Rétrospective – Perspectives – Détermination

Alors que l’année 2021 s’est achevée, chacun est amené à tirer le bilan d’une année à nouveau pas comme les autres, et à envisager les perspectives pour l’année à venir. Nous ne sommes toujours pas arrivé à ce que l’on a trop rapidement appelé la nouvelle normalité, le « new normal ». Nous sommes toujours dans une situation entre-deux. En attente de sortie de pandémie.

A vrai dire, cela ne m’a pas empêché d’avancer. C’était important pour moi d’entretenir ce sentiment d’aller de l’avant. Il a simplement fallu admettre que le chemin allait s’avérer encore plus tortueux que d’habitude! Moi qui ai l’habitude de préparer tous les trois mois une vision pour les 90 jours à venir, je me suis souvent retrouvé à mi-parcours abasourdi par la tournure des événements. Je me suis souvent senti dans la peau du Capitaine Haddock, dans ce meme bien connu où on le voit, l’air perdu, dire « What a week, heh? » et Tintin de lui répondre « Captain, it’s Wednesday »!

Faire un bilan serait trop long, mais j’aimerais souligner quelques highlights, qui ont bien résumé mon année.

À l’Institut des sciences de l’environnement, nous avons organisé, à deux reprises, une session de « Shut up and Write ! » en ligne. Cette initiative s’est avérée extrêmement utile. Non seulement elle a aidé nos collègues à se concentrer sur leur écriture, à une époque où ils sont constamment dérangés par des emails, des appels téléphoniques, des réunions, des notifications d’applications… mais elle a également contribué à créer un sentiment de communauté, d’appartenance, alors que la plupart d’entre nous travaillaient à domicile.

En lien avec cela, j’ai réalisé qu’aider les autres est le meilleur moyen de s’aider soi-même. En servant les autres, on peut renforcer l’image de soi en tant que personne indépendante, proactive et forte. Je ne peux que recommander aux personnes qui se sentent victimes de la situation de trouver un moyen, quel qu’il soit, d’aider leur prochain.

Au niveau de mes activités de consulting, j’ai été embauché pour coacher une personne qui débutait dans un nouveau rôle de leader global de la durabilité dans une entreprise internationale. Nous avons travaillé sur des questions de responsabilité sociale, de durabilité, de leadership ainsi que de management. Une expérience passionnante pour moi – et, je crois, utile pour cette personne! J’espère pouvoir obtenir de nouveaux mandats de ce genre en 2022.

Pour ce blog, j’espère pouvoir y écrire plus souvent. J’aimerais l’intégrer dans ma routine matinale, quelque part entre mon réveil à 05h30 et le début du travail à 08h30. Si l’un ou l’une d’entre vous à des conseils pour les habitudes d’écritures, je suis preneur!

Surtout, je souhaite pour 2022 que le « nous » devienne de plus en plus grand, et que notre « présent » s’étende dans le temps. Que notre sens de la communauté s’élargisse, pour inclure toujours plus de personnes dans notre cercle, et que nous prenions en compte dans ce que nous faisons maintenant une vision de plus en plus à long terme. Je souhaite que ce soit votre cas, votre sentiment. Je sais que les lecteurs et lectrices qui passent par ici réalisent un travail incroyable tout au long de l’année. Continuons sur cette voie, la seule possible, avec optimisme et détermination.

10 Ans

10 ans. C’est aujourd’hui l’anniversaire du lancement de ce site, et ce n’est pas n’importe quel anniversaire.

J’avoue avoir de la peine à réaliser ce que cela veut dire. 10 ans, c’est trois fois l’âge de mon fils; c’est le même anniversaire que nous avons fêté il y a 18 mois pour l’Institut dans lequel je travaille; c’est l’occasion de voir deux coupes du monde de football ou 4 jeux olympiques hiver+été; c’est le temps de faire 2 tiers du chemin pour les SDGs…

Ces dix années ont été plus ou moins prolifiques en matière d’articles, en fonction de ma disponibilité. Mais avec 256 articles publiés, ça reste une bonne moyenne.

Prolifique aussi, en termes de retour sur investissement. J’ai obtenu des mandats, je suis cité dans un manuel scolaire, j’ai été invité par des entreprises à participer à des panels, à des jurys, simplement sur la base de petites choses que j’ai écrites. Ca aussi, j’ai de la peine à le réaliser.

