Salle de repos et fitness sur le lieu de travail: quels avantages?

Cet article aurait pu s’appeler « J’ai testé pour vous… ». Il s’agit d’un simple retour d’expérience.

On peut en effet lire beaucoup de choses sur le bien-être des employés comme étant l’une des composantes centrales de la RSE. Sur mon lieu de travail, j’ai la chance de pouvoir bénéficier d’une salle de repos, ainsi que d’un fitness. C’est donc l’occasion de sortir des livres et articles, et de constater sur le terrain l’efficacité de telles mesures. Mesures supposées améliorer le bien-être des employés ainsi que leur productivité.

  1. Salle de repos. Une salle « hommes » et une salle « femmes », comportant chacune trois lits et étant plongées dans l’obscurité. Bien-être: un plus indéniable! Pour autant que l’on se repose pour une durée adéquate (15 minutes en ce qui me concerne), c’est vraiment bénéfique. On refait le plein d’énergie physique et psychique. Productivité: les 15 minutes « perdues » à faire la sieste sont largement récupérées. C’est comme si l’on commençait une nouvelle journée. C’est aussi l’occasion de se changer les idées lorsque l’on reste bloqué sur un problème.
  2. Fitness. Nous avons à notre disposition une salle très bien équipée, moyennant une cotisation de CHF 10.- par mois. Bien-être: Là aussi, l’occasion de faire le plein d’énergie! Pour autant que l’on s’exerce de manière adéquate, sans s’épuiser. Il faut donc bien gérer son effort. Je fais pour ma part une petite séance de 20 minutes. Productivité: au sortir de sa séance, on est également remotivé. Les endorphines y sont sans doute pour quelque chose! C’est aussi l’occasion de voir ses collègues sous un autre jour, d’échanger avec eux dans un cadre moins formel, ce qui ne peut qu’être bénéfique. Tout cela sans compter que les employés étant plus en forme, ils sont moins sujets à l’absentéisme pour cause de maladie.

En définitive, de très bonnes expériences. J’ai déjà de la peine à envisager mon prochain travail sans ces deux possibilités! Mais je crois qu’il va falloir le faire malgré tout, car il est encore rare de trouver de telles infrastructures dans les entreprises. Souvent associées à la paresse et à l’oisiveté, ces pratiques doivent vaincre des mentalités récalcitrantes.

RSE: gestion du risque ou création de valeur?

En parcourant le rapport Metrics that Matter, du « Investor Responsibility Research Centre Institute », on est tout de suite attiré par les 3 conclusions majeures auxquelles les chercheurs sont arrivés:

  1. Il y a un consensus général sur les problématiques-clés de la RSE, mais pas nécessairement sur la forme et le nombre de mesures utilisées pour les évaluer. Il y a aussi une différence fondamentale sur le(s) but(s) que l’on cherche à atteindre en examinant les informations ESG (environnement, social, gouvernance), selon que l’on se situe du côté des « executives » de l’entreprise, ou de celui des chercheurs/investisseurs.
  2. Aussi bien les dirigeants d’entreprise que les chercheurs/investisseurs abordent les questions ESG selon une perspective de diminution du risque, et non pas dans une perspective de création de valeur.
  3. Les améliorations futures dans le domaine de la divulgation, de la collecte et de l’utilisation des données pour l’analyse d’investissement requèreront une clarté améliorée ainsi qu’une communication plus efficace et plus cohérente entre les compagnies, les chercheurs et les utilisateurs de l’information.

Il semble que ces conclusions n’apportent rien de très nouveau, surtout la première et la troisième, mais il reste bon de les énumérer et surtout d’en apporter la preuve.

La deuxième conclusion toutefois met le doigt sur un problème encore persistent. On ne perçoit toujours pas ces questions de responsabilité sociale comme de véritables opportunités, mais toujours comme des moyens de gérer les risques. Certes, on peut avancer que gérer les risques consiste aussi à maximiser les probabilités d’occurence de risques positifs, mais le rapport coupe court à cet argument puisque l’on peut lire que la plupart des indicateurs spécifiques utilisés par les responsables EHS, les cadres supérieurs et les investisseurs se concentrent sur l’identification des attributs négatifs ou des risques à la baisse.

Le business case pour la responsabilité sociale a donc encore bien du chemin à parcourir!

Reporting RSE: les étapes selon la GRI

La semaine passée, j’ai publié un court article présentant une approche en 9 étapes pour le reporting RSE. L’article ayant suscité de bonnes réactions, notamment un commentaire très intéressant, j’ai pensé intéressant de comparer ces 9 étapes avec celles suggérées par la Global Reporting Initiative dans sa brochure Le cycle GRI du reporting développement durable: Un manuel pour les petites et moins petites organisations.

