Compte-rendu et impressions sur Two Birds in a Tree

Two birds in a treeEn début d’année, je publiais ici même une liste de 9 livres à lire en 2014. Parmi ceux-ci, Two Birds in a Tree, de Ram Nidumolu. L’ayant terminé il y a peu, j’ai pensé qu’il serait intéressant d’en écrire un petit compte-rendu.

Le principe du livre est de s’appuyer sur la « sagesse indienne » et d’en tirer des recommandations pour les « business leaders » d’aujourd’hui et de demain. L’idée m’a intéressé, car j’ai pensé que cela pouvait être judicieux de mélanger ces deux aspects. Mais j’étais également quelque peu sceptique, car ces mélanges se limitent trop souvent à des accroches ou des phrases-chocs, sans vraiment être innovateurs.

J’aimerais m’attarder sur 3 aspects de ce livre, en espérant que cela pourra vous aider à vous faire une idée sur sa valeur!

Premièrement, qui sont ces oiseaux? On l’aura compris, ils sont deux, et sont sur un arbre. Le premier se trouve sur les branches basses. Il est très occupé à manger les fruits mûrs, et sa position ne lui permet pas de voir la forêt qui se trouve autour de lui, et encore moins ce qu’il y a au-delà. Le second oiseau se trouve quant à lui sur les branches hautes. Il a une vue d’ensemble sur les choses, du fait de sa position élevée. Nidumolu nous explique que nous avons ces deux oiseaux en nous. Une partie de nous travaille d’arrache-pied, concentrée sur des préoccupations très terre-à-terre. De ce fait, nous sommes parfois aveugles aux choses qui se passent autour de nous. Nous devons donc faire l’effort d’atteindre – également, les deux ne sont pas mutuellement exclusifs – l’oiseau se trouvant plus haut: c’est lui qui nous permet de prendre du recul, d’avoir une vue d’ensemble. C’est aussi lui qui nous permet de nous rendre compte que tout est lié, tout est connecté.

Ce qui m’amène au 2e aspect central du livre: l’Être (« Being » dans la version originale). Cet Être est l’essence de toute chose, il s’agit de la nature de l’existence elle-même. Il s’agit aussi de l’oiseau se trouvant sur les hautes branches. L’idée est surtout que tout provient de cette même source, et que donc tout est lié. Cela implique que si nous faisons du mal à ce qui entoure notre business, nous faisons du mal à notre business et à nous-mêmes. Un concept qui se rapproche de celui de l’économie écologique, où l’on considère que l’économie est un écosystème faisant partie, influençant et étant influencé par un plus grand écosystème. L’un des objectifs du livre est donc de montrer en quoi un leadership centré sur l’Être (Being-Centered) est la bonne voie à suivre.

Enfin, un troisième aspect est la feuille de route vers ce leadership centré sur l’Être. Elle est résumée par l’acronyme REAL:

  • Reconnaître une réalité supérieure, ou un contexte plus large, connecté à l’Être.
  • Expérimenter cette reconnaissance à travers notre conscience.
  • Ancrer cette expérience dans un état d’esprit basé sur la joie afin d’approfondir notre reconnaissance et de créer une base pour notre pensée et pour nos actions.
  • Guider par l’exemple (Lead by example), afin d’être un leader centré sur l’Être par la pensée, les mots et les actes.

J’avoue ne pas encore vraiment savoir ce que je pense de ce livre! La perspective utilisée est intéressante, et l’image des deux oiseaux me parle beaucoup. D’un autre côté, je trouve l’utilisation des autres paraboles du livre peu pertinente, de même que certains Upanishads – sortes de paroles de sagesse – que l’on trouve tout au long du livre.

J’ai aussi conscience que ce livre peut paraître peu novateur lorsque l’on est déjà familier avec le développement durable et la RSE: liens entre mes actions et leurs effets sur l’environnement, rôle de l’entreprise dans la société et dans la nature, etc. D’ailleurs, les CEO mentionnés en exemple sont pour la plupart les usual suspects que l’on retrouve dans tous les livres sur la RSE: Anita Roddick, Jeffrey Swartz, Jochen Zeitz, etc. J’ai eu l’impression de lire un livre sur la RSE, mais qui ne disait pas son nom!

