Travail à domicile: un juste équilibre?

La question du travail à domicile est de plus en plus à la mode dans le milieu de la responsabilité sociale. Par travail à domicile, j’entends le fait de travailler non pas à son bureau, dans les locaux de l’entreprise qui nous paie, mais chez soi. Nombreux sont ceux qui défendent – à juste titre – cette façon de faire. Parmi les nombreux avantages mis en avant, on peut citer:

  • L’aspect écologique. L’employé n’ayant pas à se déplacer sur son lieu de travail, il « économisera » tout le CO2 qui aurait été nécessaire à son déplacement. Ou plutôt devrait-on dire que c’est l’entreprise qui économisera ce CO2, car c’est un coût qui devrait entrer dans son bilan.
  • Le gain de temps. L’employé n’ayant pas à se déplacer, il peut mettre à profit le temps ainsi gagné.
  • Moins de stress.
  • Économie d’argent.

Bref, une entreprise offrant la possibilité de télétravailler semble avoir beaucoup à y gagner, ne serait-ce que par rapport au bien-être de ses employés. Il faut bien sûr que le management ait confiance en ses collaborateurs!

Faut-il pour autant avoir recours intensément au travail à domicile? Je ne crois pas. Pour l’avoir pratiqué à outrance il y a quelques années, je sais que s’il est bon d’être chez soi, de pouvoir aller faire un petit footing le matin avant de travailler, tout en atteignant ses objectifs, j’ai aussi ressenti un certain « manque d’appartenance ». Appartenance à une entreprise, appartenance à un groupe, appartenance à un lieu. On a besoin de se sentir appartenir à quelque chose, et de voir ses collègues.

Il doit donc y avoir un juste milieu. Autant il serait dommage, étant donnée la technologie à disposition, de ne pas profiter des possibilités de télétravail; autant abuser de ce mode d’organisation du travail peut mener à des effets non désirés. Ma question est: comment situer ce juste milieu? S’agit-il d’un nombre de jours ou d’heures de télétravail idéal? Doit-on déterminer le télétravail en fonction de la nature du travail à réaliser ou de la personnalité des collaborateurs? Un manager peut-il se permettre de faire travailler ses collaborateurs à domicile et risquer ainsi d’attiser la jalousie dans d’autres départements?

RSE: quelle place pour l’humour?

Burger King napkin signJe suis récemment tombé sur l’image ci-dessus, un message semble-t-il directement imprimé sur les serviette en papier chez Burger King. J’ai trouvé le concept très malin, car il fait appel au bon sens et à l’intelligence des consommateurs. La consommation des serviettes en papier dans les fast-food n’est sans doute pas le sujet le plus sensible en matière de responsabilité sociale, mais cela n’en demeure pas moins intéressant.

Au-delà de ça, cet exemple pose la question de la place de l’humour dans la responsabilité sociale. Certains diront qu’il s’agit d’un sujet trop sérieux, trop important, pour que l’on plaisante avec. Je peux comprendre ce point de vue, tant il est vrai que la sauvegarde de l’environnement, le travail des enfants, etc. sont des thématiques sensibles et à propos desquelles l’on n’a pas nécessairement envie de faire des blagues.

D’un autre côté, je trouve que l’humour permet une chose intéressante dans la communication avec les stakeholders: il permet de mettre de côté l’aspect moralisateur. En adoptant une approche « second degré », on ne mise pas sur la culpabilité. Et je suis persuadé que le consommateur est de cette manière plus réceptif au message. L’exemple ci-dessus fait prendre conscience au consommateur de son utilisation de serviettes en papier. Et je suis prêt à parier que n’importe quelle personne ayant fait attention à ce message s’en tiendra à 1 à 5 serviettes, voire même à la tranche inférieure de cette fourchette. Sans être trop direct ou accusateur, le message est clair.

Ces considérations rejoignent celles émises par Daniel H. Pink sur la signalisation/signalétique émotionnellement intelligente (des exemples ici). J’ai d’ailleurs été agréablement surpris de voir qu’il présente aussi cette même image à propos des serviettes. Tout cela est très « cerveau droit » et est – selon moi – une façon très intelligente de faire passer un message important.

Gouvernance: le parent pauvre de la RSE?

Board meetingAyant récemment publié deux articles liés à des questions de gouvernance – sur l’initiative Minder – j’ai pu constater que ceux-ci n’avaient pas eu beaucoup de succès. Ni en termes de commentaires, ni en termes de visites! Articles mal écrits, sujet trop technique ou trop spécifique, trop helvétique, les raisons ne manquent pas!

Cela étant, ce constat m’a amené à me poser une question plus générale: quelle est la place de la gouvernance au sein de la responsabilité sociale? On parle souvent des trois piliers du développement durable que sont l’économie, l’environnement et le social. On y ajoute parfois un peu d’éthique. Mais quid de la gouvernance en tant que telle?

