8 livres à lire en 2015

BooksJ’avais, l’année passée, proposé une liste de 9 livres à lire en 2014. Ayant fixé pour moi-même l’objectif de lire 25 livres en 2015, je voulais à nouveau proposer une petite liste de lecture pour cette année!

  • The Big Pivot: Radically Practical Strategies for a Hotter, Scarcer, and More Open World, A. Winston. Je suis en train de le lire, ce livre est très intéressant. Dans la multitude de livres publiés autour de la RSE, celui-ci se démarque par une approche très structurée; aussi bien des challenges auxquelles font face les entreprises que des solutions qu’il est possible d’y apporter.
  • Revolution in a Bottle: How Terracycle Is Eliminating the Idea of Waste, T. Szaky. C’est un ami banquier qui me l’a prêté et fait découvrir. Comme quoi… Ce livre raconte l’histoire passionnante de la création de l’entreprise Terracycle. L’auteur n’est d’ailleurs autre que le fondateur de Terracycle. Outre la « success story » qui nous est contée, cet ouvrage regorge de principes extrêmement intéressants et on y lit comment l’idée de supprimer les déchets a débouché sur toutes sortes d’opportunités de business.
  • Pèlerinage à Tinker Creek, A. Dillard. L’un des ouvrages fondateurs de la conscience environnementale. Un livre sur la nature qui, comme je l’avais déjà écrit pour Almanach d’un comté des sables, nous rappelle pourquoi nous faisons ce que nous faisons.
  • The Zero Marginal Cost Society: The Internet of Things, the Collaborative Commons, and the Eclipse of Capitalism, J. Rifkin. L’auteur de The Empathic Civilization s’attaque cette fois-ci à ce que l’économie pourrait devenir dans les prochaines années. Economie collaborative, gratuité, internet et chute du capitalisme font un intéressant ménage dans ce livre qui a suscité bien des réactions à sa sortie.
  • The Reciprocity Advantage: A New Way to Partner for Innovation and Growth, B. Johansen, K. Ronn. Ce livre m’a été recommandé par Nadine B. Hack lorsque je lui ai parlé de Give and Take. Suite logique à ma lecture de l’année passée, donc. Orienté sur la création de business, ce livre met l’accent sur la coopération, la réciprocité, et les avantages que l’on peut en tirer. Autant d’aspects primordiaux lorsque l’on travaille dans la responsabilité sociale ou le développement durable.
  • The Small Big: Small Changes That Spark Big Influence, R. Cialdini (et al.). Basé sur de très sérieuses recherches, ce livre nous explique comment provoquer de grands changements en effectuant de petits changement. Une stratégie qui pourrait s’avérer plus que pertinente pour ceux d’entre nous qui cherchent à rendre leur entreprise plus durable, plus responsable, mais qui doivent faire face aux réticences de leurs collègues et superviseurs. Peut-être que de petits changements feraient mieux passer la pilule…
  • Creativity, Inc.: Overcoming the Unseen Forces That Stand in the Way of True Inspiration, E. Catmull. Offert par mon créatif ami Gus, ce livre a été écrit par le cofondateur des studios Pixar. Je ne cesse de le répéter, mais pour faire face aux défis qui sont ceux de ce début de XXIe siècle, il faut savoir être créatif, penser différemment pour trouver des solutions innovantes et efficaces.
  • The Signal and the Noise: The Art and Science of Prediction, N. Silver. Prêté par mon ami Adrien, ce livre est un incontournable. Il fournit de nombreuses et inestimables informations sur notre façon de percevoir les risques (suivez mon regard…) et les opportunités, ainsi que sur la manière dont nous en tirons des « prédictions ».

Enfin, si vous avez prévu de suivre la conférence de Paris en cette fin d’année, ne manquez pas cette petite sélection spéciale: Backstabbing for Beginners, The Honest Truth about Dishonesty, et Surtout ne rien décider!

