C’est moi qui ai fait ça? Effets collatéraux de la responsabilité sociale…

Il est fréquent qu’une entreprise ait un produit qui – de par son utilisation – permette de réduire l’impact global sur l’environnement. On peut bien sûr penser à nos amis d’Ecowizz, ou encore les fabriquants de panneaux solaires. Mais il est aussi relativement fréquent que ces mêmes produits aient malgré tout un impact, pas toujours là où l’on s’y attendait.

Prenons aujourd’hui l’exemple d’Adobe. Ses programmes pour lire les pdf sont partout et améliorent la conservation de ressources.

Ou du moins le devraient.

La nature des produits d’Adobe est de permettre de digitaliser et envoyer par e-mail des documents. Ce qui signifie moins d’encre, moins de papier et le plus important, moins d’essence pour transporter des documents puisque l’on peut s’envoyer des documents par mail et non plus par la poste via avions, camions et autres.

Le problème est que les gens ont tendance à imprimer les documents qu’ils trouvent importants. Et ces mêmes produits d’Adobe ont facilité la création de documents. Par conséquent, s’il y a moins d’encre et de papier utilisés par document, le fait est qu’il y a – de manière exponentielle – plus de documents. Ce qui signifie que la quantité réelle de papier et encore utilisés reste très élevées.

On a donc affaire à un produit qui a un gros potentiel de réduction de l’impact environnemental global, mais qui pour des raisons « collatérales » ne peut mener à bien cette mission.

On peut toutefois apprécier qu’Adobe nous oriente dans la bonne direction, même s’il reste du chemin à parcourir. Ici aussi.

A durable, durable et demi: McDonald’s aux Jeux Olympiques 2012

Il y a deux semaines, on apprenait que McDonald’s allait faire figure d’exception dans la politique « verte » des Jeux Olympiques de Londres.

En effet, on pouvait lire dans plusieurs articles ici et que la chaîne de fast food allait utiliser du poulet provenant principalement du Brésil. Ce qui va à l’opposé de la Food Vision établie par le comité organisateur des Jeux, notamment par rapport à la volonté d’utiliser de la nourriture locale et donc britannique. Tollé dans les milieux concernés, comme on peut se l’imaginer, même face à la promesse de McDonald’s de se fournir à hauteur de 10% en volaille du Royaume-Uni.

Et bien c’est avec plaisir que l’on peut apprendre que McDonald’s a su écouter ces critiques et a donc promis de se fournir uniquement en volaille britannique pour ses restaurants présents sur le site des Jeux. Ce qui est une bonne nouvelle.

Deux leçons sont à tirer de ce cas:

  1. Il faut être à l’écoute de ses stakeholders. Nombreuses ont été les voix à s’élever contre ce que McDonald’s projetait de faire à l’occasion des Jeux. La chaîne a eu le mérite d’être réceptive aux critiques – à défaut d’avoir su les anticiper – et a modifié sa politique. Le dialogue a donc été engagé et McDonald’s s’est sans doute épargné bien des problèmes futurs, notamment pendant les Jeux.
  2. On ne peut pas être à moitié vert. L’un des arguments de McDonald’s était de dire « Ok pour le poulet, mais toutes nos autres viandes proviennent de Grande-Bretagne, ce qui plaide en notre faveur et montre nos bonnes intentions. ». Faux sur toute la ligne: on ne peut pas être à moitié responsable, à moitié respectueux de l’environnement. La responsabilité sociale demande un engagement fort et complet. Il n’y a pas de demie-mesure.

Affaire à suivre?

Salle de repos et fitness sur le lieu de travail: quels avantages?

Cet article aurait pu s’appeler « J’ai testé pour vous… ». Il s’agit d’un simple retour d’expérience.

On peut en effet lire beaucoup de choses sur le bien-être des employés comme étant l’une des composantes centrales de la RSE. Sur mon lieu de travail, j’ai la chance de pouvoir bénéficier d’une salle de repos, ainsi que d’un fitness. C’est donc l’occasion de sortir des livres et articles, et de constater sur le terrain l’efficacité de telles mesures. Mesures supposées améliorer le bien-être des employés ainsi que leur productivité.