  1. Préparer: Planifier votre processus de reporting développement durable GRI
  2. Dialoguer: Parler et écouter
  3. Définir: Cibler vos efforts
  4. Contrôler: construire votre rapport
  5. Le rapport: Vérifier et communiquer

On voit que, par rapport aux 9 étapes précédemment citées, la GRI accorde davantage de place au dialogue avec les stakeholders. Si les recommandations de Traidcraft portent sur la nécessité de recueillir les opinions des stakeholders sur la performance de l’entreprise et sur les conclusions du rapport (points 5 et 9), la GRI insiste davantage sur la nécessité d’identifier avec eux les « thèmes pertinents à aborder et à inclure dans » le rapport.

Le but d’un rapport étant d’être lu, je crois qu’il est primordial de chercher à satisfaire les attentes de ceux à qui il est destiné. Et je crois qu’adopter cette perspective d’échange de points de vue qui est celle de la GRI est plus judicieux que de recueillir des opinions sur des performances.

6 bonnes raisons de ne pas faire de responsabilité sociale

Voila bientôt 50 articles que je fais ici l’apologie de la responsabilité sociale de l’entreprise. Il serait temps de se remettre un peu en question, non? Voici donc 6 bonnes raisons de ne pas vous lancer dans la RSE.

  1. The business of business is business. La seule responsabilité qu’a votre entreprise, c’est de faire de l’argent afin que les actionnaires soient contents. Votre entreprise n’ a pas de rôle social ou environnemental, et encore moins de comptes à rendre concernant son impact sur les communautés.
  2. Ce que font vos fournisseurs, ça n’est pas votre problème. Un point c’est tout.
  3. L’attraction et la rétention de talents ne passent pas par là. Vous le savez, ce qui intéresse vos employés, c’est le chèque à la fin du mois, pas les valeurs de votre entreprise. Ils se fichent bien d’être fiers de ce qu’elle fait et comment elle le fait. Si on cherchait à donner du sens à sa vie via son travail, ça se saurait. D’ailleurs, vous n’avez jamais vraiment compris à quoi servaient les étages supérieurs dans la pyramide de Maslow.
  4. La transparence n’apporte rien de bon. Il faut communiquer le moins possible sur vos activités. Moins « ils » en savent, mieux c’est. De toute façon, ça n’intéresse personne. Et rien ne se sait, c’est connu, même avec internet.
  5. Mieux vaut rester dans son coin. Ces histoires de RSE impliquent presque toujours des partenariats, notamment de type public-privé. Est-ce que vous avez vraiment besoin de rencontrer de nouvelles personnes, de découvrir de nouvelles façons de penser? « Business as usual », il n’y a que ça de vrai. Si la « sustainability » était vectrice d’innovation, on en aurait entendu parler, non?
  6. A quoi bon? Même dans le cas de figure très improbable où il existerait un retour sur investissement, celui-ci ne serait qu’à long terme. Et vous ne serez sans doute plus là pour en tirer les bénéfices, et les bonus y-relatifs.

Petit Guide du Greenwashing

Il y a quelques années, j’avais écrit un guide du greenwashing (basé lui-même sur deux rapports, ici et ). Je republie ici les 10 points importants, à éviter absolument.

  1. Un langage approximatif. Les mots utilisés n’ont pas une signification très claire. Vous savez, vous, ce que signifie concrètement “éco-responsable”?
  2. Des produits verts produits par une compagnie “sale”. Comme par exemple des ampoules à faible consommation produites dans une usine qui polluent des rivières.
  3. Des images suggestives. Des fleurs qui sortent d’un pot d’échappement, vous trouvez ça normal?!
  4. Des revendications hors de propos. Mettre l’accent sur un petit aspect “vert” alors que tout le reste ne l’est pas.
  5. Le meilleur de la classe? Dire que l’on est un peu plus vert que les autres, même si les autres sont catastrophiques.
  6. Juste pas crédible. Qui veut une voiture qui respecte l’environnement?
  7. Du Gloubiboulga! On fournit des informations sous forme de jargon, que seul un scientifique pourrait vérifier.
  8. L’ami imaginaire. Labels ou une attestation semblant venir d’une tierce partie, mais ce n’est pas le cas.
  9. Pas de preuves. Ca pourrait être vrai, mais où sont les preuves?
  10. Des mensonges. Affirmations ou données totalement fabriquées.

Voila une grille au travers de laquelle chaque entreprise devrait faire passer ses projets « développement durables », afin de s’assurer de ne pas tomber dans le greenwashing.