Responsabilité sociale interne chez Honest Tea

Mission in a BottleJ’en parlais ici, Mission in a Bottle faisait partie de mes envies de lectures pour 2014. Je l’ai terminé ce week-end, et je voulais en dire quelques mots ici. Comme expliqué dans un article précédent, le livre relate les aventures des deux fondateurs d’Honest Tea. Il s’agit vraiment d’un livre expliquant comment l’entreprise a été créée avec des passages très business. Mais aussi, et c’est là tout l’intérêt du livre, les deux auteurs/fondateurs ont des valeurs fortes, et nous pouvons voir comment ces valeurs les servent tout au long de l’aventure.

L’un des passages intéressant est celui où les auteurs expliquent qu’ayant implémenté des considérations fair-trade dans leur choix de fournisseurs, il n’y avait pas de raison de ne pas appliquer les mêmes principes chez eux. Voici donc quelques mesures qu’ils ont mises en place pour investir dans leurs employés et dans leur environnement proche.

  • Créer un partenariat avec des entreprises de l’alimentaire ayant les mêmes valeurs qu’Honest Tea afin de fournir des snacks sains à leurs employés étant souvent sur la route.
  • Engager un coach en bien-être afin d’aider les employés à atteindre leurs objectifs en matière de santé (perte de poids, fitness, etc.).Honest tea coach
  • Faciliter les promotions internes pour les employés. Plus de 10% du staff a commencé comme stagiaire, y compris 3 directeurs.
  • Pour créer le sentiment de posséder l’entreprise chez les employés, chacun d’eux, après 12 mois, reçoit des stock options. De plus, lors de la sortie d’une nouvelle boisson, un employé peut choisir les 5 derniers chiffres du code-barre de celle-ci – une date d’anniversaire par exemple. Sympa!
  • Acheter des vélos pour chaque employé et installer des douches au bureau pour rendre plus attractive la mobilité douce et ainsi réduire l’impact environnemental.
  • Fournir une aide pour les frais de parking, mais donner le même montant à ceux qui viennent au travail en métro, à pied ou à vélo, afin de ne pas favoriser les conducteurs de voiture.
  • Co-fonder une initiative verte dans la ville où est implantée l’entreprise.

On remarquera qu’aucune de ces mesures n’est révolutionnaire ou très compliquée à réaliser. Mais avouez que la vue d’ensemble donne envie de travailler là-bas! Alors, qu’attendez-vous pour mettre tout cela en place dans votre entreprise?!

RSE francophone sur Twitter: les 14 comptes à suivre absolument

TwitterIl y a environ un an et demi, je publiais un article présentant 13 comptes Twitter à suivre pour quiconque s’intéresse à la RSE. Malheureusement, la liste comptait peu de francophones! J’avoue que j’ai le réflexe de me tourner vers l’anglais lorsqu’il s’agit de responsabilité sociale. Que ce soit pour des livres, des articles, ou encore Twitter. Ce qui est dommage, car il y a de bonnes choses/personnes à lire sur le sujet dans notre langue!

J’ai donc procédé à quelques recherches pour compléter mes connaissances en la matière, afin de vous proposer une autre liste de 14 comptes à suivre, liés à la RSE, mais pour les francophones cette fois-ci!

