Petit Guide du Greenwashing

Il y a quelques années, j’avais écrit un guide du greenwashing (basé lui-même sur deux rapports, ici et ). Je republie ici les 10 points importants, à éviter absolument.

  1. Un langage approximatif. Les mots utilisés n’ont pas une signification très claire. Vous savez, vous, ce que signifie concrètement “éco-responsable”?
  2. Des produits verts produits par une compagnie “sale”. Comme par exemple des ampoules à faible consommation produites dans une usine qui polluent des rivières.
  3. Des images suggestives. Des fleurs qui sortent d’un pot d’échappement, vous trouvez ça normal?!
  4. Des revendications hors de propos. Mettre l’accent sur un petit aspect “vert” alors que tout le reste ne l’est pas.
  5. Le meilleur de la classe? Dire que l’on est un peu plus vert que les autres, même si les autres sont catastrophiques.
  6. Juste pas crédible. Qui veut une voiture qui respecte l’environnement?
  7. Du Gloubiboulga! On fournit des informations sous forme de jargon, que seul un scientifique pourrait vérifier.
  8. L’ami imaginaire. Labels ou une attestation semblant venir d’une tierce partie, mais ce n’est pas le cas.
  9. Pas de preuves. Ca pourrait être vrai, mais où sont les preuves?
  10. Des mensonges. Affirmations ou données totalement fabriquées.

Voila une grille au travers de laquelle chaque entreprise devrait faire passer ses projets « développement durables », afin de s’assurer de ne pas tomber dans le greenwashing.

« Benefit Corporation »

C’est avec plaisir que j’ai appris que Patagonia était devenue la première « Benefit Corporation » de Californie. Le concept de Benefit Corporation m’intéresse beaucoup, dans la mesure où il est légalement contraignant.

Une Benefit Corporation s’engage en effet :

  1. Avoir pour mission de créer un impact positif, socialement et environnementalement.
  2. Ce que l’obligation fiduciaire inclue des intérêts extra-financiers, tels que les prestations sociales, les préoccupations des employés et fournisseurs, et l’impact environnemental.
  3. Rapporter publiquement sa performance sociale et environnementale globale. Ce rapport doit se faire selon un standard tiers.

C’est un vrai progrès que de voir une entreprise s’engager légalement à passer d’un modèle shareholders (basé sur le retour aux actionnaires) à un modèle stakeholders, prenant en compte d’autres parties prenantes.

Une nouvelle année

Chères lectrices, chers lecteurs,

Une nouvelle année commence, j’en profite pour tirer un petit bilan. J’ai créé ce blog en mars 2011. Les objectifs étaient pour moi divers:

  • Echanger, avec les lecteurs de ce blog, nos points de vue concernant la responsabilité sociale d’entreprise.
  • Me pousser à me tenir au courant de l’actualité RSE, malgré le fait que j’aie quitté mon emploi.

Je dois dire que je suis satisfait. De nombreuses personnes sont venues commenter les articles, et nous avons pu discuter de diverses thématiques. Je me suis également efforcé de « rester à flot » concernant l’actualité.

Mais je dois aussi dire qu’il faudrait que je consacre un peu plus de temps à ce blog! J’aimerais pouvoir échanger davantage, notamment avec d’autres auteurs de blog sur la RSE. Je suis preneur si vos avez des recommandations!

Quoi qu’il en soit, je me réjouis d’ores et déjà de cette nouvelle année! Et je tenais à remercier chaque visiteur, occasionnel ou non, pour avoir pris un peu de temps et être venu commenter ou simplement lire quelques articles ici!

Très bonnes années à toutes et à tous, au plaisir de vous (re)lire!

Des chiffres, donnez des chiffres!

En formation cette semaine, j’ai eu l’occasion de manger à la cafétéria. J’ai pu constater que l’entreprise exploitant cette cafétéria avait laissé un message à l’attention de ses clients.

La photo est floue, mais si l’on regarde bien on peut lire sur le dernier paragraphe:

Ces dernières années, la mise en place de cette mesure nous a permis de réduire massivement le nombre d’heures de fonctionnement quotidien de nos équipements!

Je trouve cette initiative tout à fait louable, et d’autant plus louable qu’elle est communiquée aux clients.

Mais.

Qu’entend-on exactement par « réduire massivement »? S’agit-il d’une réduction de 20%? 50%? Plus? Est-ce une manière de pratiquer le greenwashing, pour masquer une réduction minime?

Pourquoi ne nous donne-t-on pas les chiffres? Il suffirait de donner un pourcentage de réduction pour crédibiliser cette information. On pourrait même imaginer un objectif. Et là, on serait loin des suspicions de greenwashing.

Ces dernières années, la mise en place de cette mesure nous a permis de réduire de 35% le nombre d’heures de fonctionnement quotidien de nos équipements. Notre entreprise s’est fixée comme objectif de porter cette réduction à 55% d’ici à 2015.