Parlez de vos fournisseurs!

Je suis récemment allé manger des Burgers au Holy Cow, à Lausanne. Outre le fait qu’ils étaient excellents, j’ai été frappé par les photos que l’on trouve un peu partout dans leurs locaux, telles que celle que j’affiche ici.

Cette simple photo nous enseigne 3 leçons en matière de transparence sur les fournisseurs:

  1. Donnez un nom et un visage à vos fournisseurs. Rendez-les humains, vous travaillez avec eux et leur accordez votre confiance. Si vous faites du business avec eux, c’est parce que vous le voulez, et parce qu’ils le veulent. Ils vous fournissent des produits de qualité, vous pouvez donc parler d’eux à vos stakeholders!
  2. Soyez fiers de vos fournisseurs. Vous n’avez pas à avoir honte d’eux, n’est-ce pas? Si vous hésitez à en parler, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche. Il faut alors sérieusement envisager d’en changer!
  3. Parlez de vos fournisseurs là où vous serez entendu. La photo ci-dessus se trouve sur un des murs de leur restaurant. Les clients ont donc tout à loisir de la contempler. Vos déclarations concernant vos fournisseurs sont faites pour être lues, vues, entendues. Pas pour être insérées entre deux paragraphes d’une newsletter que personne ne lit.

Volontariat d’entreprise: responsabilité sociale ou philanthropie?

J’ai récemment lu un article qu’un membre de ma famille avait découpé dans le journal en me disant « C’est ton domaine. ». Le titre de l’article indiquait en effet qu’on y parlait de responsabilité sociale de l’entreprise.

En le lisant plus en profondeur, j’ai réalisé que cet article parlait de volontariat d’entreprise. Ce qui m’a fait grimacer. Mélanger RSE et volontariat d’entreprise me pose un problème. Le volontariat d’entreprise n’est pas de la RSE. Dans l’article que je lisais, on montrait comment telle banque était responsable car elle « prêtait » ses employés à telle commune pour une journée de nettoyage des bords du Rhône. Et on nous expliquait que cette banque était de ce fait une entreprise responsable.

Toute activité dans une entreprise, pour pouvoir être considérée comme relevant de la RSE, doit pouvoir être liée au core business de celle-ci. Des banquiers qui vont nettoyer les bords du Rhône, c’est bien, certes, mais ça n’a rien à voir avec la banque. C’est de la philanthropie d’entreprise, car la banque met à disposition le temps de ses employés (et donc son argent) pour une cause. Des banquiers qui mettent au point un programme de micro-crédit, c’est bien, et c’est en relation avec le domaine bancaire: c’est de la RSE. La banque pourra en retirer un bénéfice.

J’émets par contre une petite nuance. Si on nous avait dit que la banque permettait à ses employés de prendre une journée (ou plus) pour se consacrer à un projet de type volontariat qui est important à leurs yeux, on se serait alors trouvé face à de la RSE. Car une telle mesure permet aux employés de se réaliser, de faire quelque chose qui a de la valeur à leurs yeux. Ils seront dès lors plus motivés dans le cadre de leur travail.

Mettre vos employés au centre de vos préoccupations et vous assurer de leur bien-être, c’est de la RSE. Les envoyer faire une quelconque activité de volontariat une journée par an, c’est de la philanthropie.

Si vous êtes intéressés par le volontariat d’entreprise, je vous recommande la lecture du site de Chris Jarvis, Realizing Your Worth.

Comment Sir Alex Ferguson implémenterait votre stratégie RSE

En cette journée de finale de Ligue des Champions, je ne peux m’empêcher de reprendre et traduire ici un article que j’ai particulièrement apprécié lorsque je l’ai lu il y a quelques mois. Il a été écrit par Ben Kellard, et on trouve la version originale ici. La traduction implique la perte de nombreuses subtilités et jeux de mots entre le monde du football et celui du business, malheureusement!

Aux prises avec la mise en œuvre d’un projet ou une stratégie de durabilité? Ces quatre étapes sont celles que Sir Alex Ferguson pourrait suggérer, basées sur son expérience de la compétition impitoyable qui est celle du football.

Certes, vous ne pouvez pas surveiller vos concurrents pendant 90 minutes chaque semaine comme Manchester United. Mais vos adversaires seront tout aussi déterminé à vous surpasser, et l’amélioration de la durabilité est un moyen essentiel de se différencier.

Comment aller plus vite et plus loin que vos adversaires?

