Quelques lectures

Je me permets une petite digression en ce vendredi après-midi pour vous présenter quelques livres que j’ai lu/que je suis en train de lire/que je m’apprête à lire:

Si j’en parle ici, c’est que le point commun de tous ces livres est de présenter les choses sous un angle différent de dont on a l’habitude. « Out of the box » pourrait-on dire.

Et je suis persuadé que lorsque l’on travaille dans le domaine de la RSE, il faut avoir cette capacité à voir les choses différemment: repenser les business models, trouver des solutions innovantes à des problèmes toujours plus complexes, ou encore savoir stimuler ses collègues et/ou ses clients.

Au fait, en utilisant le matériel représenté sur l’image (bougie, allumettes, boîte de punaises), comment feriez-vous pour faire tenir la bougie – allumée – contre le mur de façon à ce que la cire ne coule pas sur la table?

6 bonnes raisons de ne pas faire de responsabilité sociale

Voila bientôt 50 articles que je fais ici l’apologie de la responsabilité sociale de l’entreprise. Il serait temps de se remettre un peu en question, non? Voici donc 6 bonnes raisons de ne pas vous lancer dans la RSE.

  1. The business of business is business. La seule responsabilité qu’a votre entreprise, c’est de faire de l’argent afin que les actionnaires soient contents. Votre entreprise n’ a pas de rôle social ou environnemental, et encore moins de comptes à rendre concernant son impact sur les communautés.
  2. Ce que font vos fournisseurs, ça n’est pas votre problème. Un point c’est tout.
  3. L’attraction et la rétention de talents ne passent pas par là. Vous le savez, ce qui intéresse vos employés, c’est le chèque à la fin du mois, pas les valeurs de votre entreprise. Ils se fichent bien d’être fiers de ce qu’elle fait et comment elle le fait. Si on cherchait à donner du sens à sa vie via son travail, ça se saurait. D’ailleurs, vous n’avez jamais vraiment compris à quoi servaient les étages supérieurs dans la pyramide de Maslow.
  4. La transparence n’apporte rien de bon. Il faut communiquer le moins possible sur vos activités. Moins « ils » en savent, mieux c’est. De toute façon, ça n’intéresse personne. Et rien ne se sait, c’est connu, même avec internet.
  5. Mieux vaut rester dans son coin. Ces histoires de RSE impliquent presque toujours des partenariats, notamment de type public-privé. Est-ce que vous avez vraiment besoin de rencontrer de nouvelles personnes, de découvrir de nouvelles façons de penser? « Business as usual », il n’y a que ça de vrai. Si la « sustainability » était vectrice d’innovation, on en aurait entendu parler, non?
  6. A quoi bon? Même dans le cas de figure très improbable où il existerait un retour sur investissement, celui-ci ne serait qu’à long terme. Et vous ne serez sans doute plus là pour en tirer les bénéfices, et les bonus y-relatifs.

Jouer à la RSE II

Il y a quelques mois, j’avais publié un article sur des jeux liés à la RSE. En voici de nouveaux, que l’on peut trouver sur le site de BT

  • Better Business Game. Le premier que j’ai essayé. Vous êtes mis face à des situations et devez choisir quelle réponse apporter. Suite à votre réponse, vous recevez un feedback de différents stakeholders: actionnaires, voisins, employés, clients, groupes de pression. Un petit graphique vous permet de voir l’évolution dans le temps de leur confiance. Je dois avouer que je ne me suis pas fait beaucoup d’amis parmi les actionnaires! Le jeu est simple, et il a le mérite de montrer à quel point il est difficile de concilier les intérêts de tous les stakeholders!
  • Better Business Choice. Votre mission est de monter une affaire qui soit profitable, responsable et durable. Le tout selon différents scénarios. Vous avez le choix entre plusieurs orientations: type de clientèle visé, choix des fournisseurs, etc. Une fois décidé, vous lancez votre business et voyez comment cela se passe. J’ai beaucoup apprécié ma partie!
  • Go Wild! Un jeu basé sur la conservation de la nature, qui s’adresse aux enfants.
  • Intrigue 2016. Un petit jeu d’enquête, destiné également aux enfants, où il s’agira de retrouver un secret: comment sauver le monde du changement climatique.

