C’est moi qui ai fait ça? Effets collatéraux de la responsabilité sociale…

Il est fréquent qu’une entreprise ait un produit qui – de par son utilisation – permette de réduire l’impact global sur l’environnement. On peut bien sûr penser à nos amis d’Ecowizz, ou encore les fabriquants de panneaux solaires. Mais il est aussi relativement fréquent que ces mêmes produits aient malgré tout un impact, pas toujours là où l’on s’y attendait.

Prenons aujourd’hui l’exemple d’Adobe. Ses programmes pour lire les pdf sont partout et améliorent la conservation de ressources.

Ou du moins le devraient.

La nature des produits d’Adobe est de permettre de digitaliser et envoyer par e-mail des documents. Ce qui signifie moins d’encre, moins de papier et le plus important, moins d’essence pour transporter des documents puisque l’on peut s’envoyer des documents par mail et non plus par la poste via avions, camions et autres.

Le problème est que les gens ont tendance à imprimer les documents qu’ils trouvent importants. Et ces mêmes produits d’Adobe ont facilité la création de documents. Par conséquent, s’il y a moins d’encre et de papier utilisés par document, le fait est qu’il y a – de manière exponentielle – plus de documents. Ce qui signifie que la quantité réelle de papier et encore utilisés reste très élevées.

On a donc affaire à un produit qui a un gros potentiel de réduction de l’impact environnemental global, mais qui pour des raisons « collatérales » ne peut mener à bien cette mission.

On peut toutefois apprécier qu’Adobe nous oriente dans la bonne direction, même s’il reste du chemin à parcourir. Ici aussi.

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9 réflexions sur “C’est moi qui ai fait ça? Effets collatéraux de la responsabilité sociale…

  1. C’est moi qui vous remercie! Ma connaissance limitée en théories économiques s’en trouve compensée (pas de jeu de mot avec ce qui suit)!
    Je lis effectivement sur Wikipédia (ça vaut ce que ça vaut) que le corollaire de cet effet est que « les économies d’énergie ou de ressources initialement prévues par l’utilisation d’une nouvelle technologie sont partiellement ou complètement compensées suite à une adaptation du comportement de la société. » C’est exactement ce que je tente de décrire.

    Merci encore pour cette précision utile!

    • Je vous en prie. Dans le cadre de mes mandats de conseils (avocat titulaire d’une formation en développement durable) on m’a présenté un article sur le sujet. Mes connaissances en informatique sont toutefois limitées et je ne parviens pas à joindre un fichier à ma réponse. Vous pouvez me contacter par courriel si vous le désirez.

      Vivez une merveilleuse journée

  2. Concernant l’exemple d’Adobe, on peut aussi noter l’empreinte environnementale de ces documents virtuels, qui n’est pas nulle. Tout comme les emails, qui permettent effectivement d’économiser du papier, ils utilisent néanmoins de la place sur les serveurs des entreprises et donc augmentent la consommation d’energie. Les problématiques Green IT, quand on se penche dessus, sont assez effrayantes.

  3. Je me posais également la question relative au volume des pièces jointes et par extension aux nombreux destinataires que l’on ajoute en « copie conforme » lors de l’envoi des courriel. J’avais lu un article sur le sujet et

    « En France, chaque salarié, dans une entreprise de 100 personnes, reçoit en moyenne 58 courriels par jour et en envoie 33. A raison d’une taille moyenne d’1 Mo — chiffre de base des calculs, probablement excessif — l’Ademe a calculé que ces envois d’emails dans le cadre professionnel génèrent chaque année des émissions de gaz à effet de serre effarantes : pas moins de 13,6 tonnes équivalent CO2 à l’échelle de l’entreprise de 100 personnes — soit environ 13 allers-retours Paris-New York — ou encore 136 kg équivalent CO2 par salarié.

    En cause, l’utilisation d’énergie engendrée par le fonctionnement des ordinateurs de l’émetteur et du destinataire du mail, la production de cet ordinateur et notamment de ses composants électroniques — puisque l’ACV, contrairement au bilan carbone, étudie l’impact environnemental intégral d’un élément — ainsi que le fonctionnement des data centers, qui stockent et traitent les données. »

    http://ecologie.blog.lemonde.fr/2011/07/07/combien-de-co2-pesent-un-mail-une-requete-web-et-une-cle-usb/

  4. Effectivement Marion, remarque très pertinente! Corroborée qui plus est par le commentaire suivant! Même si 1Mo de taille moyenne pour un mail me semble en effet exagéré, les chiffres n’en sont pas moins monstrueux!

    J’avais pour ma part mené la démarche personnelle de ne pas « entreproser » trop de photos sur Facebook car leur stockage utilise passablement d’énergie. J’avais fait des albums « éphémères » que je supprimais au bout de quelques temps.
    Ne pourrait-on pas imaginer qqch de similaire pour les données des entreprises? Essayer de limiter un maximum leur conservation? Cela demanderait un effort de réflexion autour de ce qui est vraiment nécessaire, et ce que l’on garde « juste au cas où ». On pourrait aussi encourager les employés à sortir de leur bureau pour rencontrer leurs collègues, leur parler de vive voix, plutôt que d’envoyer des mails. Article à paraître sur ce sujet d’ailleurs!

    • Oui c’est pas bête! Ca me fait notamment penser à tous ces emails inutiles qu’on envoit et réenvoit parce qu’on n’a pas envie de rechercher dans l’historique. Ou les emails vides de contenus genre « ok ». Personnellement, s’ils ne sont pas indispensables je les supprime, cela me fait également gagner du temps lorsque je recherche quelque chose dans ma messagerie, et mon organisation s’en est trouvée améliorée.

  5. Effectivement Marion, il faudrait commencer par éviter de s’envoyer 3 mails pour savoir à quelle heure on va manger…Et je suis tout à fait d’accord, cela aide aussi à s’organiser!

    Cela dit, pour mettre de telles mesure en place, il faudrait en avoir conscience. J’avoue que même si je m’en doutais, je n’imaginais pas que les chiffres étaient aussi importants que ceux présentés ici!

  6. Pingback: Compagnies internet: quelles sources d’énergie? | Responsabilité sociale

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