Responsabilité sociale liée à la sous-traitance

Inditex said that it could not be held responsible for « unauthorised outsourcing »

Yes, you can.

Sur le site du Guardian, on a pu lire aujourd’hui que Zara a des ennuis liés à l’un de ses fournisseurs. Plus précisément, Inditex – le groupe possédant Zara – est poursuivi au Brésil. En effet, on a trouvé chez l’un des fournisseurs d’AHA, une compagnie responsable de 90% de la production de Zara au Brésil, des conditions de travail scandaleuse. A la limite de l’esclavage, voire plus (lire l’article pour plus de détails).

Inditex a « dédommagé » ces employés, mais a tout de même nié avoir une responsabilité. Comme vous avez pu le lire plus haut, Inditex considère qu’il ne peut pas être tenu responsable d’une sous-traitance non autorisée.

Le problème est que oui, on peut et on doit l’être. Le procureur chargé de l’affaire l’a d’ailleurs très bien compris. Il nous dit qu’AHA est une extension de son client principal, Zara Brésil. Il ajoute que Zara est responsable de ses employés; sa raison d’être est de fabriquer des vêtements, et il en découle que la compagnie se doit de savoir qui produit ses vêtements.

En termes de RSE, en être à l’étape défensive lorsque l’on est dans l’industrie du textile et que l’on a un problème avec l’un de ses sous-traitant, c’est avoir 20 de retard.

A la poursuite des bouleversements

De nombreux changements, voire bouleversements, s’apprêtent à s’abattre sur notre monde. Ils l’ont peut-être même déjà fait: changement climatique, raréfaction des ressources naturelles, marchés émergeant, etc.

La plupart des compagnies cherchent à éviter le changement. Ou tout du moins à en réduire ses effet.

Une compagnie orientée vers la responsabilité sociale, vers le développement durable, devrait au contraire chercher ces bouleversements. Elle devrait être à l’affut, à la chasse au changement!

Et ce non pas pour s’en prémunir, mais bien plutôt pour en tirer avantage. Pour réorienter sa stratégie ou son core business. Avec un temps d’avance sur ses concurrents.

« La stratégie est un engagement présent pour répondre aux attentes futures. » – Mats Lederhausen

Consommation durable: créer la demande

Il y a quelques semaines, Forum for the Future a publié un rapport intitulé « Consumer Futures 2020 ». On l’aura compris, ce rapport porte sur la consommation de produit dits « durables », et sur la consommation durable en elle-même. Parmi les divers arguments de ce rapport, les auteurs avancent notamment qu’il ne faut pas seulement se concentrer sur la réponse à la demande de produits durables, mais plutôt sur la création d’une telle demande:

Retail businesses are used to responding to consumer demand, or ‘pull’ – it is their principal business driver – but this will not deliver the radical changes we need to create a prosperous, resource-efficient world. Most consumers don’t have enough information, opportunity or motivation to make sustainable choices about how they buy and use products, so ‘green’ or ‘sustainable’ consumption is still niche and companies make only incremental improvements. Leading brands need to take the initiative and work together to stimulate consumer pull on sustainability and make ‘sustainable consumption’ mainstream.

Il est intéressant de noter les 3 points soulevés pour justifier le fait que les consommateurs ne (se) soient pas encore orientés dans cette direction:

  1. Manque d’information. Les consommateurs ne savent pas vraiment ce qui est durable.
  2. Manque d’opportunité. Les consommateurs n’ont pas la possibilité de « consommer durable ».
  3. Manque de motivation. Les consommateurs ne sont pas suffisamment incités.

Autant de questions que devrait se poser toute entreprise au moment de lancer un produit durable sur le marché: mes clients connaissent-ils mon produit? ont-ils la possibilité de le trouver facilement? ont-ils intérêt à acheter mon produit plutôt qu’un autre, non-durable?

Si la réponse est « oui » aux trois questions, alors il y a fort à parier que le produit rencontrera un vrai succès.

Commission Européenne: nouvelle définition de la RSE

Mardi 25 octobre 2011, la Commission Européenne a adopté une nouvelle définition de la responsabilité sociale d’entreprise. Cette nouvelle définition fait partie d’un cadre plus large, celui d’une nouvelle stratégie pour la période 2011-2014.

