Responsabilité sociale: pas de plan B

En 2007, Marks & Spencer, la fameuse chaîne de magasins britannique, a lancé son programme Plan A . Il s’agit pour M&S d’atteindre 180 engagements d’ici 2015.

J’aime beaucoup le nom de ce programme, Plan A. Pourquoi Plan A? Parce qu’il n’y a pas de plan B.

Il n’y a pas d’autres alternatives que de faire du business de manière responsable.

Goldman Sachs a perdu ses valeurs

On peut lire aujourd’hui sur le site du New-York Times la « lettre de démission » de l’un de ses anciens managers, Greg Smith.

Greg Smith nous fait partager son point de vue sur l’évolution des valeurs chez GS, entre le moment où il y est rentré et aujourd’hui. Et le tableau n’est pas brillant. Si je laisse de côté la question de savoir ce qui est vrai, ce qui est « enjolivé », ce qui est lié à l’amertume, je retiens 2 passages que j’ai trouvé très intéressants.

I knew it was time to leave when I realized I could no longer look students in the eye and tell them what a great place this was to work.

It astounds me how little senior management gets a basic truth: If clients don’t trust you they will eventually stop doing business with you. It doesn’t matter how smart you are.

A en croire Greg Smith, GS a perdu de vue ses valeurs. Celles qui lui permettaient d’affirmer sur son site: « It is only with the determination and dedication of our people that we can serve our clients, generate long-term value for our shareholders and contribute to the broader public. ».

Rendre ses employés fiers de ce qu’ils font, et établir une relation de confiance avec ses clients, c’est pourtant à la base de tout business qui veut réussir. On oublie souvent la valeur des valeurs, les reléguant au rang de simples faire-valoirs, inscrites quelque part sur le site internet. Mais on constate une fois de plus qu’une entreprise qui oublie pourquoi elle fait ce qu’elle fait est vouée à l’échec.

Enfin, je vous encourage à aller lire l’article de Fabian Pattberg à ce sujet!

Combien de temps avant…

En 50 ans, il est devenu honteux et inacceptable d’être (publiquement) raciste.

En 25 ans, il est devenu anormal de ne pas savoir utiliser un ordinateur.

Dans combien de temps ne pas être une entreprise totalement transparente deviendra honteux et inacceptable?

Dans combien de temps ne pas publier de rapport sur sa performance extra-financière deviendra anormal?

Article inspiré de celui-ci.

Reporting RSE: les étapes selon la GRI

La semaine passée, j’ai publié un court article présentant une approche en 9 étapes pour le reporting RSE. L’article ayant suscité de bonnes réactions, notamment un commentaire très intéressant, j’ai pensé intéressant de comparer ces 9 étapes avec celles suggérées par la Global Reporting Initiative dans sa brochure Le cycle GRI du reporting développement durable: Un manuel pour les petites et moins petites organisations.

  1. Préparer: Planifier votre processus de reporting développement durable GRI
  2. Dialoguer: Parler et écouter
  3. Définir: Cibler vos efforts
  4. Contrôler: construire votre rapport
  5. Le rapport: Vérifier et communiquer

On voit que, par rapport aux 9 étapes précédemment citées, la GRI accorde davantage de place au dialogue avec les stakeholders. Si les recommandations de Traidcraft portent sur la nécessité de recueillir les opinions des stakeholders sur la performance de l’entreprise et sur les conclusions du rapport (points 5 et 9), la GRI insiste davantage sur la nécessité d’identifier avec eux les « thèmes pertinents à aborder et à inclure dans » le rapport.

Le but d’un rapport étant d’être lu, je crois qu’il est primordial de chercher à satisfaire les attentes de ceux à qui il est destiné. Et je crois qu’adopter cette perspective d’échange de points de vue qui est celle de la GRI est plus judicieux que de recueillir des opinions sur des performances.

Job dans la RSE: peut-on tout accepter?

En pleine recherche d’un job, j’avoue me trouver parfois confronté à de vrais dilemmes. Des dilemmes liés au secteur d’activité de l’entreprise dans laquelle je pense postuler.

Par exemple, il y a plusieurs mois, on m’avait parlé d’un poste dans la RSE se libérant chez British American Tobacco. Je n’ai pas envisagé une seule seconde de postuler. Je ne me voyais pas dire à mes proches « Je m’occupe de la responsabilité sociale d’une entreprise dont le produit tue ses clients (et les personnes exposées à ce produit). ».

Si je ne fume pas, je ne bois pas non plus d’alcool. Mais j’aurais nettement moins de problème à travailler pour une entreprise liée à l’alcool. Socialement plus acceptable, pour l’instant du moins.

Il y a quelques jours, j’ai envoyé mon dossier à un groupe gérant des casinos. Est-ce plus défendable que le tabac? J’ai l’impression, oui. Mais j’ai conscience que c’est une question de valeurs personnelles.

Le dilemme est d’autant plus fort que c’est en général chez ces entreprises sensibles que le département RSE est le plus développé, et que donc les opportunités d’emploi sont les plus nombreuses.

Et les challenges les plus intéressants…