« Achetez moins » – Patagonia augmente ses ventes!

Vous l’aurez peut-être vu, Patagonia a lancé il y a quelques années une campagne intitulée « Buy Less ». L’entreprise incitait ses (potentiels) clients à acheter moins, afin d’être plus responsables, plus soucieux de l’environnement. Un exemple des plus frappants ici et un article intéressant peut être lu .

Pendant les 2 ans qu’a duré cette campage, Patagonia a … augmenté ses ventes de 38%.Patagonia Buy Less

Alors, peut-on dire que le fabricant de vêtements américain a fait preuve d’une hypocrisie sans pareil? A mon avis, non. On peut même parler de génie. En effet, cette campagne Buy Less est couplée avec le fait que Patagonia propose des produits de grande qualité, qui plus est « garantis à vie ». Par conséquent, si je prends le parti de cette campagne et décide d’acheter moins, je vais typiquement me tourner vers ce genre de produits – peut-être un peu plus chers mais que je pourrai garder longtemps, et donc acheter moins sur le long terme.

Ce qui est intéressant de noter ici, du point de vue de la responsabilité sociale, c’est que Patagonia définit les règles du jeu. La compagnie dit qu’il faut acheter moins – elle pointe donc du doigt un « problème »: la surconsommation. Et justement, la solution à ce problème, Patagonia vous la propose en mettant à votre disposition des produits de qualité, qui dureront très longtemps.

La définition des enjeux, la définition des règles du jeu, la mise à l’agenda des problèmes qui doivent être traités, tout cela doit être primordial dans la création d’une stratégie d’entreprise prenant en compte la RSE. Si une entreprise arrive à prendre ce rôle de définition de l’agenda, elle aura une avance significative sur ses concurrents.

Prix Entrepreneure Responsable 2014

Entrepreneure socialePour la 4ème année consécutive, EuropeanPWN organise le Prix de l’Entrepreneure Responsable en partenariat avec Aviva et Helena Rubinstein. Ce prix a pour vocation de récompenser une femme créatrice d’une entreprise de moins de 5 ans et ayant un business model solide et comprenant une dimension sociale et environnementale. Une initiative qui mérite un peu de publicité!

Les projets récompensés au cours des années précédentes sont très intéressants:

  • Samantha Pastour, la dernière lauréate et créatrice de Bill’iz ®, une plateforme internet proposant des solutions durables pour donner une seconde vie aux objets.
  • Cécile Galoselva active dans l’immobilier pour les entreprises avec Etic – Foncièrement responsable.
  • Valérie Delesalle, qui se focalise sur le recyclage de gobelets avec Versoo.

Les dossiers sont jugés selon 3 critères principaux :

  • La démarche et l’impact sociétal, social et/ou environnemental du projet ou de l’entreprise, que ce soit dans son objet (exemples : santé, environnement, commerce équitable, éducation, lutte contre la pauvreté ou contre les discriminations), ou dans sa stratégie (exemples : management de la diversité, dialogue social, gestion du cycle de vie du produit, économies d’énergie…);
  • La viabilité financière du projet;
  • Le besoin en accompagnement et en réseau de la candidate, qui détermine la composition du Comité d’Accompagnement que lui fournit le réseau pendant douze mois.

Cette année en France, l’Etat a montré sa volonté de promouvoir l’entrepreneuriat et notamment d’inciter et de soutenir les créateurs d’entreprise. Parmi eux, 30% sont des créatrices. Les femmes entrepreneures commencent à s’imposer dans ce milieu encore très masculin.

L’appel à candidatures est ouvert du 16 septembre au 16 novembre minuit pour des projets venant de France.

Y aurait-il des lectrices intéressées à se présenter? Vous pouvez en apprendre plus ici.

Responsabilité sociale zen

Montre zenJ’ai l’intime conviction que l’avenir de la responsabilité sociale est ancré dans sa capacité à innover, à proposer des solutions nouvelles aux problèmes qu’elle rencontre. Une bonne façon d’innover est de trouver un lien entre deux domaines apparemment distincts.