  1. Salle de repos. Une salle « hommes » et une salle « femmes », comportant chacune trois lits et étant plongées dans l’obscurité. Bien-être: un plus indéniable! Pour autant que l’on se repose pour une durée adéquate (15 minutes en ce qui me concerne), c’est vraiment bénéfique. On refait le plein d’énergie physique et psychique. Productivité: les 15 minutes « perdues » à faire la sieste sont largement récupérées. C’est comme si l’on commençait une nouvelle journée. C’est aussi l’occasion de se changer les idées lorsque l’on reste bloqué sur un problème.
  2. Fitness. Nous avons à notre disposition une salle très bien équipée, moyennant une cotisation de CHF 10.- par mois. Bien-être: Là aussi, l’occasion de faire le plein d’énergie! Pour autant que l’on s’exerce de manière adéquate, sans s’épuiser. Il faut donc bien gérer son effort. Je fais pour ma part une petite séance de 20 minutes. Productivité: au sortir de sa séance, on est également remotivé. Les endorphines y sont sans doute pour quelque chose! C’est aussi l’occasion de voir ses collègues sous un autre jour, d’échanger avec eux dans un cadre moins formel, ce qui ne peut qu’être bénéfique. Tout cela sans compter que les employés étant plus en forme, ils sont moins sujets à l’absentéisme pour cause de maladie.

En définitive, de très bonnes expériences. J’ai déjà de la peine à envisager mon prochain travail sans ces deux possibilités! Mais je crois qu’il va falloir le faire malgré tout, car il est encore rare de trouver de telles infrastructures dans les entreprises. Souvent associées à la paresse et à l’oisiveté, ces pratiques doivent vaincre des mentalités récalcitrantes.

Goldman Sachs a perdu ses valeurs

On peut lire aujourd’hui sur le site du New-York Times la « lettre de démission » de l’un de ses anciens managers, Greg Smith.

Greg Smith nous fait partager son point de vue sur l’évolution des valeurs chez GS, entre le moment où il y est rentré et aujourd’hui. Et le tableau n’est pas brillant. Si je laisse de côté la question de savoir ce qui est vrai, ce qui est « enjolivé », ce qui est lié à l’amertume, je retiens 2 passages que j’ai trouvé très intéressants.

I knew it was time to leave when I realized I could no longer look students in the eye and tell them what a great place this was to work.

It astounds me how little senior management gets a basic truth: If clients don’t trust you they will eventually stop doing business with you. It doesn’t matter how smart you are.

A en croire Greg Smith, GS a perdu de vue ses valeurs. Celles qui lui permettaient d’affirmer sur son site: « It is only with the determination and dedication of our people that we can serve our clients, generate long-term value for our shareholders and contribute to the broader public. ».

Rendre ses employés fiers de ce qu’ils font, et établir une relation de confiance avec ses clients, c’est pourtant à la base de tout business qui veut réussir. On oublie souvent la valeur des valeurs, les reléguant au rang de simples faire-valoirs, inscrites quelque part sur le site internet. Mais on constate une fois de plus qu’une entreprise qui oublie pourquoi elle fait ce qu’elle fait est vouée à l’échec.

Enfin, je vous encourage à aller lire l’article de Fabian Pattberg à ce sujet!

Jobs dans la RSE: et le niveau intermédiaire?

Comme vous le savez si vous lisez régulièrement ce blog – et je vous en remercie! – je suis à la recherche d’un job dans la RSE. Il y a quelques semaines, un débat très intéressant avait eu lieu par rapport à la question de savoir ce que l’on peut accepter ou pas dans ce domaine.

Au cours de mes recherches, j’ai remarqué une chose: les postes proposés dans la RSE se répartissent en deux groupes: les postes à très haute responsabilité (directeur, etc.), et les postes de stagiaires. C’est vrai dans le monde francophone, moins chez les anglo-saxons. Concentrons-nous aujourd’hui sur la francophonie.

Me trouvant entre deux, la situation est un peu compliquée pour moi, et je suppose qu’elle l’est pour d’autres!

Cela dit, je pense que ce n’est pas dénué de signification et que ce constat nous renseigne passablement sur l’état de développement de la RSE chez nous.

Le côté top-management semble montrer que l’on prend ces questions au sérieux et que l’on souhaite intégrer des éléments de RSE dans la stratégie. On pourrait aussi penser qu’avoir un « Directeur RSE » a une fonction de légitimation: il s’agit de montrer que l’entreprise a conscience de ses responsabilités. Il y a peut-être un côté greenwashing, certes.

L’autre côté, celui des stagiaires montre que – j’en ai peur – l’on confie des tâches pourtant importantes (réunir les données pour le reporting, organiser des actions de sensibilisation au sein de l’entreprise, etc.) à des personnes ayant peu d’expérience – et que l’on paie pas ou peu. Combien de fois ai-je vu des cahiers des charges intéressants, pour me rendre compte ensuite qu’il s’agissait d’un poste de stagiaire pour 6 mois! La question de la durabilité et surtout de la cohérence est en jeu! Comment mettre en place des actions de type « employee engagement » si l’on change la personne qui s’en occupe tous les 6 mois?!

Selon moi, il manque clairement des fonctions de middle-management. Des personnes qui auraient une petite équipe à charge, 4-5 personnes, et qui pourraient ainsi mettre en place des projets efficaces et sur le moyen-court terme.