Food for Thoughts: quelques lectures!

Extrêmement occupé ces derniers temps, je n’ai malheureusement pas le temps de publier d’articles. Même si j’en ai toujours dans le coin de ma tête!

A défaut, voici une petite liste de lectures que je me suis faite au fil des jours – en anglais malheureusement – et que je tenais à partager:

Je suis preneur pour tout commentaire sur cette liste! Quels articles vous ont plus, lesquels vous ont déplus? Devrais-je proposer ce genre d’articles plus souvent?

Comment créer une stratégie de responsabilité sociale

Echecs stratégieDe plus en plus souvent, on peut entendre parler de stratégie et responsabilité sociale. Ce qui est plutôt bon signe. C’est en allant dans cette direction que la RSE prendra toute son importance, et pourra avoir un maximum d’impact. J’aimerais aujourd’hui présenter des éléments introduits dans un excellent article. Il s’agit de « A Strategic Approach to Corporate Social Responsibility », de Kellie McElhaney.

L’auteure y propose – entre autres – 5 actions à réaliser pour mettre en place une véritable stratégie de responsabilité sociale.

  1. Le senior management, et le conseil d’administration de l’entreprise, doivent prendre un engagement authentique, ferme et public envers la RSE.
  2. Déterminer les 3 principaux objectifs et priorités de l’entreprise en termes de « business », et développer une stratégie RSE qui va contribuer à atteindre ces objectifs.
  3. Aligner la stratégie RSE avec les compétences de base de l’entreprise.
  4. Intégrer complètement la RSE à la culture, la gouvernance, et les efforts de développement de stratégie de l’entreprise; et dans les systèmes existants de management et de performance.
  5. Développer des indicateurs de performance permettant de mesurer l’impact des stratégies RSE.

Rien de vraiment nouveau, me direz-vous? Peut-être, mais je trouve intéressant de prendre tous ces éléments ensemble, d’avoir une vue globale. Kellie McElhaney a fait l’effort de donner un sens général à des éléments que l’on retrouve souvent ça et là, de manière disparate. On mêle ici implication du top management, lien avec le core business et les objectifs, et mesure de la performance. Je pense qu’il s’agit là d’une très bonne première approche pour établir une stratégie.

L’Inde fait passer la première loi sur la responsabilité sociale

Une loi sur la responsabilité sociale, dites-vous? Cela peut paraître étrange, voire antinomique, mais c’est bien ce qui s’est passé en Inde. Tout cela soulève bien des questions, mais regardons tout d’abord de plus près ce qu’il en est.Business law

Le principal point est que cette loi requiert de toute entreprise – tout du moins celles ayant une certaine stabilité financière – de dépenser au moins 2% de leur profit annuel dans des initiatives de type RSE. La portée de ces initiatives reste assez floue, toutefois cela doit toucher à des domaines tels que l’éradication de la faim et de l’extrême pauvreté, la promotion de l’éducation, assurer la durabilité environnementale, etc.

La loi implique aussi la création d’un comité RSE au sein de l’entreprise, ainsi que de nombreuses recommandations sur le recours à des auditeurs. De même, et c’est intéressant, il est prévu des sanctions à l’égard des entreprises qui ne respecteraient pas ces obligations. Je n’ai pas eu les détails sur les conséquences exactes d’une infraction à cette loi, mais, comme pour toute loi, il est prévu de prendre des mesures à l’égard de ceux qui ne la respecteraient pas. Quelques informations supplémentaires ici.

Je l’avais déjà évoqué dans un article précédent, je ne suis pas entièrement convaincu par cette idée de rendre la RSE obligatoire. Pourra-t-on encore parler de responsabilité sociale? Je me mets souvent l’accent sur la nécessité d’aller au-delà de la « compliance », au-delà des exigences des lois, pour toute entreprise désireuse de devenir « responsable ».

D’un autre côté, la relativement grande liberté laissée dans le choix des projets dans lesquels investir laisse une certaine marge de manœuvre, voire presque un côté volontaire à la démarche. Chaque entreprise pourra décider comment dépenser cet argent, et cela aura un vrai impact sur l’aspect véritablement responsable ou non des initiatives.

Enfin, je dirais qu’à force d’utiliser des carottes pour promouvoir la RSE – retour sur investissement, amélioration de l’image, attraction de talents, etc. – il serait tout aussi bon de pouvoir avoir recours au bâton. C’est ce qu’une loi, avec ses sanctions, va permettre de faire.

