#thankyousiralex VS. #decentwork

Ce matin, Sir Alex Ferguson, entraîneur légendaire de Manchester United, a annoncé qu’il se retirerait à la fin de la saison, après 26 saisons remplies de succès – il pourrait d’ailleurs nous donner quelques conseils avisés en matière de stratégie RSE. C’est donc à 71 ans que l’Écossais prend sa retraite.

Sir Alex Ferguson retires. #thankyousiralex

— ManUtd_PressOffice (@ManUtd_PO) May 8, 2013

Dans bien des cas, nombreux sont ceux qui se seraient offusqué du fait qu’un homme ne prenne sa retraite qu’à 71 ans. On pourrait parler de travail forcé, de précarité. On peut d’ailleurs voir régulièrement des reportages à la télévision montrant comment des retraités « officiels » doivent malgré tout continuer à travailler pour compléter leur maigre retraite. En l’occurrence, il est bien évident que l’on ne peut comparer Sir Alex Ferguson avec un ancien employé d’une usine. Ne serait-ce que parce que le premier a fait le choix de prolonger sa carrière car c’est sa passion, et qu’il a assurément quelques économies…

Ce qui est intéressant ici, c’est de se rappeler qu’en responsabilité sociale, il convient toujours de questionner les normes, morales ou autres, qui sont établies. Pourquoi personne n’est choqué de voir un homme de 71 ans travailler encore et toujours, qui plus est dans un environnement particulièrement stressant et exigeant? Pourquoi le travail des enfants est-il toléré dans ce pays, et pas dans celui-ci? Pourquoi cette entreprise considère que le respect de l’environnement doit être au centre de ses préoccupations, et pourquoi cette autre non?

Si un homme veut continuer à travailler jusqu’à 71 ans, pourquoi l’en empêcher? Mais d’un autre côté, ne devrait-il pas laisser la place à un jeune à la recherche d’un emploi? Comment doit se positionner mon entreprise par rapport à de telles questions?

C’est en adoptant une telle approche consistant à remettre en question des choses qui paraissent établies que l’on arrive à trouver des solutions innovantes, répondant au défis qui sont les nôtres!

Investissement socialement responsable, travail décent et fonds de pension

ISR travail décentIl y a quelques semaines, est paru le document de travail Socially responsible investment, decent work and pension funds. Concepts and international experiences.

Ce document de 30 pages a été réalisé par mes soins – avec mon superviseur – l’année passée, dans le cadre de mon travail avec le Bureau International du Travail. Ce devait être au départ un ensemble de concepts permettant de soutenir des discussions autour de la question. Le papier ayant été apprécié, il a été décidé qu’il serait publié.

Vous pouvez trouver la version anglaise ici. Si vous désirez une version papier, vous pouvez sans autres contacter le BIT, ou alors passer par moi. Je m’apprête à travailler sur la version française, dont je ne manquerai pas de parler lorsqu’elle sera disponible.

Si vous le lisez – ne serait-ce que l’introduction et la conclusion – je serais heureux d’avoir vos commentaires!

Mesurer le Travail Décent

Je suis actuellement en train de travailler sur les indicateurs de Travail Décent de l’Organisation Internationale du Travail. Ces indicateurs ont été récemment créés, et je dois admettre qu’ils sont très intéressants! L’OIT propose des indicateurs statistiques (49 – dont 18 « main » et 31 « additional ») et légaux (21).

J’aimerais pouvoir appliquer ces indicateurs, qui s’adressent plutôt à des pays, à l’évaluation de la performance d’une entreprise dans le domaine, dans le cadre de problématiques d’investissement socialement responsable. Plusieurs questions se posent à moi, et vous pourrez peut-être m’aider:

  1. La première et la plus simple et complexe à la fois: est-ce vraiment pertinent? Si cela vise des pays, pourquoi s’entêter à appliquer ça à des entreprises?
  2. Dans le même ordre d’idée, comment appliquer des indicateurs légaux – qui visent donc à évaluer la réponse légale apportée aux questions de Travail Décent – à des entreprises qui n’ont aucune obligation légale d’appliquer certains d’entre eux. Devrais-je chercher des réponses du côté des codes de conduite, pour autant qu’il y en ait?
  3. Dois-je inclure un aspect « Comply or Explain »?
  4. Comment appréhender la question des fournisseurs? La plupart des entreprises appliquent ces critères de Travail Décent en leur sein, mais il est nettement moins sûr qu’elles fassent de même pour leurs fournisseurs.
  5. Comment gérer la multiplicité des cadres légaux entre les pays? Ce qui est obligatoire ici peut être facultatif là-bas, etc.

Bref, travail en cours, ou devrais-je dire « Decent Work in progress » (c’est les vacances, pardon). Je suis preneur pour toute suggestion!