  1. Marion Dupont. Marion est Marketing Product Manager, chez Wizness, le réseau online lié à la « sustainability ». De par son métier, elle est à la pointe des nouveautés dans le domaine de la RSE, ce qui donne beaucoup de valeur à son compte. Elle a aussi été sélectionnée pour rejoindre les Climate Leadership Corps d’Al Gore.
  2. Aurélie Armand. Aurélie s’intéresse à tout ce qui touche de près ou de loin à ce qui pourrait faire aller mieux notre planète. Et parmi ses intérêts, se trouve la RSE. Un compte à suivre, donc, pour une vision qui ne se limite pas à la responsabilité sociale et qui s’avère « thought-provoking ».
  3. Anne-Laure Guihéneuf. Je ne suis pas Anne-Laure depuis très longtemps, et c’est regrettable. Elle est à la pointe de la recherche, depuis l’école de commerce Audencia, à Nantes. Elle a aussi pour elle la qualité d’être très réactive aux tweets, ce qui fait qu’il est facile et intéressant d’engager la conversation avec elle.
  4. Marie Burnier. Marie est très active sur Twitter, et c’est tant mieux. Elle a un regard particulier sur la RSE, puisqu’elle s’occupe de cet aspect à la Fédération Hospitalière de France.
  5. Laure Cottrelle. Avec ses tweets orientés RSE, mais aussi RH et marketing, Laure nous donne une vue élargie des problématiques liées à l’humain et à la société.
  6. Marketing Durable. Tout est dans le titre. Avec ce compte très spécialisé, on est sûr de ne rien manquer en matière de marketing durable. L’un des comptes les plus suivis de cette liste, ce qui en dit long sur sa qualité.
  7. BlueQUEST. Le compte de BlueQUEST relaie, entre autres, les informations du blue blog, toujours au fait des dernières actualités et avec un « focus » sur la France et l’Europe intéressant et rare.
  8. Lionel Guichaoua. Lionel est non seulement quelqu’un de très professionnel avec une grande expérience dans son domaine, il est aussi très réactif aux tweets et toujours prêt à s’engager dans des conversations passionnantes!
  9. François Garreau. François Garreau s’occupe de développement durable chez Generali, et est également très actif sur Twitter, l’un des plus actifs de cette liste.
  10. Thibault. Thibault travaille dans le développement durable et est l’auteur du blog Energie et développement. Il est aussi lecteur de ce blog, avantage non négligeable à mes yeux!
  11. Patrice Camus. Patrice, lecteur du blog dès ses premières heures, travaille pour le groupe financier Desjardins, où il est spécialisé en RSE. Je l’ai connu via le business game « Citizen Act », pour lequel j’ai fait partie du jury en 2011. Vous pouvez en apprendre plus sur le projet qu’il avait présenté ici.
  12. André Sobczak. J’ai découvert récemment le compte d’André Sobczak, qui, tout comme Anne-Laure Guihéneuf, travaille à Audencia. Même employeur, même qualité d’informations, mais pas les mêmes tweets!
  13. Pierre-Yves Sanchis. Pierre-Yves Sanchis tweete en français, anglais et espagnol sur la responsabilité sociale, et relaie les informations qu’il publie sur son blog, e-RSE. Suffisamment de raison pour le suivre!
  14. Yvan Maillard. Last but not least: Yvan Maillard. Yvan a le double avantage d’être un lecteur régulier de ce blog et d’être un compatriote. Ce dernier point étant suffisamment rare pour mériter d’être mentionné! Il intervient aussi dans le cadre de formation en management durable, et travaille pour Pain Pour le Prochain. Tout cela lui donne un regard particulier sur les questions de responsabilité sociale.

Évidemment, si vous avez d’autres suggestions, n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires. Cette liste ne demande qu’à s’agrandir!

Pacte Mondial et PME: quels avantages?

J’en parlais en début d’année, une des 5 tendances à suivre en 2014 sera la responsabilité sociale chez les PME. Je voulais donc explorer cette thématique, et quitte à le faire, autant commencer en grand et se demander en quoi une entreprise, petite ou moyenne, aurait intérêt à signer le Pacte Mondial.Sign a contract

Le Pacte Mondial des Nations Unies est un « pacte par lequel des entreprises s’engagent à aligner leurs opérations et leurs stratégies sur dix principes universellement acceptés touchant les droits de l’homme, les normes du travail, l’environnement et la lutte contre la corruption. »

Droits de l’homme, environnement, lutte contre la corruption, travail des enfants ou encore travail forcé…est-ce que cela touche vraiment les petites entreprises? Nestlé, Apple, Novartis, d’accord, mais une entreprise de taille plus restreinte est-elle vraiment concernée par ces questions?

Avec le Pacte Mondial, il s’agit essentiellement de prendre ses responsabilités pour l’impact de ses activités sur le reste du monde. Dit comme ça, on commence déjà à toucher terre. De plus, le Pacte Mondial permet d’être souple et donc de se concentrer sur ce qui est important pour l’entreprise. Si l’impact sur l’environnement est important pour une entreprise, elle pourra se concentrer sur ce thème. Et si pour cette même entreprise, la lutte contre la corruption n’est pas d’actualité, il suffit de l’expliquer. Il y a donc un côté « à la carte », qui rend le Pacte Mondial pertinent, même pour des plus petites entreprises.

