Chiffres et idées sur la responsabilité sociale

En août de cette année, Grant Thornton – une compagnie d’audit et de conseil – a publié un rapport sur la responsabilité sociale. Dans Corporate Social Responsibility: beyond financials, la branche britannique du groupe nous propose une analyse de la RSE dans le monde. Ne ne sont donc pas moins de 2500 entretiens qui ont été menés avec des leaders issus de 34 pays.

J’ai été interpelé par deux graphiques que l’on trouve dès l’executive summary de l’étude:

RapportLe premier de ces graphiques nous dit quelles sont les principales motivations poussant les entreprises à adopter des pratiques responsables. La gestion des coûts arrive en première place, suivie de la demande des clients, le fait que c’est « la bonne chose à faire », puis la gestion de la marque.

Si l’on me permet de regrouper deux catégories en une, la 2e et la 4e, on se retrouve avec 3 motivations principales qui sont: gestion des coûts, éthique, et image.

Je trouve intéressant de voir que « la bonne chose à faire » ne récolte que 62% de mention. Ce qui signifie surtout que 38% des interviewés ne voient pas cela comme l’une des motivations principales. Même si je ne suis pas dupe, je trouve que c’est beaucoup. Cela rejoint le débat de la semaine passée: la responsabilité sociale est motivée par deux aspects, l’éthique et les considérations purement « business ». Deux aspects à-priori complémentaires, mais qui, à en croire les chiffres avancés par Grant Thornton, ne vont pas nécessairement de soi pour nombre de dirigeants.

Dans l’autre graphique, on peut voir quelles sont les principales initiatives entreprises par les compagnies. Plus précisément, il s’agissait de répondre à la question « Parmi les initiatives suivantes, lesquelles avez-vous entreprises l’année précédente? »

Là aussi, j’ai été frappé par la nature des réponses: sur les 6 initiatives clés qui ressortent, 3 n’auraient pas leur place dans ce que je considère être de la RSE. Donner de l’argent, ou des produits/services à des charités, de même que participer à des activités de type est tout à fait louable, certes, mais ce n’est selon moi pas de la RSE. C’est de la philanthropie d’entreprise. Et ce type d’initiative a donc été cité plus souvent que d’autres qui n’apparaissent pas sur le graphique ci-dessus, telles que par exemple utiliser des produits ou services locaux, issus du commerce équitable, ou bio; ou alors changer des produits ou services pour réduire leur impact social.

Encore une fois, je n’ai rien contre la philanthropie d’entreprise, mais ce n’est à mon sens pas comme cela que l’on a le plus grand impact, que l’on fait changer les choses. Alors quand je vois que seuls 3 des 6 initiatives citées par des hauts dirigeants comme étant clés pour leur responsabilité sociale sont véritablement du ressort de la RSE, je m’interroge!

Et vous, que vous inspirent ces chiffres? Optimisme, pessimisme, scepticisme?