J’ai toujours pensé que les approches dites « zen » avaient beaucoup à apporter non seulement au monde du travail, mais plus particulièrement à la responsabilité sociale d’entreprise. Loin d’être un expert en la matière, j’ai tout de même lu quelques livres et articles sur le sujet, et cela m’a conforté dans mon idée.

J’ai été ravi de lire récemment un article nous apprenant que Google – et d’autres entreprises – se sont engagées sur cette voie. On y apprend en effet que le maître zen Thich Nhat Hanh a rendu visite à de nombreuses entreprises pour leur délivrer quelques enseignements. Parmi ceux-ci, certains ont retenu mon attention:

  • Vous n’avez pas besoin d’être numéro 1 pour être heureux. On peut aussi bien réussir et être satisfait de sa vie professionnelle sans pour autant verser dans la compétition à tout prix.
  • La nécessité d’avoir une dimension spirituelle dans le business. Voila qui est plutôt intriguant, non? Et sensible selon la façon que l’on définit « spirituel ». Mais je crois que cela vaut la peine de se pencher sur le sujet.
  • Il n’est pas nécessaire de toujours se fixer un but: on peut être heureux ici et maintenant. Cela rejoint en quelques sortes le premier point. Il s’agit aussi d’éviter les frustrations. Profiter de ce qui est là, maintenant, permet d’apprécier à sa juste valeur ce que l’on possède, plutôt que de se perdre sur ce que l’on souhaiterait posséder, être, devenir.
  • Il y a une dualité dans la technologie. Il est intéressant de noter que si Thich Nhat Hanh parle des méfaits de la technologie – être toujours joignable partout, etc. – il parle aussi des bienfaits que celle-ci peut avoir si elle est utilisée avec les bonnes intentions. Comme par exemple développer des applications et des appareils qui pourraient nous faire retrouver un certain équilibre.

Au-delà de la « hype » qui peut entourer ce genre d’idées – et rapidement s’essouffler – j’ai toujours trouvé cette approche zen intéressante. Que ce soit pour la vie professionnelle ou privée.

Qu’en pensez-vous? Effet de mode ou vraie source de bonnes idées?

Soyez créatifs!

There are no longer any great jobs where someone else tells you precisely what to do. – Seth Godin

Ce qu’il y a de bien dans la responsabilité sociale, c’est que c’est un domaine qui en appelle à notre créativité. Alors aujourd’hui, vous n’avez pas besoin de moi, ou de qui que ce soit qui vous dise comment faire. Ou si peu:

  • Éteignez votre ordinateur.
  • Prenez un bloc de feuilles, un crayon et une gomme. C’est important d’avoir une gomme, ça permet de se lancer sans avoir peur de se tromper: on peut toujours effacer.
  • Installez-vous confortablement.
  • Créez votre nouveau projet RSE, quel qu’il soit.

Et si d’aventure vous rallumez votre ordinateur dans la journée, ou demain, ou dans une semaine, venez nous en parler!

Communication sociale et environnementale: quels canaux?

J’ai récemment lu un article intéressant sur la façon dont les entreprises communiquent à propos de leur performance environnementale et sociale. Un élément a particulièrement attiré mon attention, il s’agit de ce graphique:

How companies learn that a company is socially responsible

Ce graphique décrit la façon dont les gens apprennent qu’une compagnie est responsable. Se dégagent assez largement en tête trois media: expérience personnelle avec le produit/la compagnie; articles/news; et publicité.

Ce qui m’a marqué, c’est qu’il s’agit là de façon de communiquer plutôt unilatérale. Si l’on prend le cas d’une publicité, un message est envoyé aux consommateurs. Point. Alors que les médias sociaux, qui permettraient un vrai échange entre l’entreprise et les consommateurs, arrivent en dernière position.

Autant dire qu’il reste du travail à faire à ce niveau! La prochaine génération de consommateurs est celle qui a grandi avec Facebook, il ne faut pas les rater. Ces consommateurs auront envie de pouvoir commenter, partager, ou simplement « liker » ce qu’ils auront appris sur votre entreprise. Alors bien sûr, c’est un risque. Un risque d’avoir des retours négatifs parce que la performance n’est pas satisfaisante, ou parce que l’on pourrait vous accuser de greenwashing. Mais une communication claire, précise et honnête réduira fortement ce risque.