1. Identifier les joueurs clés

En supposant que vous ayez une stratégie ou projet approuvé, qui sont vos Rooney et Ferdinand? Qui va faire ou défaire la performance et vers qui se tournent les autres lorsqu’ils recherchent du leadership? Dans les organisations, ce sont souvent les cadres moyens influents et les cadres supérieurs qui déterminent le succès d’une stratégie. Il est donc essentiel que vous sachiez qui ils sont.

2. Mettez-vous d’accord sur la tactique

Jouez-vous un 4-4-2 basé sur les longs ballons ou un 3-5-2 basé sur la possession? Faites participer vos joueurs clés pour décider de la tactique que vous allez utiliser afin de réaliser la stratégie. En faisant cela, vous bénéficiez de leur expérience et de leur perspicacité, et vous vous assurez qu’ils sont déterminés à appliquer la tactique.

De nombreuses organisations tombent dans le piège de passer des objectifs stratégiques directement à la mise en œuvre de projets spécifiques ou d’initiatives sans se prononcer sur la meilleure approche tactique. Par exemple, vous pouvez avoir pour objectif stratégique de devenir neutre en carbone, mais comment allez-vous faire? Est-ce que vous vous concentrez sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, de compensation ou une combinaison des trois? Chacune d’elles est un choix tactique. Vous devez choisir vos tactiques avant de pouvoir passer à la mise en œuvre – sinon vous risquez de créer de la confusion et la frustration.

3. Gardez la gestion à vos côtés

Donc, vous avez convenu avec vos joueurs clés de ce que vous allez faire. Vous avez maintenant besoin de garder la gestion – ou l’équipe de direction à vos côtés. Souvent, cela signifie tout simplement les mettre à jour sur votre plan et de leur donner l’occasion de contribuer avant de le mettre en action. Cela permettra d’assurer que les cadres peuvent voir comment votre plan appuiera les objectifs de l’organisation.

Si vos cadres savent que vous avez consulté leurs managers influents, ils seront beaucoup plus confiant quant à la réussite de votre projet. Leur autorisation donnera également confiance à ceux qui implémentent le plan.

4. Jouez, adaptez, mesurez

Maintenant, vous êtes prêt à jouer le match. Lorsque vous y serez, n’oubliez pas de vous regrouper de temps en temps pour savoir comment ça se passe et apporter les modifications nécessaires.

La durabilité est susceptible de remettre en question votre organisation sous un nouvel angle, alors donnez-vous l’opportunité de vous y attaquer. Choisissez les bonnes statistiques de match pour savoir si vous êtes sur la bonne voie et utilisez-les pour vérifier vos progrès.

C’est aussi l’occasion de faire participer l’ensemble de l’équipe en leur donnant des rôles et la liberté pour contribuer. Vous pourrez engager encore plus d’employés en célébrant le succès lorsque finalement vous ferez trembler les filets!

Absence

Ces quelques lignes pour vous dire que je suis depuis aujourd’hui à l’armée, et ce pour 3 semaines.

Expérience tout sauf responsable, qui va sans doute m’empêcher d’écrire et réagir sur ce blog comme j’aimerais le faire. J’espère toutefois pouvoir écrire un article au cours du week-end!

A bientôt!

Jouer au travail: une activité responsable?

J’avoue être très intéressé à la possibilité d’intégrer le jeu dans le monde du travail. Les anglophones appellent ça la « gamification », soit l’usage de techniques ludiques dans des contextes non-ludiques. Pourquoi en parler ici, quel est le lien avec la responsabilité sociale, me direz-vous peut-être. Si l’on se concentre par exemple sur le bien-être des employés sur leur lieu de travail, le lien est évident.

Dans ce domaine, on peut citer le cas de Next Jump, une entreprise proposant des solutions d’incitations et récompenses. Lorsqu’ils ont voulu aider leurs employés à se maintenir en bonne santé afin de réduire les coûts liés à la santé et à l’absentéisme, ils se sont tournés vers la gamification.

Chez Next Jump, il existe un « Fitness Challenge« . Plusieurs équipes s’affrontent dans une compétition basée sur la fréquentation. Toute activité de remise en forme est prise en compte via une application et permet de marquer des points. Les vainqueurs reçoivent des points de santé, crédités par exemple à leur épargne santé. L’introduction de ces mécanismes de coopération (on est en équipe) et de compétition (introduction d’un classement permettant de comparer les performances des équipes) a permis d’augmenter le temps et la fréquence d’entraînement des employés de 70%.

Santé améliorée, coûts réduits. On a affaire à une situation win-win intéressante, et ludique!