Le court terme, l’ami du développement durable?

Short termDans les discours sur la responsabilité sociale ou sur le développement durable, un ennemi commun est très souvent identifié: le court terme. Des objectifs de résultats à court terme forcent les managers à entreprendre des actions ayant un important et surtout rapide retour sur investissement. Ce au détriment d’autres initiatives, plus durables justement, mais n’ayant pas nécessairement un retour immédiat, voire entraînant des coûts importants.

De ce fait, et de manière justifiée la plupart du temps, le court terme est perçu comme l’Antéchrist de tout ce qui est durable. Mais j’aimerais tout de même poser ici la question de savoir si le court terme ne pourrait pas aussi servir des objectifs durables.

S’il est certain qu’il faut fixer des objectifs sur le long terme afin de pouvoir vraiment être durable, il n’en reste pas moins que ceux-ci ont souvent, dans un premier temps, un coût. It’s called investment, stupid pourrait-on rétorquer, avec raison. Mais il faut tout de même pouvoir financer ces investissements, et faire en sorte que l’entreprise qui se fixe des objectifs sur 5 ans ne périclite pas après 6 mois.

Il conviendrait donc, selon moi, de mieux articuler le court et le long terme, afin que le premier serve le dernier. Et non pas de renoncer à toute vue à court terme, comme le proposent nombre de mes confrères. Nous pourrions imaginer pour une entreprise d’avoir un mélange de projets à court et long terme. Ou alors, comme le ferait remarquer tout bon gestionnaire de projet, il s’agirait de découper un projet long en plusieurs petits projets ayant chacun un objectif bien établi, et surtout permettant un retour sur investissement « intermédiaire ».

Est-ce qu’au lieu de diaboliser le court terme, nous ne ferions pas mieux de le mettre au service de la durabilité?