Et vous, qu’allez-vous lire cette année?

Le court terme, l’ami du développement durable?

Short termDans les discours sur la responsabilité sociale ou sur le développement durable, un ennemi commun est très souvent identifié: le court terme. Des objectifs de résultats à court terme forcent les managers à entreprendre des actions ayant un important et surtout rapide retour sur investissement. Ce au détriment d’autres initiatives, plus durables justement, mais n’ayant pas nécessairement un retour immédiat, voire entraînant des coûts importants.

De ce fait, et de manière justifiée la plupart du temps, le court terme est perçu comme l’Antéchrist de tout ce qui est durable. Mais j’aimerais tout de même poser ici la question de savoir si le court terme ne pourrait pas aussi servir des objectifs durables.

S’il est certain qu’il faut fixer des objectifs sur le long terme afin de pouvoir vraiment être durable, il n’en reste pas moins que ceux-ci ont souvent, dans un premier temps, un coût. It’s called investment, stupid pourrait-on rétorquer, avec raison. Mais il faut tout de même pouvoir financer ces investissements, et faire en sorte que l’entreprise qui se fixe des objectifs sur 5 ans ne périclite pas après 6 mois.

Il conviendrait donc, selon moi, de mieux articuler le court et le long terme, afin que le premier serve le dernier. Et non pas de renoncer à toute vue à court terme, comme le proposent nombre de mes confrères. Nous pourrions imaginer pour une entreprise d’avoir un mélange de projets à court et long terme. Ou alors, comme le ferait remarquer tout bon gestionnaire de projet, il s’agirait de découper un projet long en plusieurs petits projets ayant chacun un objectif bien établi, et surtout permettant un retour sur investissement « intermédiaire ».

Est-ce qu’au lieu de diaboliser le court terme, nous ne ferions pas mieux de le mettre au service de la durabilité?

Meilleurs voeux!

1435312_37189654Chères lectrices, chers lecteurs,

Un petit mot pour vous souhaiter à toutes et à tous de très belles fêtes de fin d’année! Une fois de plus – depuis 2011, ça commence à compter! – j’ai eu beaucoup de plaisir à passer cette année avec vous, que ce soit à distance ou en vous rencontrant « en vrai ».

Cette année 2014 a été riche en rebondissements dans ma vie professionnelle et m’a permis de vivre de très belles choses, tout en me réjouissant tout autant de 2015.

2015, justement, sera une année des plus intéressantes pour ce site. Elle verra passer – si tout va bien! – le 200e article, mais aussi et surtout le 500e commentaire. Une réussite qui me comble!

Au plaisir de vous retrouver l’année prochaine, je vous souhaite encore tout le meilleur pour cette fin d’année et pour celle à venir!

Comment articuler technologies et RSE?

839239_39517991Cette semaine, j’ai eu le plaisir de passer deux jours au salon POLLUTEC, à Lyon. Un client y tenait en effet un stand – et pas des moindres – et j’ai été invité à leur rendre une visite. J’ai bien sûr pu en profiter pour me promener – un peu – dans le salon.

POLLUTEC étant le salon international des équipements, des technologies et des services de l’environnement, on peut bien sûr s’attendre à rencontrer beaucoup de stands très techniques, mais je dois dire que j’ai été surpris malgré tout. On se trouvait vraiment dans une atmosphère « industrielle », avec des exemples de solutions techniques aux problèmes environnementaux. Puisque l’on parle aussi de « services » de l’environnement, je m’attendais tout de même à voir plus cabinets de conseils, etc. Pas un mal en soi, loin de là, mais cela m’a fait me poser plusieurs questions.