Mais surtout, qu’aurait une petite ou moyenne entreprise à gagner en étant signataire du Pacte Mondial? Je passe sur les avantages classiques de toute démarche RSE (motivation du personnel, attraction et rétention des talents, gestion des coûts, etc.) pour me concentrer sur deux aspects que je trouve particulièrement intéressants:

  1. Si l’entreprise a des fournisseurs à l’étranger, il lui sera facile de légitimer à leurs yeux sa démarche de responsabilité sociale si elle s’appuie sur le Pacte Mondial. Ce Pacte étant…mondial, il est largement reconnu. Surtout, il ne se présente pas comme une énième norme imposée par les Occidentaux à des populations qui ont déjà des difficultés à s’en sortir et qui subissent de grosses pressions de la part de leur contractant.
  2. Si l’entreprise fournit elle-même des grosses sociétés, ou aspire à le faire, être signataire du Pacte Mondial peut s’avérer être un avantage concurrentiel non négligeable. Les très grosses entreprises ayant toutes une politique en matière de RSE, avec très souvent une attention toute particulière à leurs fournisseurs, elles percevront le fait de traiter avec une entreprise qui adhère déjà aux mêmes principes comme un avantage certain.

Les avantages spécifiques aux PME sont encore nombreux, et méritent assurément que l’on s’y attarde encore davantage. Il est tout aussi certain que c’est un aspect qui mérite d’être vraiment considéré par les dirigeants de ces entreprises.

9 livres à lire en 2014

LivresAprès avoir présenté quelques tendances RSE pour 2014, j’aimerais encore parler de livres. 9 livres que je vous recommande comme lecture pour cette année! Il s’agit de livres directement liés à la responsabilité sociale, moins directement, ou qui n’ont à priori rien à voir mais qui présentent des idées et des concepts que nous pouvons appliquer à notre façon de travailler. Cette liste comporte des ouvrages que j’ai lu, et d’autres que je prévois de lire cette année. J’en ai lu certains en français, d’autres en anglais, malheureusement pas toujours disponibles dans les deux langues.

  1. The Responsibility Revolution, Jeffrey Hollender, Bill Breen. Si vous ne deviez lire que deux livres sur la responsabilité sociale, il s’agirait de l’un des deux. Les auteurs y présentent de nombreuses études de cas, et on y trouve beaucoup d’éléments de réflexion sur la base desquels on peut tirer des enseignements directement applicables à nos pratiques de responsabilité sociale.
  2. Strategies for the Green Economies, Joel Makower. Je vous ai dit qu’il fallait lire deux livres sur la RSE, voici le deuxième. Joel Makower, dans son style inimitable mêlant humour et finesse d’analyse, passe en revue diverses pratiques liées à la « sustainability », avec un regard un peu plus orienté business qu’Hollender et Breen.
  3. Almanach d’un Comté des Sables, Aldo Leopold. Un livre sur la nature, et notre rapport à celle-ci. Considéré comme l’un des ouvrages fondateurs sur l’écologie. Avec près de 50 ans d’avance (ou 100 de retard, selon comme on voit les choses), Aldo Leopold nous livre ses réflexions sur notre façon de percevoir et d’influer sur notre environnement, et sur les précautions à prendre. Incontournable. Et il est toujours bon de se rappeler pourquoi nous faisons ce que nous faisons: tenter de préserver le monde tel que nous le connaissons.
  4. De la simplicité, John Maeda. Un petit livre sur…la simplicité. Ses principes, ses applications. Une lecture intéressante lorsque l’on travaille avec l’idée de faire plus avec moins et d’éliminer le superflu.
  5. Blah Blah Blah: What To Do When Words Don’t Work, Dan Roam. Je pars du principe que l’on ne va pas résoudre de nouveaux problèmes avec d’anciennes façons de penser. Les challenges posés par la RSE et le développement durable méritent que l’on s’y attaque avec un regard neuf. Dan Roam nous propose d’illustrer et de trouver des solutions à des problèmes en utilisant à la fois des mots et des dessins. Simple et efficace!
  6. Let My People Go Surfing, Yvon Chouinard. Un récit autobiographique du fondateur de Patagonia. Il y explique comment il a créé sa compagnie, et quels sont les principes et les préoccupations qui la gouvernent. Inspirant.
  7. Give and Take, Adam Grant. L’auteur y explore 3 façons d’être: « Donneur », « Preneur » et une position entre les deux. Selon lui, ces trois profils ont une influence considérable sur notre comportement au travail. Comme on peut s’en douter, il se concentre sur ceux qui donnent, sans rien attendre en retour; ces personnes pouvant avoir malgré tout un immense succès. Assurément une source d’inspiration pour quiconque travaille dans le domaine de la RSE.
  8. Mission in a Bottle, Seth Goldman, Bary Nalebuff. Tout comme Let My People Go Surfing, ce livre raconte l’histoire – en images cette fois-ci – des fondateurs d’Honest Tea. Il me tarde de lire ce livre, sur une aventure orientée par une mission et des valeurs.
  9. Two Birds in a Tree, Ram Nidumolu. Toujours dans l’idée de trouver des approches innovantes, je prévois de lire ce livre mêlant « sagesse indienne » et considérations business. Le mélange va-t-il vraiment prendre ou n’est-ce qu’un effet de mode? Je ne manquerai pas de venir en parler ici une fois que je l’aurai lu!

