RSE: les premiers secours

Le 10 septembre était la Journée Mondiale des premiers secours. Et s’il fallait porter les premiers secours à une entreprise en matière de responsabilité sociale, comment procéderions-nous? Trois propositions:

  1. Rédiger un rapport RSE. Ce qui se mesure s’améliore, dit-on. Pourquoi ne pas créer un rapport RSE? Si l’on suit des guidelines telles que celles proposées par la Global Reporting Initiative, on va être amené à utiliser des indicateurs, et donc mesurer sa performance en la matière. Cela permettra d’identifier les aspects posant le plus de problèmes.
  2. Identifier ce qui est pertinent par rapport au core business. La responsabilité sociale, oui, mais pas n’importe comment. Il convient de se concentrer sur ce qui est véritablement au coeur des activités de l’entreprise: que fait l’entreprise, et comment le faire de manière responsable? C’est peut-être l’occasion de réviser la vision-mission-valeurs.
  3. Stakeholders mapping. Identifier ses stakeholders et établir une stratégie de dialogue avec ceux-ci. Pour être responsable, il convient de savoir sur qui on a un impact, et qui a un impact sur soi.

Quelle est la première étape pour rendre une entreprise responsable? Je penche pour la 2e solution, mais peut-être peut on mieux faire? Ou alors conviendrait-il de travailler sur ces 3 aspects en parallèle?

Le premier pas en RSE?

Récemment, on m’a fait la suggestion de faire l’acquisition d’un aspirateur. Mais pas n’importe quel aspirateur, un aspirateur pour la voiture. Spécialement pour la voiture, devrais-je dire, en plus de celui que j’ai déjà pour la maison. Mais celui pour la voiture est différent, alors il faut l’acheter.

Récemment toujours, j’ai vu que l’on pouvait acheter un appareil pour couper la charcuterie en fines tranches, comme à la boucherie. Ce qui fait qu’au lieu de manger des tranches de 5mm faites au couteau, on peut manger des tranches de seulement 1mm.

Récemment encore, un de mes proches a fait l’acquisition d’un appareil pour travailler ses abdominaux latéraux. On ne peut pas l’utiliser pour ne serait-ce que les abdominaux supérieurs, mais ça marche très bien pour les latéraux, paraît-il.

Et si le premier pas d’une entreprise vers la responsabilité sociale était d’arrêter de proposer aux gens des choses dont ils n’ont pas besoin?

Mesurer le Travail Décent

Je suis actuellement en train de travailler sur les indicateurs de Travail Décent de l’Organisation Internationale du Travail. Ces indicateurs ont été récemment créés, et je dois admettre qu’ils sont très intéressants! L’OIT propose des indicateurs statistiques (49 – dont 18 « main » et 31 « additional ») et légaux (21).

J’aimerais pouvoir appliquer ces indicateurs, qui s’adressent plutôt à des pays, à l’évaluation de la performance d’une entreprise dans le domaine, dans le cadre de problématiques d’investissement socialement responsable. Plusieurs questions se posent à moi, et vous pourrez peut-être m’aider:

  1. La première et la plus simple et complexe à la fois: est-ce vraiment pertinent? Si cela vise des pays, pourquoi s’entêter à appliquer ça à des entreprises?
  2. Dans le même ordre d’idée, comment appliquer des indicateurs légaux – qui visent donc à évaluer la réponse légale apportée aux questions de Travail Décent – à des entreprises qui n’ont aucune obligation légale d’appliquer certains d’entre eux. Devrais-je chercher des réponses du côté des codes de conduite, pour autant qu’il y en ait?
  3. Dois-je inclure un aspect « Comply or Explain »?
  4. Comment appréhender la question des fournisseurs? La plupart des entreprises appliquent ces critères de Travail Décent en leur sein, mais il est nettement moins sûr qu’elles fassent de même pour leurs fournisseurs.
  5. Comment gérer la multiplicité des cadres légaux entre les pays? Ce qui est obligatoire ici peut être facultatif là-bas, etc.

Bref, travail en cours, ou devrais-je dire « Decent Work in progress » (c’est les vacances, pardon). Je suis preneur pour toute suggestion!

Business case pour les normes de travail

Lors de l’achat de biens et services, vous n’achetez pas seulement des services, vous achetez dans une certaine mesure un élément de votre réputation – Darren Ford

Les questions de chaîne d’approvisionnement ont été mises sur l’ordre du jour de nombreuses entreprises, ONG et organisations internationales au cours des dernières années. De Nike dans les années 1990 à Zara au Brésil il y a quelques mois, il y a d’innombrables exemples de scandales. La plupart d’entre eux étaient liés à la non-conformité avec ce que l’Organisation Internationale du Travail a identifié comme les normes fondamentales du travail: la liberté d’association et le droit à la négociation collective, l’élimination de toutes les formes de travail forcé ou obligatoire, l’abolition effective du travail des enfants et, l’élimination de la discrimination en matière d’emploi et de profession. Beaucoup d’organisations et d’entreprises ont travaillé – parfois ensemble – sur les solutions pour la mise en œuvre de normes du travail dans la chaîne d’approvisionnement. Jusqu’à présent, des progrès ont été réalisés, mais il y a encore de la place pour des améliorations.

Une des questions principales reste de savoir s’il y a une incitation à résoudre ce problème, du moins du point de vue des entreprises, les acheteurs. Nous pouvons tous convenir que ces entreprises doivent prendre des mesures lorsque ce genre de problème se pose. Mais sont-elles incitées à gérer de façon proactive ces questions?

En d’autres termes, y a-t-il un business case pour les normes du travail? Lire la suite

C’est vous le problème!

Lorsqu’il s’agit d’expliquer le comportement d’autres personnes, les gens ont tendance à donner plus de poids aux explications liées à la personnalité de ces autres personnes qu’au facteurs liés à la situation. Inversement, si vous analysez et expliquez votre propre comportement et vos motivations, vous aurez tendance à partir du principe qu’ils sont basés sur une réaction à une situation, et non à des facteurs de personnalité.

C’est la la leçon no 59 à retenir de 100 Things Every Designer Needs to Know About People: « People assume it’s you, not the situation », que j’ai lu récemment.

Leçon intéressante en ce qui nous concerne, puisque l’on peut constater que ce phénomène est récurrent lorsqu’il s’agit de responsabilité sociale. En cas de problème, une entreprise incriminée avance très souvent des arguments situationnels pour expliquer sa piètre performance: « la crise nous a forcé à allouer moins de budget à nos programmes environnementaux », « nous ne pouvons pas grand chose si la législation en matière de travail des enfants est lacunaire dans les pays de nos fournisseurs », etc.

De l’autre côté, les ONGs et les autres stakeholders lient les problèmes de RSE à la « personnalité » de l’entreprise elle-même: « vous êtes irresponsables », « vos valeurs ne sont pas les bonnes », etc. Et le dialogue de sourds s’installe…Les deux parties peuvent être de bonne foi, il n’en reste pas moins qu’il est difficile de partir sur de telles bases pour s’entendre.

En tant qu’entreprise, il faut s’attendre à ce genre de réaction, et se préparer en conséquence. C’est toujours vous, jamais la situation. Deal with it!