Au final, un bon livre, selon moi, mais pas indispensable!

#RSE: 10 comptes Twitter francophones à suivre

RolodexAprès un premier article sur le sujet, je tenais à vous fournir une fois de plus quelques recommandations de comptes Twitter à suivre! 10 nouveaux comptes, donc, et pas des moindres!

  1. Coline Vaillant: Coline travaille chez Enablon – l’entreprise travaillant à des solutions informatiques pour le développement durable – et tweet sur tout ce qui a trait à la durabilité et à la communication.
  2. Chloé Moitié: « Kloe » ne tweet pas toujours sur la RSE, mais ses domaines d’intérêts (énergie, médias, etc.) font qu’elle est plus que souvent une source d’information particulièrement utile pour la responsabilité sociale.
  3. Valérie Martin: Valérie nous parle de communication responsable, et comme elle est plus que proche de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie – Ministère français de l’écologie), les thématiques qu’elle aborde sont toujours à la pointe de l’information!
  4. Prisca Nadine: je ne la suis pas depuis très longtemps, mais j’ai pu remarquer qu’elle fournit toujours des informations pertinentes, notamment en matière de communication et de campagnes sur des thèmes touchant à la RSE.
  5. Eric Feront: Eric, en plus d’être fort sympathique et lecteur régulier de ce blog, est un consultant dans le domaine de la RSE. Je vous encourage fortement à vous rendre sur ses sites CSR & Management et NFP Consulting; ce dernier traitant du secteur « non-profit », un thème peu abordé.
  6. Florin Goutal: Florin a lui aussi un site sur la RSE, qui vaut la peine d’être consulté. Il parle volontiers de Responsabilité Sociale dans toutes les Organisations, ce qui fait que ses tweets balaient un large champ.
  7. Stéphane Néreau: Stéphane a une approche très liée au risk management, ce qui lui donne un regard particulier sur la RSE – à suivre donc, surtout si vous voulez élargir votre vision de la responsabilité sociale.
  8. Vincent Helfrich: il est enseignant chercheur, ce qui lui donne ce regard académique si utile sur ce sujet encore mal délimité qu’est la RSE. Travaillant moi-même à l’Université de Genève, j’apprécie tout particulièrement le contenu de ses tweets!
  9. Institut RSE: un institut orienté vers le reporting extra-financier, et des tweets qui vont de pair: que demander de plus?!
  10. ADEME: enfin, l’ADEME! Des tweets pertinents sur l’actualité de l’environnement, en France et ailleurs!

La liste complète est disponible ici, et je suis bien sûr toujours preneur si vous avez des suggestions!

Des bonus pour la RSE?

ShipwreckDans le monde de l’entreprise, les « récompenses » prennent souvent la forme de bonus. Bonus parce que l’on a particulièrement bien performé: hausse du cours de l’action, bonnes ventes, réalisation d’un projet spécifique, etc.

Mais est-on récompensé pour quelque chose qui ne s’est pas produit? Est-on récompensé pour avoir évité que quelque chose ne se passe? Je ne crois pas avoir entendu parler d’un dirigeant ayant reçu une prime pour avoir évité une catastrophe.

A première vue, cela ne paraît pas usurpé: on peut considérer que c’est la moindre des choses que de ne pas avoir de gros problèmes. C’est le cours normal des choses. Certains diront que ce serait comme donner une récompense à quelqu’un parce qu’il respire.

Mais dans le monde de la responsabilité sociale, est-ce que cela ne fait pas du sens? Notre job consiste – aussi – à éviter les problèmes. Catastrophes environnementales, problèmes sociaux, risques réputationnels allant de pair, etc.

Le fait est que ça n’arrive jamais! Mais faisons travailler notre imagination:

  • Il pourrait exister une prime pour anticipation de la loi: si le département RSE avait pris des mesures par anticipation d’une loi et que celle-ci devient effective, celui-ci reçoit une prime.
  • Une prime au cas où l’entreprise réussit à instaurer une nouvelle norme en matière de RSE: dans le travail des enfants, dans le traitement des déchets, le commerce équitable, etc.
  • Une prime si l’année s’écoule sans la moindre catastrophe écologique ou sans le moindre problème social.