Pourquoi trichons-nous?

Aujourd’hui, petite histoire. C’est l’histoire de Léa, 6 ans, qui rentre de l’école. Elle rentre de l’école avec appréhension car elle ramène un mot de sa maîtresse, stipulant qu’elle veut rencontrer ses parents car Léa a volé le crayon d’une de ses camarades. Quand son père lit le mot, il se fâche et commence à la gronder.

« Tu sais très bien que tu ne dois pas voler! Est-ce que c’est comme ça que nous t’avons éduqué? Tu ne dois pas prendre ce qui n’est pas à toi. On ne peut pas s’approprier le bien d’autrui comme ça! »

La discussion continue ainsi pendant quelques minutes encore, le père essayant de faire comprendre à Léa qu’elle ne peut pas se servir dans les affaires des autres impunément. Au moment d’envoyer sa fille dans sa chambre, le père ajoute encore.

« Et tu sais bien que si tu veux un nouveau crayon, tu n’as qu’à me le demander, je t’en aurais ramené un du bureau! »

PinocchioLa question que je me pose, vous l’aurez compris, est pourquoi certaines personnes – une majorité je crois – ont plus facilement tendance à accepter le mensonge, le vol, ou la tricherie, dans le cadre professionnel. Le père de Léa ne supporte pas l’idée que sa fille ait pu prendre le crayon d’une de ses camarades, mais il ne voit aucun problème à se servir dans la réserve de son entreprise. Je parle ici de « voler » un crayon, mais je me permettrais d’élargir le constat à des délits bien plus graves.

Y a-t-il vraiment quelque chose dans le contexte professionnel qui favorise ce type de comportement? Est-ce la peur, le stress, l’envie, l’appât du gain qui modifient nos valeurs et nous amènent à faire des choses si répréhensibles? Ou est-ce simplement dans la nature humaine et comme il se trouve que c’est au travail que nous passons la majeure partie de notre temps, c’est là que se manifeste le plus souvent cette nature?

Est-ce que c’est en commençant par voler un crayon que l’on est amené à « greenwasher » la performance de son entreprise ou à négliger la sécurité de ses employés pour économiser quelques milliers de dollars?

Autant de questions que j’aimerais explorer au cours des prochaines semaines, et auxquelles je vais bien sûr chercher des réponses. J’ai quelques pistes, mais je suis preneur pour toute nouvelle source d’information!

RSE: ne perdez pas de vue votre stratégie

Go strategyLes obligations en termes de compliance, et les demandes toujours grandissantes de divers stakeholders pour des données de type ESG font, à mon sens, que la responsabilité sociale des entreprises se morcèle en d’innombrables entités distinctes. De ce fait, on perd de vue la « big picture », la vue d’ensemble qui permettrait d’établir et de suivre une stratégie claire.

Certes, en suivant les lignes directrices de telle organisation, en répondant au questionnaire de tel institut, on peut cocher des cases: voila notre consommation d’énergie annuelle, voici le montant total de nos dépenses en matière de santé et sécurité au travail, etc.

Mais cela fait-il vraiment du sens? Quel est le lien entre tous ces éléments? Faire de la compliance ne permet de pas d’établir une direction précise que l’on voudrait donner à son entreprise. Tout au mieux se laisse-t-on guider au fil des indicateurs à remplir, en essayant de survivre au flux constant des demandes formulées par telle ou telle agence de rating ESG.

Pourtant, stratégie d’entreprise et responsabilité sociale sont deux faces d’une même pièce. J’ai l’intime conviction que l’un ne va pas sans l’autre. Peut-on vraiment encore imaginer une stratégie d’entreprise n’incluant pas de considérations RSE? Cela se justifie vraimet de faire de la RSE, si celle-ci n’est pas ancrée profondément dans la stratégie de l’entreprise?

Bien sûr, il est rassurant – et relativement facile – de se contenter de cocher les case, de compléter ses « to-do lists ». Mais tout cela ne sert à rien, ou si peu, si l’on n’a pas effectué en amont un travail stratégique. Il faut plus d’hommes et de femmes ayant non seulement une très bonne connaissance du domaine global de la RSE, mais aussi une ouverture d’esprit leur permettant de voir au-delà de la compliance.