Comment articuler ces choses très concrètes que l’on peut voir sur un salon – mini-centrale solaire, cuves spéciales pour stations d’épuration, etc. – avec les considérations en général plus stratégiques de la RSE? On est en quelques sortes face au problème de la poule et de l’œuf: est-ce la stratégie qui doit dicter quelles améliorations technologiques sont à utiliser ou créer? ou sont-ce les possibilités techniques qui vont orienter la stratégie dans telle ou telle direction? La réponse « diplomatique » voudrait que l’on parle d’un processus itératif: on fait des allers-retours incessant entre technologie et stratégie. Mais est-ce vraiment la « bonne » réponse?

Je me rappelle aussi qu’à l’époque, un de mes professeurs avait demandé à toute la classe de choisir entre deux perspectives face aux problèmes environnementaux: est-on plutôt pour l’application du principe de précaution, ou a-t-on foi en la capacité des humains à trouver de nouvelles technologies pour réduire nos impacts? Les deux aspects semblaient être contradictoires: les ingénieurs ne veulent pas entendre parler du principe de précaution – la stratégie, si l’on peut dire – et les politiciens n’auraient aucune confiance en la capacité d’innovation des humains.

S’il ne fait aucun doute pour moi que nous avons besoins tant de la technologie que de la stratégie pour faire face aux défis environnementaux qui se dressent face à nous, je suis moins sûr de la façon optimale d’articuler ces deux considérations. Et doit-on les articuler de la même façon pour les problèmes sociaux ou économiques? Des suggestions?

RSE, contrainte ou levier d’innovation dans les grandes entreprises?

Cet article est le dernier d’une série de trois, que j’écris suite à l’invitation par Orange à un dîner à Paris au cours duquel nous avons échangé sur plusieurs thématiques autour de la responsabilité sociale. Pour être clair, Orange m’a payé le TGV entre Genève et Paris, ainsi que le dîner. Le reste des frais était à ma charge.

Le dernier échange a été autour de la stratégie d’Orange. Il a notamment été question de la responsabilité sociale que l’on peut qualifier de « citoyenne » ou « civique » du groupe: dans quelle mesure Orange cherche à influencer les autres entreprises de son secteur pour que celles-ci adoptent également des pratiques responsables.

GooglePlus_Orange_Logo_BlackUne initiative qui vaut la peine d’être mentionnée est la Joint Audit Cooperation. Celle-ci réunit 10 opérateurs de télécommunications. L’un de ses focus principaux est celui des achats. J’ai été aussi particulièrement intéressé par le fait que du moment où les opérateurs ont adoptés cette initiative, leurs fournisseurs n’ont qu’un seul format d’audit auquel se conformer. D’un côté, c’est très pratique pour eux, car cela permet d’unifier les pratiques. Je crois que l’on oublie trop souvent à quel point ces « questionnaires » ou ces audits peuvent être gourmands en ressources et en temps. C’est, je crois, un vrai plus pour les fournisseurs. D’un autre côté, je me pose tout de même la question de savoir si cela ne pose pas un problème: si les fournisseurs sont habitués à un même type d’audit, ne risquent-ils pas de négliger certains aspects qui ne seraient pas traités par cet audit? Ou pire, de connaître les « astuces » permettant de bypasser certaines difficultés? Il faudrait donc s’assurer que l’audit en question soit exhaustif, si tant est que cela est possible.

En définitive, j’ai beaucoup apprécié ces discussions dans le cadre de ce dîner organisé par Orange. S’il est certain qu’Orange trouve son compte à échanger librement avec des personnes ayant une certaine expertise dans le domaine de la RSE, il n’en reste pas moins que cette démarche est louable, bien sûr en termes de dialogue avec les parties prenantes. J’ai aussi apprécié le fait de rencontrer ces directrices ou directeurs; cela permet de voir les gens qui sont derrière les initiatives et les stratégies RSE. Souvent des gens passionnés par ce qu’ils font, on sent qu’ils croient en ce qu’ils font, même s’ils ont parfois du mal à prendre leur distance avec le discours « corporate ». Je crois que c’est le genre d’initiative qui profite à tout un chacun et qui devrait être répétée plus souvent, et par plus d’entreprises.