Et vous, auriez-vous des suggestions pour des primes spécifiquement liées aux actions de RSE?

Responsabilité sociale fait peau neuve!

Après 3 ans et demi de bons et loyaux services, j’ai décidé de remercier le thème « Notepad » de ce site pour changer et évoluer vers un aspect plus épuré, plus clair.

Mais comme toujours, j’aime consulter les lecteurs! Qu’en pensez-vous?

Aussi, je profite de ce petit article pour vous dire que j’ai commencé il y a un peu plus d’une semaine un cours sur l’entrepreneuriat social – corde qui manquait assurément à mon arc. J’espère pouvoir publier un article parlant de tout ceci plus en profondeur, car je suis persuadé que ce domaine et celui de la RSE sont très liés.

Dans le cadre de cours, plusieurs groupes sont formés, avec l’objectif de créer une véritable entreprise sociale. Le meilleur projet retenu recevra un financement, basé sur un fonds créé pour l’occasion. Si vous voulez contribuer à ce fonds, c’est ici. Je ne manquerai pas de vous tenir au courant!

Chiffres et idées sur la responsabilité sociale

En août de cette année, Grant Thornton – une compagnie d’audit et de conseil – a publié un rapport sur la responsabilité sociale. Dans Corporate Social Responsibility: beyond financials, la branche britannique du groupe nous propose une analyse de la RSE dans le monde. Ne ne sont donc pas moins de 2500 entretiens qui ont été menés avec des leaders issus de 34 pays.

J’ai été interpelé par deux graphiques que l’on trouve dès l’executive summary de l’étude:

RapportLe premier de ces graphiques nous dit quelles sont les principales motivations poussant les entreprises à adopter des pratiques responsables. La gestion des coûts arrive en première place, suivie de la demande des clients, le fait que c’est « la bonne chose à faire », puis la gestion de la marque.

Si l’on me permet de regrouper deux catégories en une, la 2e et la 4e, on se retrouve avec 3 motivations principales qui sont: gestion des coûts, éthique, et image.

Je trouve intéressant de voir que « la bonne chose à faire » ne récolte que 62% de mention. Ce qui signifie surtout que 38% des interviewés ne voient pas cela comme l’une des motivations principales. Même si je ne suis pas dupe, je trouve que c’est beaucoup. Cela rejoint le débat de la semaine passée: la responsabilité sociale est motivée par deux aspects, l’éthique et les considérations purement « business ». Deux aspects à-priori complémentaires, mais qui, à en croire les chiffres avancés par Grant Thornton, ne vont pas nécessairement de soi pour nombre de dirigeants.

Dans l’autre graphique, on peut voir quelles sont les principales initiatives entreprises par les compagnies. Plus précisément, il s’agissait de répondre à la question « Parmi les initiatives suivantes, lesquelles avez-vous entreprises l’année précédente? »

Là aussi, j’ai été frappé par la nature des réponses: sur les 6 initiatives clés qui ressortent, 3 n’auraient pas leur place dans ce que je considère être de la RSE. Donner de l’argent, ou des produits/services à des charités, de même que participer à des activités de type est tout à fait louable, certes, mais ce n’est selon moi pas de la RSE. C’est de la philanthropie d’entreprise. Et ce type d’initiative a donc été cité plus souvent que d’autres qui n’apparaissent pas sur le graphique ci-dessus, telles que par exemple utiliser des produits ou services locaux, issus du commerce équitable, ou bio; ou alors changer des produits ou services pour réduire leur impact social.

Encore une fois, je n’ai rien contre la philanthropie d’entreprise, mais ce n’est à mon sens pas comme cela que l’on a le plus grand impact, que l’on fait changer les choses. Alors quand je vois que seuls 3 des 6 initiatives citées par des hauts dirigeants comme étant clés pour leur responsabilité sociale sont véritablement du ressort de la RSE, je m’interroge!

Et vous, que vous inspirent ces chiffres? Optimisme, pessimisme, scepticisme?