J’ai cherché un élément de réponse dans les lignes directrices de la Global Reporting Initiative. Il est intéressant de constater que l’on trouve les questions de gouvernance dans la 4e partie de la section « Stratégie et profil ». Pas dans l’approche managériale et encore moins dans les indicateurs de performance, où l’on retrouve par contre les dimensions économique, environnementale et sociale. Dans cette partie consacrée à la gouvernance, les organisations doivent renseigner des points portant sur les rémunérations, les qualifications et expertises du conseil d’administration, ou encore les éventuels problèmes liés à des « double casquettes » ou des conflits d’intérêts.

Tout cela n’est pas très sexy…Il s’agit de sujets techniques, procéduriers; ça n’est pas très vendeur pour une entreprise de mettre en avant sa bonne gouvernance. Si cette même entreprise parle des aspects environnementaux ou sociaux, elle pourra montrer comment elle sauve la planète et sort les enfants des usines, belles photos à l’appui. Alors que montrer que des processus ont été mis en place par le conseil d’administration (ou assimilé) pour éviter les conflits d’intérêt, photos de messieurs trop riches et trop vieux à l’appui…

Je demandais, dans le titre de cet article, si la gouvernance était le parent pauvre de la RSE. Parent pauvre, je ne crois pas. La cousine pas très jolie qui reste dans son coin aux réunions de famille, oui. Je n’en reste pas moins persuadé que l’on peut rendre la gouvernance plus intéressante, et qu’elle peut jouer un rôle bien plus important au sein de la RSE. Des idées à ce propos?

Equilibre vie privée-vie professionnelle: sur quel laps de temps?

Work-life balanceOn parle très souvent de maintenir ou d’arriver à un équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée. Les anglophones utilisent l’expression « work-life balance ». Cela paraît une aspiration légitime. Chacun souhaite, sans doute, avoir un travail satisfaisant, tout en n’empiétant pas sur sa vie privée. Ou disons un travail qui permette également d’avoir des loisirs, de voir ses amis et sa famille, etc.

Défini ainsi, cet équilibre devrait permettre de vivre des journées au cours desquelles l’on passerait un certain temps au travail, un certain temps avec sa famille et ses amis, un certain temps à s’occuper de soi-même (en faisant du sport, en apprenant des choses nouvelles, en se relaxant, etc.), et ainsi de suite. Le tout pour qu’à la fin de la journée, l’on puisse se dire « Voila une journée bien remplie et équilibrée! » avant de s’endormir l’esprit libre et le cœur léger.

La question que je me pose en ce moment est de savoir si une journée est un laps de temps raisonnable pour parvenir à cet équilibre vie privée-vie professionnelle. En effet, j’ai de la peine à croire qu’il est envisageable de réussir à avoir une vie équilibrée en à peine 24 heures. N’est-ce pas trop court? Ne sommes-nous pas dès lors condamnés à ne pas trouver cet équilibre?

Ou alors, ne devrions-nous pas chercher à atteindre un équilibre sur une durée plus longue? Il me semble que sur une semaine, il devrait être possible de s’occuper de manière satisfaisante de son travail, de sa famille, de soi-même, de ses amis, etc.

J’avoue être – pour l’instant – dubitatif quant au laps de temps sur la base duquel il convient d’évaluer si oui ou non le « work-life balance » est atteint. Des suggestions?

Etre responsable, mais pour qui?


En « repérage » dans un magasin de mobilité électrique, je me suis arrêté devant un présentoir pour accessoires. Comme on peut le voir sur la photographie ci-dessus, on y trouve des cadenas pour vélos. On constatera que l’emballage de gauche a été fait de manière à démontrer la volonté de réduire l’impact de celui-ci. C’est très frappant lorsque l’on compare cet emballage à celui de droite (qui est également minimaliste, mais pas ostensiblement « eco-friendly »).

Mon premier réflexe a été de penser que c’est une bonne chose, mais cela permet-il vraiment à l’entreprise de vendre davantage de cadenas? De nombreuses études ont montré que les consommateurs sont encore peu sensibles à ce genre d’arguments, et que des critères tels que le prix ou la qualité ont un poids sensiblement plus important dans la décisions d’achat.

Mais comme chacun le sait « les consommateurs », ça n’existe pas. Il y a plusieurs types de consommateurs. Et c’est d’autant plus vrai en matière d’environnement. J’avais présenté l’intéressante typologie de Makower dans un article précédent. Qui sont les clients d’un magasin de vélos électriques? Des personnes qui cherchent à minimiser leur impacts sur l’environnement, ça ne fait aucun doute. Pour reprendre la typologie, je pense qu’on peut les classer dans cette catégorie:

Postmodern Idealists: pour eux, la protection environnementale consiste à vivre de manière « verte » et créer des villes sans voitures et consommant peu d’énergies.

Si l’on revient à nos cadenas, l’argument de l’emballage recyclé, ayant peu d’impact, fait sens. On peut imaginer qu’étant donné la catégorie de personnes fréquentant un magasin de vélos, cet argument peut avoir une influence importante dans la décision d’achat.

C’est un aspect à prendre en compte lorsque vous établissez une stratégie RSE: qui sont nos clients? et quels arguments « responsables » vont les toucher? Etre responsable est une chose, mais il faut que cela compte pour ceux qui vont acheter vos produits.