitions de l’ISR et la diversité de ces définitions reflète les diverses approches qui peuvent être adoptées afin d’être considéré comme « socialement responsable ».

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Greenwashing à La Poste Suisse

La lettre suisseAttendant mon train, j’ai pu admirer la nouvelle publicité de La Poste Suisse. Celle-ci vante les mérites de la lettre suisse. Elle serait à 100% sans impact sur le climat. On peut lire dans la description que « le traitement et le transport des lettres adressées en Suisse sont désormais garantis sans impact sur le climat. Elle y parvient en réduisant et en compensant les émissions de CO2. ». D’autres infos ici.

« Sans impact sur le climat », vraiment? La Poste a donc réduit et/ou compensé la totalité de l’impact sur le climat du processus de traitement et de transport?

Mais cela inclut-il la fabrication de la lettre elle-même? A priori non, puisque l’on nous parle de traitement et de transport. Il en va sans doute de même pour la fin de vie de cette même lettre. Et je suppose que l’on n’a pas demandé aux employés de La Poste de respirer moins souvent afin de réduire leur production de CO2…

J’exagère forcément le trait, mais c’est pour souligner le fait que « sans impact sur le climat » est une information inexacte, pour ne pas dire pire…et ça, c’est du greenwashing.

Cela pose aussi la question de la compensation carbone. Peut-on vraiment dire qu’une activité X ou Y, toute compensée soit-elle, est vraiment sans impact sur le climat? Non, il y a un impact; compensé ailleurs, certes, mais cet impact existe bel et bien.

Les intentions de La Poste sont louables, et on ne peut que les féliciter d’avoir entrepris la démarche de réduire son impact sur l’environnement. Mais c’est bien de cela qu’il aurait fallu parler: réduire son impact, et non pas le supprimer.

Swisstainability Forum 2012

Aujourd’hui, je laisse la place à mon amie Dora, qui nous parle d’un événement dont elle contribue à l’organisation. J’avais eu le plaisir d’y passer en 2011, assistant notamment à une conférence sur l’étiquetage environnemental. J’y serai aussi cette année, en espérant vous y croiser!

Le G21 Swisstainability Forum, le premier événement professionnel consacré exclusivement au développement durable en Suisse, se tiendra à l’IMD à Lausanne les 29 et 30 mai.

Organisé en partenariat avec L’IMD, le forum propose des conférences plénières, des rencontres et partage de savoir entre différents leaders d’opinions économiques, scientifiques et sociétaux engagés dans une démarche durable en Suisse.
En réunissant ces différents acteurs sous un même toit, cet événement permettra de favoriser des synergies et de partager des exemples applicables à d’autres échelles et à d’autres secteurs.

Trouvez le programme complet des interventions, ateliers et conférences des deux jours et toutes les informations sur l’événement ici.
Et les inscriptions se font .

Nous nous réjouissons de vivre cet événement avec vous!
Contact : Dora Godinho (dora(point)godinho(at)nicefuture(point)com

Emplois verts en Suisse et ailleurs

Cet article pour vous signaler l’excellent article de mon non moins excellent ami Yann Graf: Trouver un job vert en Suisse. Yann travaille actuellement chez Terre des Hommes, une ONG suisse. Son article porte certes sur la Suisse, mais nombre de ses remarques sont valables « à l’international ».

Yann nous dit notamment que « n’importe quel métier peut devenir vert du moment qu’il est effectué dans une entreprise qui préserve son environnement. » Il ne semble toutefois pas convaincu par sa définition. Qu’en pensez-vous?

J’apporte ma pierre à l’édifice en introduisant le travail de mes collègues du département « Green Jobs » de l’Organisation Internationale du Travail. Voila ce que l’on trouve sur la page dédiée à ce sujet:

Concrètement, les emplois verts contribuent à:

1. Réduire la consommation d’énergie et l’utilisation des matières premières
2. Diminuer les émissions de gaz à effet de serre
3. Limiter les déchets et la pollution
4. Protéger les écosystèmes

Il est possible de créer des emplois verts dans tous les secteurs et types d’entreprise, en zone rurale comme en zone urbaine, et dans tous les pays, quel que soit leur stade de développement économique.

Voila qui correspond à la définition de Yann, tout en apportant quelques précisions!

C’est vous le problème!

Lorsqu’il s’agit d’expliquer le comportement d’autres personnes, les gens ont tendance à donner plus de poids aux explications liées à la personnalité de ces autres personnes qu’au facteurs liés à la situation. Inversement, si vous analysez et expliquez votre propre comportement et vos motivations, vous aurez tendance à partir du principe qu’ils sont basés sur une réaction à une situation, et non à des facteurs de personnalité.

C’est la la leçon no 59 à retenir de 100 Things Every Designer Needs to Know About People: « People assume it’s you, not the situation », que j’ai lu récemment.

Leçon intéressante en ce qui nous concerne, puisque l’on peut constater que ce phénomène est récurrent lorsqu’il s’agit de responsabilité sociale. En cas de problème, une entreprise incriminée avance très souvent des arguments situationnels pour expliquer sa piètre performance: « la crise nous a forcé à allouer moins de budget à nos programmes environnementaux », « nous ne pouvons pas grand chose si la législation en matière de travail des enfants est lacunaire dans les pays de nos fournisseurs », etc.

De l’autre côté, les ONGs et les autres stakeholders lient les problèmes de RSE à la « personnalité » de l’entreprise elle-même: « vous êtes irresponsables », « vos valeurs ne sont pas les bonnes », etc. Et le dialogue de sourds s’installe…Les deux parties peuvent être de bonne foi, il n’en reste pas moins qu’il est difficile de partir sur de telles bases pour s’entendre.

En tant qu’entreprise, il faut s’attendre à ce genre de réaction, et se préparer en conséquence. C’est toujours vous, jamais la situation. Deal with it!