Ce sont aussi des collaborations ratées, des responsables com’ vexé-e-s, des pertes de temps parfois monstrueuses en rencontrant les mauvaises personnes…

Et j’insiste là-dessus à chaque article anniversaire, mais ce sont aussi 10 ans de rencontres et d’échanges. C’est le principal, et c’est ce qui me fait continuer!

Alors si vous passez par là aujourd’hui, « lâchez un com' », comme c’était déjà ringard de le dire il y a 10 ans, ça me fera plaisir!

Ceci n’est pas du travail à domicile

En consultant Twitter la semaine passée, je suis tombé sur un ensemble de trois questions soulevées par Nathan Hubbard, à propos du travail à domicile, ses conséquences et son futur.

*inhales*
*whispers*

be healthily suspicious of the movement to WFH because it seems to be driven through the filter of cost savings in physical office, liability and “localization” of salaries instead of a genuine belief in what’s better overall for workers (even if it is)…— Nathan Hubbard (@NathanCHubbard) May 21, 2020

Trois questions qui peuvent se traduire approximativement comme suit, et auxquelles j’apporte mes « 2 cents ». J’écris ces quelques lignes en complément à mon dernier article – où j’insistais sur la nécessité de penser plus en amont sur la façon dont on organise le travail. Je crois l’exercice intéressant, tant il est maintenant de la responsabilité, sociale, des entreprises, et individuelles des leaders, de se poser les questions de la façon dont le travail et sa perception sont amenés à changer – même si je reste persuadé que ce sont d’autres questions, plus en amont, qu’il faut se poser en priorité.

Avant d’attaquer ces questions, j’aimerais préciser mon point de vue plus global sur le travail à domicile. Nous devrions nous rappeler qu’au cours des 2 derniers mois, nous n’avons pas travaillé à domicile : nous avons fait de notre mieux pour travailler à domicile, dans une situation de crise sans précédent. Nous devrons recadrer nos questions – et nos réponses – dans quelques mois.

Comment allons-nous investir dans la santé mentale pour contrebalancer l’inconvénient de l’isolement physique et de la distance par rapport aux êtres humains, étant donné que nous sommes faits pour être ensemble avec les autres? C’est une vraie question, à laquelle je n’ai pas de réponse toute faite. Si la question était « Faut-il investir dans la santé mentale? », je répondrais oui, sans hésiter. Comment? J’ai toujours imaginé que si j’avais ma propre entreprise, avec passablement de moyens, j’engagerais un-e coach « in-house », une personne vers qui les employés pourraient se tourner en tout temps pour lui faire part de leur état d’esprit, des challenges rencontrés. Je crois que pouvoir parler de tout cela serait assurément un vrai plus. Quant à pallier concrètement à l’isolement et à la distance, c’est le sujet de la question suivante.
Comment allons-nous investir dans la création de possibilités d’interactions en personne avec les collègues, si on le souhaite, afin d’approfondir ces relations, d’élargir son apprentissage et sa compréhension d’eux et de soi-même? Si l’on parle d’investissement financier, je me tournerais vers les activités de team-building. Mais je dois dire que j’ai peu d’intérêts pour les activités typiquement proposées dans ce cadre. Bien plutôt, je dirais qu’il s’agirait d’investir des ressources à la création de plus de projets transversaux, des projets réunissant des équipes multi-disciplinaires. Je crois que c’est dans ce type de projets que les interactions sont les plus fortes. C’est en orientant le travail vers des activités demandant un haut niveau de collaboration que l’on trouverait la solution. Je rajouterais que les interactions avec les collègues sont déterminantes, notamment en début de carrière, pour créer des opportunités de networking et de développement de carrière, que ce soit en interne ou ailleurs. Il sera fondamental de prendre cet aspect en compte.
Comment définirons-nous et mesurerons-nous le succès en tant qu’entreprise dans l’équilibre entre le travail à distance et le travail en présentiel, et comment peut-on être sûr d’être payé et récompensé par unité de performance réelle de telle sorte que la valeur du travail ne soit pas réduite simplement en raison de la situation géographique? Il y a deux questions ici. La définition du succès dans cet « équilibre » passe à mon sens justement par la compréhension qu’il ne s’agit pas d’un équilibre à atteindre, mais bien plutôt d’une harmonie. Il ne s’agit pas d’équilibrer ces deux formes de travail, mais bien plutôt de donner à l’employé-e les moyens de mener une vie harmonieuse entre travail, temps pour soi, temps à la maison, et sentiment de contribuer à la communauté. Je crois que la question d’être récompensé va premièrement au-delà de la question du télétravail. Si le système de rémunération est basé sur le temps et non sur les résultats, c’est un mauvais début, et témoigne d’une culture d’entreprise basée sur le contrôle. Pour la valeur du travail en fonction de la situation géographique, j’ai bien peur qu’il s’agisse d’une question d’état d’esprit du leadership. Si votre manager regarde d’un œil méfiant le télétravail, c’est qu’il a un problème de confiance. En vous, mais aussi certainement en lui/elle-même: si votre manager pense que vous travaillez moins bien à la maison, c’est sans doute parce que c’est son cas. Je n’aime pas terminer sur une note négative – et j’ai vu des mentalités évoluer – mais j’ai aussi constaté une majorité de cas où la communication autour du « retour à la normale » s’est faite sous l’angle du « on va enfin pouvoir retravailler », dans le meilleur des cas, ou du « fini les vacances ».