En définitive, 4 jeux intéressants à destiner à des publics divers. Les deux premiers étant clairement destinés aux lecteurs de ce blog!

RSE: repenser le marché

J’ai récemment présenté le résumé de mon mémoire sur RSE et lutte contre la pauvreté. La RSE, dans ce cadre, peut-elle vraiment être rentable ? S’il n’est assurément pas inopportun de penser que « les pauvres » ont tout à gagner du fait que les entreprises multinationales s’intéressent à eux la réciproque semble nettement moins évidente.

Prahalad et Hart ont écrit un article intéressant à ce propos, intitulé The Fortune at the Bottom of the Pyramid. Leur postulat est que le marché des bas revenus représente une prodigieuse opportunité pour les compagnies les plus riches du monde, aussi bien pour leurs propres intérêts que pour apporter de la prospérité aux pauvres.
Les deux auteurs représentent la population mondiale comme étant répartie dans une pyramide en fonction des revenus. On trouve en haut de la pyramide les individus ayant les plus hauts revenus, ils sont donc les moins nombreux, estimés à 75-100 millions. En bas de la pyramide, on trouve la plus grande tranche de population, celle qui a les plus bas revenus, moins de $ 1’500 par an, avec notamment environ un milliard de personnes touchant moins d’un dollar par jour. Prahalad et Hart sont persuadés que ce « bas de la pyramide » constitue une formidable opportunité d’investissement, malheureusement oubliée par la plupart des multinationales car elles évaluent les marchés en fonction des revenus ou d’une sélection de produits et de services appropriés pour les pays développés. Il faudrait par conséquent que les entreprises repensent leur rapport aux marchés.
Les deux auteurs insistent sur le fait que les entreprises ne peuvent pas à elles seules créer des infrastructures de marché à partir d’un secteur complètement inorganisé. Bien au contraire, de multiples acteurs doivent s’impliquer et être impliqués, aussi bien les autorités locales que les ONG, les « pauvres » eux-mêmes, etc.». Pour cela il faut par exemple créer un pouvoir d’achat. Ce qui implique de fournir un accès au crédit et d’augmenter les revenus potentiels.

Créer ce marché du « bas de la pyramide » semble donc être profitable pour les entreprises aussi bien que pour les plus pauvres. C’est du moins la théorie de Prahalad et Hart, et j’avoue partager ce point de vue.

Et vous, si votre entreprise devait accéder à ce marché, comment repenseriez-vous votre façon de faire du business?

Job dans la RSE: peut-on tout accepter?

En pleine recherche d’un job, j’avoue me trouver parfois confronté à de vrais dilemmes. Des dilemmes liés au secteur d’activité de l’entreprise dans laquelle je pense postuler.

Par exemple, il y a plusieurs mois, on m’avait parlé d’un poste dans la RSE se libérant chez British American Tobacco. Je n’ai pas envisagé une seule seconde de postuler. Je ne me voyais pas dire à mes proches « Je m’occupe de la responsabilité sociale d’une entreprise dont le produit tue ses clients (et les personnes exposées à ce produit). ».

Si je ne fume pas, je ne bois pas non plus d’alcool. Mais j’aurais nettement moins de problème à travailler pour une entreprise liée à l’alcool. Socialement plus acceptable, pour l’instant du moins.

Il y a quelques jours, j’ai envoyé mon dossier à un groupe gérant des casinos. Est-ce plus défendable que le tabac? J’ai l’impression, oui. Mais j’ai conscience que c’est une question de valeurs personnelles.

Le dilemme est d’autant plus fort que c’est en général chez ces entreprises sensibles que le département RSE est le plus développé, et que donc les opportunités d’emploi sont les plus nombreuses.

Et les challenges les plus intéressants…