Les trois derniers ouvrages de cette liste font partie des 25 que j’ai prévu de lire cette année. Et vous, qu’allez-vous lire cette année?

Responsabilité sociale: 5 tendances à surveiller en 2014

Pour commencer cette nouvelle année, j’aimerais – comme beaucoup de mes confrères – m’intéresser aux tendances qui vont influer la responsabilité sociale au cours de 2014. Nombreux sont celles et ceux qui font de véritables prédictions! Pour ma part, ayant oublié de demander une boule de cristal pour Noël, j’aimerais plutôt proposer des tendances, ou des sujets à surveiller.

  1. Le reporting intégré. Cela fait bientôt 5 ans que l’on entend parler du reporting intégré – un reporting portant aussi bien sur le financier que l’extra-financier – comme étant le next big step de la responsabilité sociale. En sport, on parle souvent d’éternel espoir pour désigner un joueur qui était très prometteur, mais qui n’a toujours pas réussi à passer un dernier palier pour devenir un vrai champion. En sera-t-il de même pour le reporting intégré? J’ai le sentiment que cette année 2014, avec la mise en place effective de la GRI G4 va être une année charnière. Plus d’infos sur le site de l’International Integrated Reporting Council.
  2. Bleu, la nouvelle couleur du développement durable? De vert à bleu, la couleur du développement durable pourrai bien évoluer cette année. En effet, le focus se porte de plus en plus sur l’eau. La privatisation de l’eau est un enjeu majeur, mais aussi son utilisation dans les processus de fabrication de toutes sortes de produits. La Water Footprint va-t-elle détrôner la Carbon Footprint?
  3. Un nouveau modèle économique? J’ai bon espoir pour que 2014 soit l’année au cours de laquelle l’on aura repensé la façon de faire des affaires, de produire, ou encore de consommer; ou du moins réalisé des avancées significatives. Patagonia s’est lancé dans une telle réflexion via sa campagne Responsible Economy. Je ne veux pas parler de décroissance, un concept à mon avis voué à l’échec, mais plutôt de prendre une autre direction; ou peut-être de ralentissement. Nous avions aussi évoqué ici les apports potentiels d’une responsabilité sociale zen, grâce à laquelle le monde des affaires serait plus calme, moins focalisé sur le résultat à tout prix.
  4. Responsabilité sociale des PME. On en parle encore trop peu, mais il n’y a pas que les grandes et méchantes entreprises qui doivent progresser dans leur responsabilité sociale. Les petites également. Et même les petites ET gentilles! S’il y a un business case pour la RSE, pourquoi devrait-il toujours concerner Nestlé ou Apple? Les plus petites entreprises doivent faire quelque chose à ce niveau, et elles ont bien sûr tout à y gagner.
  5. Sport et responsabilité sociale. Conditions déplorables, accidents de travail, travail forcé voire même esclavagisme, tels sont les mots trop souvent utilisés pour parler de la préparation des Jeux Olympiques de Sochi cet hiver, de la Coupe du Monde de Football au Brésil en été, ou encore de celle à venir au Qatar, en 2022. Cette année sera-t-elle celle où les problèmes de responsabilité sociale dans le sport seront enfin abordés sérieusement?

Et vous, que voyez-vous comme sujets marquant pour l’année 2014?