Et vous, qu’en pensez-vous?

Responsabilité sociale – 9 ans

C’est aujourd’hui le 9e anniversaire de ce blog! Chaque année, je célèbre le 11 mars. Les dernières années, j’ai eu le sentiment de raconter presque toujours la même chose: il n’y a plus beaucoup d’articles, mais à l’époque, ce blog m’avait rendu de fiers services et ouvert bien des portes, etc.

 

Que dire cette fois-ci, si ce n’est la même chose? Force est de constater que j’ai toujours peu d’opportunités de rédiger des articles. Mon travail à l’Institut des Sciences de l’Environnement est toujours très prenant, mon fils a deux ans, j’ai de nombreux amis avec qui partager de beaux moments, mes activités de networking demandent de l’énergie, de même que le mentorat.

Et puis, je crois qu’il n’y a pas de pression à avoir quant à une fréquence de publication. Je ne gagne pas d’argent avec ce blog, ce qui me permet de me sentir libre. Je n’ai pas à formater les articles pour qu’ils soient le plus lus.

C’est ce que je retiens: la liberté. Une valeur importante, maintenant et plus tard.

Au plaisir de vous lire!

Leadership, invisibilité et durabilité

sea-3652697_1920Avec l’arrivée du mois d’août, je célèbre deux années en poste à l’Institut des Sciences de l’Environnement, de l’Université de Genève. Dans ce rôle que j’aime décrire comme « Chief of Staff », je suis impliqué dans la quasi totalité des projets de l’Institut, la stratégie et la gouvernance.

En général, je décris mon rôle comme couvrant trois types d’activités. Tout d’abord le travail purement administratif. Il s’agit d’organiser des réunions, m’assurer que les personnes qui doivent être présentes le sont, ont eu accès au préalable aux informations nécessaires. Je dois aussi faire le suivi des décisions prises au cours de ces réunions, soit en réalisant moi-même ce suivi soit en le déléguant.

Ensuite, je coordonne la plupart des projets transversaux et stratégiques. Le challenge ici pour moi est de transmettre la vision de la direction, sans pour autant brimer les élans des personnes en charge de mettre en oeuvre ces projets. Je dois dire que je n’y arrive pas toujours, tant il est vrai que c’est un équilibre fragile.

Enfin, j’ai tout le travail que je qualifie d’invisible. Anticiper les conflits, les gérer avant qu’ils n’éclatent, identifier nos « blindspots », créer du lien entre les 150 membres de notre Institut. J’ai pour habitude de considérer que si l’on n’entend pas parler de moi, c’est que j’ai bien fait mon travail. Mais c’est peut-être une erreur, et cela m’amène à la question de la valorisation de ce type d’activités: comment puis-je les mettre en avant? Comment être récompensé pour ce qui n’est pas arrivé? C’est une question qui se pose souvent dans le domaine de la responsabilité sociale: comment les managers RSE peuvent-ils mettre en avant toutes les crises de relations publiques qui ne se sont pas produites grâce à leur travail?

J’ai pour ambition d’écrire quelques articles sur mon travail, car cela fait trop longtemps que je n’ai plus publié ici!