« Achetez moins » – Patagonia augmente ses ventes!

Vous l’aurez peut-être vu, Patagonia a lancé il y a quelques années une campagne intitulée « Buy Less ». L’entreprise incitait ses (potentiels) clients à acheter moins, afin d’être plus responsables, plus soucieux de l’environnement. Un exemple des plus frappants ici et un article intéressant peut être lu .

Pendant les 2 ans qu’a duré cette campage, Patagonia a … augmenté ses ventes de 38%.Patagonia Buy Less

Alors, peut-on dire que le fabricant de vêtements américain a fait preuve d’une hypocrisie sans pareil? A mon avis, non. On peut même parler de génie. En effet, cette campagne Buy Less est couplée avec le fait que Patagonia propose des produits de grande qualité, qui plus est « garantis à vie ». Par conséquent, si je prends le parti de cette campagne et décide d’acheter moins, je vais typiquement me tourner vers ce genre de produits – peut-être un peu plus chers mais que je pourrai garder longtemps, et donc acheter moins sur le long terme.

Ce qui est intéressant de noter ici, du point de vue de la responsabilité sociale, c’est que Patagonia définit les règles du jeu. La compagnie dit qu’il faut acheter moins – elle pointe donc du doigt un « problème »: la surconsommation. Et justement, la solution à ce problème, Patagonia vous la propose en mettant à votre disposition des produits de qualité, qui dureront très longtemps.

La définition des enjeux, la définition des règles du jeu, la mise à l’agenda des problèmes qui doivent être traités, tout cela doit être primordial dans la création d’une stratégie d’entreprise prenant en compte la RSE. Si une entreprise arrive à prendre ce rôle de définition de l’agenda, elle aura une avance significative sur ses concurrents.

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Quel avenir pour le dialogue avec les stakeholders?

LostintranslationLe Brunswick Group a récemment publié un rapport: The Future of Stakeholder Engagement. 130 professionnels seniors de la communication, en Europe, ont été interrogés, en ligne, sur leurs pratiques. Parmi les nombreuses conclusions tirées de ce rapport, deux ont particulièrement attiré mon attention:

  1. Dans la plupart des organisations étudiées, le dialogue avec les stakeholders a tendance à être ad hoc (79%) plutôt que stratégique. Et seulement 29% utilisent des indicateurs de performance spécifiques pour mesurer le succès de leur engagement.
  2. A l’heure actuelle, les « communicateurs » ont plus tendance à engager le dialogue avec des stakeholders « classiques » (employés, fournisseurs, clients, etc.), qu’avec des stakeholders moins traditionnels (ONG, groupes de consommateurs, etc.)

Des conclusions qui, je dois l’admettre, me surprennent un peu. Je ne pensais pas que le pourcentage de communications stratégiques avec les stakeholders serait si bas. Ni d’ailleurs que les ONG soient toujours classées dans les interlocuteurs « non-traditionnels ».

Il reste du chemin à parcourir, ça ne fait aucun doute. Une stratégie de communication avec ses stakeholders, traditionnels ou non, est pourtant simple à établir. Il s’agit maintenant de véritablement généraliser cette conception selon laquelle les questions de RSE doivent avoir un aspect stratégique, et ne pas fonctionner sur un mode de simple réaction à un problème.

Un rapport à consulter, donc, pour quiconque est intéressé par le sujet et souhaite dépasser l’approche actuelle.