Jobs dans la RSE: et le niveau intermédiaire?

Comme vous le savez si vous lisez régulièrement ce blog – et je vous en remercie! – je suis à la recherche d’un job dans la RSE. Il y a quelques semaines, un débat très intéressant avait eu lieu par rapport à la question de savoir ce que l’on peut accepter ou pas dans ce domaine.

Au cours de mes recherches, j’ai remarqué une chose: les postes proposés dans la RSE se répartissent en deux groupes: les postes à très haute responsabilité (directeur, etc.), et les postes de stagiaires. C’est vrai dans le monde francophone, moins chez les anglo-saxons. Concentrons-nous aujourd’hui sur la francophonie.

Me trouvant entre deux, la situation est un peu compliquée pour moi, et je suppose qu’elle l’est pour d’autres!

Cela dit, je pense que ce n’est pas dénué de signification et que ce constat nous renseigne passablement sur l’état de développement de la RSE chez nous.

Le côté top-management semble montrer que l’on prend ces questions au sérieux et que l’on souhaite intégrer des éléments de RSE dans la stratégie. On pourrait aussi penser qu’avoir un « Directeur RSE » a une fonction de légitimation: il s’agit de montrer que l’entreprise a conscience de ses responsabilités. Il y a peut-être un côté greenwashing, certes.

L’autre côté, celui des stagiaires montre que – j’en ai peur – l’on confie des tâches pourtant importantes (réunir les données pour le reporting, organiser des actions de sensibilisation au sein de l’entreprise, etc.) à des personnes ayant peu d’expérience – et que l’on paie pas ou peu. Combien de fois ai-je vu des cahiers des charges intéressants, pour me rendre compte ensuite qu’il s’agissait d’un poste de stagiaire pour 6 mois! La question de la durabilité et surtout de la cohérence est en jeu! Comment mettre en place des actions de type « employee engagement » si l’on change la personne qui s’en occupe tous les 6 mois?!

Selon moi, il manque clairement des fonctions de middle-management. Des personnes qui auraient une petite équipe à charge, 4-5 personnes, et qui pourraient ainsi mettre en place des projets efficaces et sur le moyen-court terme.

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8 réflexions sur “Jobs dans la RSE: et le niveau intermédiaire?

  1. Oui bien sûr, et j’ai notamment remarqué que pour avoir un poste intéressant (dans un département RSE ou DD d’une grande entreprise par exemple) il fallait en génétal être dans cette même entreprise depuis un moment, pour bien en connaitre les rouages. C’est logique mais pour de jeunes diplomés, il n’est pas toujours évident de faire ses premières armes dans ce milieu. Maintenant, la passion, l’engagement et la détermination devraient permettre aux plus persévérants de réaliser leurs rêves!

  2. Oui, j’ai aussi remarqué qu’on engageait souvent à l’interne pour ce genre de poste. On recherche justement la passion et l’engagement dont vous parlez au sein de l’entreprise, et on confie un poste à cette personne qui est sensible aux enjeux de la RSE.
    De ce fait, je m’oriente souvent vers des CDD, qui font donc plus facilement appel à quelqu’un de l’extérieur!

    Croisons donc les doigts pour nous-mêmes, et continuons d’être persévérants!

  3. Entièrement d’accord.Les jeunes diplômés ou junior en RSE/DD ne paraissent pas suffisamment expérimentés pour accéder aux postes proposés actuellement qui sont des postes de plus en plus stratégiques. Et les postes de stagiaires de 6 mois voire un an sont clairement des postes de chargé(s) de mission d’entrée/junior déguisés. Il y a clairement un gap important au niveau ‘middle-management’. Les entreprises doivent prendre conscience que pour être pleinement efficaces, il y a (encore plus que dans d’autres départements vu le sujet) effectivement une nécessité de continuité de suivi pour beaucoup de projets DD (le long terme!!) en allant plus loin que des cumul de stagiaires 6 ou 12 mois. Il est évident que pour les postes dits ‘in-houses’ les personnes recrutées le sont en interne. Je pense que la donne changera quand la RSE et le DD seront inévitables, incontournables pour l’entreprise. Je pense également que des changements organisationnels de la fonction DD sont a prévoir dans les années a venir et que ce seront alors de plus en plus des postes intégrés au coeur des métiers plutôt que dans un département RSE/DD séparé.

  4. Merci pour ce commentaire Marion! Je vous rejoins entièrement par rapport à ce « paradoxe » qui consiste à engager des personnes sur des courtes durées pour travailler sur des projets qui s’affichent clairement sur le long terme.

    Votre point de vue sur l’intégration des postes au coeur des métiers me paraît très intéressant. Comment voyez-vous cela?

  5. Je vais prendre l’exemple d’une banque ou d’une institution financière lambda, pour avoir déjà travaillé dans ce secteur. Qui de mieux placé, qu’un financier spécialisé en DD pour parler au front-office et proposer des solutions financières durables ou plus responsables par exemple? Il sera certainement plus crédible et compris, s’il parle le même ‘langage’ que ses interlocuteurs, s’il a conscience des enjeux que ses interlocuteurs rencontrent au quotidien. Ainsi en comprenant les difficultés rencontrées, l’expert DD peut personnaliser et offrir des solutions DD pleinement adaptées aux équipes. Il prendra peut être en compte des facteurs ‘terrains’ qu’un chargé de mission DD classique des départements généraux actuels RSE/DD n’a pas connaissance. C’est pourquoi je pense que les professionnels qui reprennent un master/formation pour se spécialiser en DD pendant un an et qui reviennent dans leur entreprise d’origine par exemple avec cette nouvelle compétence peuvent permettre de tisser ce réseau interne d’ambassadeurs DD dans leurs entreprises. Ca n’empêche qu’il faudra toujours des ‘stratèges généraux’ en DD au niveau de l’approche/stratégie globale de l’entreprise, comme la communication, RP les RH ou le marketing. Qu’en pensez-vous?

  6. D’accord, je comprends mieux! J’en connais quelques uns à vrai dire. J’ai remarqué que l’on prend souvent des gens qui ont à la base une passion pour le DD – comme je le dis dans un commentaire plus haut – et on leur offre une formation. Parfois même on crée un poste pour eux. C’est une bonne façon de faire, comme vous le dites, dans la mesure où la personne « connait la maison », ainsi que le métier.
    Il n’empêche effectivement qu’il faut des personnes du type « stratèges généraux », ne serait-ce que pour avoir quelqu’un qui ait une vue d’ensemble. Je suis en train de « tester » les pratiques de type RSE qui s’adressent aux employés du BIT, et je me rends compte que si les mesures prises sont judicieuses, il n’y a pas une personne en charge de tout superviser. Chacun fait donc ses affaires dans son coin, et tout cela manque de cohérence.

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