Pour rappel, l’ancienne définition était la suivante: « L’intégration volontaire, par les entreprises, de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes. »

La nouvelle définition, quant à elle, est désormais celle-ci: « La responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société. »

And so what? me direz-vous. C’est la question que je me pose depuis 24 heures environ. Cette nouvelle stratégie est une réponse à la crise actuelle. Il faut réaffirmer ses bonnes intentions, et surtout travailler encore davantage dans cette (bonne) direction. Pour cela, je pense que cette nouvelle stratégie est une bonne chose, quand bien même je ne me fasse pas d’illusions sur les changements concrets que cela peut engendrer.

Pour ce qui est de la définition, je pense qu’il est intéressant de noter la disparition du mot « volontaire ». Cela ne signifie pas que la RSE soit devenue une démarche obligatoire; mais je pense que cela témoigne du fait que l’on évolue de plus en plus vers l’application d’une RSE forte, avec des standards, voire, pourquoi pas, des réglementations! On lit à la page 12 du document que la Commission a l’intention « d’engager, en 2012, avec les entreprises et les autres parties prenantes, un processus d’élaboration d’un code de bonnes pratiques en matière d’autorégulation et de corégulation, le but étant d’améliorer l’efficacité du processus RSE. » On lit également à la page 16 que la Commission souhaite « privilégier les principes et lignes directrices internationalement reconnus en matière de RSE ». L’accent est donc mis sur la régulation et la conformité aux lignes directrices existantes, ce qui est une bonne chose.

Une nouvelle stratégie intéressante, donc, mais qui se devra de faire ses preuves dans son application pratique.

A lire également sur ce sujet, l’article de l’excellent David Connor. Il met notamment en avant les actions prévues pour 2011-2014!

Civil-Learning Tool: votre entreprise est-elle suffisamment responsable?

Dans mon dernier article, je présentais les 4 étapes de maturité d’un problème. Article à lire accompagné de celui sur les 5 étapes de la responsabilité sociale. Ces deux outils sont tirés de The Path to Corporate Responsibility, de Simon Zadek.

Les présentations étant faites, nous pouvons nous pencher sur le « Civil-Learning Tool ». Cet outil se base sur les deux précédemment cités, et est toujours tiré du même article. On peut le voir ci-dessus sous la forme d’un graphique. Sur l’axe vertical (c’est l’ordonnée ou l’abscisse, je ne suis plus très sûr…), on peut voir les 5 étapes de la responsabilité sociale. Sur l’axe horizontal (c’est l’abscisse ou l’ordonnée, je ne suis plus très sûr…), on lit les 4 étapes de maturité du problème. On peut voir également que l’aire du graphique se partage en deux zones: une zone claire d’opportunité et une zone plus foncée dites « risquée ».

En quoi consiste cet outil? C’est relativement simple. Imaginons une entreprise confrontée à un problème, comme par exemple l’importante empreinte carbone de ses fournisseurs. On peut estimer que la maturité de ce problème conduit à le situer au niveau « consolidé ». Il existe des pratiques et initiatives volontaires autour de cette question.

L’entreprise, de son côté, considère que cette empreinte carbone ne la concerne pas: c’est celle de ses fournisseurs pas la sienne. C’est la réponse officielle lorsque des journalistes ou les ONG viennent lui parler de cette question. On peut donc dire que l’entreprise se trouve à l’étape « défensive » en matière de RSE.

Partant de ces constats, il ne reste plus qu’à marquer d’une croix l’intersection de ces deux étapes sur le Civil-Learning Tool. En fonction de la position de cette croix, l’entreprise risque plus ou moins de problèmes; ou peut profiter de certaines opportunités. En l’occurence, notre entreprise se trouverait en pleine « Risky Red Zone », donc avec passablement d’ennuis en perspective! En d’autre termes, on peut dire que le développement organisationnel de notre entreprise est très en retard par rapport au niveau de conscience existant autour du problème de l’empreinte carbone des fournisseurs.

Le Civil-Learning Tool est donc un outil de diagnostic très simple, mais que je trouve particulièrement efficace. Il est d’autant plus efficace si l’on ne s’en sert pas que pour diagnostiquer. Qu’est-ce qui vous empêche de l’utiliser pour anticiper les problèmes à venir? Rien de tel pour prendre un peu d’avance sur ses concurrents que d’anticiper le développement d’un problème et de prendre les mesures nécessaires afin de profiter de nouvelles opportunités.