Des bonus pour la RSE?

ShipwreckDans le monde de l’entreprise, les « récompenses » prennent souvent la forme de bonus. Bonus parce que l’on a particulièrement bien performé: hausse du cours de l’action, bonnes ventes, réalisation d’un projet spécifique, etc.

Mais est-on récompensé pour quelque chose qui ne s’est pas produit? Est-on récompensé pour avoir évité que quelque chose ne se passe? Je ne crois pas avoir entendu parler d’un dirigeant ayant reçu une prime pour avoir évité une catastrophe.

A première vue, cela ne paraît pas usurpé: on peut considérer que c’est la moindre des choses que de ne pas avoir de gros problèmes. C’est le cours normal des choses. Certains diront que ce serait comme donner une récompense à quelqu’un parce qu’il respire.

Mais dans le monde de la responsabilité sociale, est-ce que cela ne fait pas du sens? Notre job consiste – aussi – à éviter les problèmes. Catastrophes environnementales, problèmes sociaux, risques réputationnels allant de pair, etc.

Le fait est que ça n’arrive jamais! Mais faisons travailler notre imagination:

  • Il pourrait exister une prime pour anticipation de la loi: si le département RSE avait pris des mesures par anticipation d’une loi et que celle-ci devient effective, celui-ci reçoit une prime.
  • Une prime au cas où l’entreprise réussit à instaurer une nouvelle norme en matière de RSE: dans le travail des enfants, dans le traitement des déchets, le commerce équitable, etc.
  • Une prime si l’année s’écoule sans la moindre catastrophe écologique ou sans le moindre problème social.

Et vous, auriez-vous des suggestions pour des primes spécifiquement liées aux actions de RSE?

Le double objectif de la responsabilité sociale

PathDans le cadre de mon travail avec l’Université de Genève, j’ai la chance d’avoir des collègues pour le moins intéressants et stimulants! Au détour d’une conversation avec l’une d’elle, elle a mis le doigt sur ce que l’on peut considérer comme le double objectif de la RSE.

  1. D’un côté, il y a un objectif en soi qui est – pour l’entreprise – d’avoir un comportement éthique, responsable, selon des valeurs qui sont celles de la société dans laquelle elle évolue.
  2. De l’autre côté, il y a une position économique amorale (et non pas immorale!) – hors jugement de valeurs – où la RSE permet des gains économiques (avantages concurrentiels, réduction des coûts, santé et bien-être des employés, etc.).

La question que l’on pourrait se poser est de savoir si ces objectifs s’opposent ou s’ils sont complémentaires. Et la réponse serait qu’ils sont complémentaires, que c’est l’essence de la RSE: véhiculer de bonnes valeurs tout en permettant au business de prospérer.

Demandons-nous plutôt si l’objectif d’avoir un comportement éthique en est vraiment un. S’il est vraiment un but à atteindre. Il y a une phrase de Seth Goldman, CEO d’Honest Tea, que j’aime beaucoup et qui se traduit plus ou moins en ces termes:

Il n’existe pas d’entreprise socialement responsable, puisque cela suggère qu’une telle entreprise serait arrivée à destination et qu’il n’y a plus rien à faire.

Ce qui me plaît dans cette citation, c’est l’idée de valoriser le chemin, plutôt que la destination. Ce qui rejoint quelque peu ce que nous avions vu dans un précédent article: il n’est pas nécessaire de toujours se fixer un but, on peut être heureux ici et maintenant.

Je n’en démords pas moins qu’il est utile, particulièrement en RSE, de se fixer des objectifs, mais j’aime aussi cette idée selon laquelle être responsable est un état d’esprit qui accompagne une entreprise tout au long de ses activités et de son développement.

Une carte de sens pour la RSE

Map of MeaningAu gré de mes lectures, je suis tombé sur un article décrivant la « Map of Meaning » – carte de sens ou carte du sens, c’est selon.

Schématisée approximativement (et traduite tout aussi approximativement) ci-dessus, cette carte vise à décrire notre relation à la vie, que ce soit dans le cadre personnel ou professionnel.

Le postulat de base est qu’il ne s’agit pas de séparer vie professionnelle et vie privée. Nous ne pouvons pas être heureux au travail si notre vie privée ne nous convient pas. Et vice-versa, serais-je tenté de dire!

Il faut donc faire en sorte de se sentir bien dans les 4 quarts du cercle ci-dessus. En effet, il est séparé selon deux axes: relation (à l’horizontale) et présence (à la verticale). Par exemple, le quart où se croisent « Être » et « Soi » est le développement personnel. Il s’agit donc de trouver un équilibre, une harmonie entre ces 4 aspects.

Comment une entreprise pourrait-elle mettre à profit cette carte? Je crois que l’on doit s’assurer de fournir aux employés, sur le lieu de travail, la possibilité de se « réaliser » dans ces 4 domaines. Il s’agirait par exemple de permettre à un employé de travailler en équipe, mais aussi d’avoir du temps pour soi. De même, si l’employé doit pouvoir faire concrètement son travail, il faut aussi lui donner l’opportunité d’être, de réfléchir.

Bien sûr, il faut mélanger ces catégories, comme le suggère la carte. Si l’on prend la partie « Être », un employé doit avoir la possibilité de se développer, via des formations par exemple – c’est le côté « Soi »; mais il doit aussi lui être donné l’opportunité de développer de vraies relations avec ses collègues – c’est le côté « Autres ».

Et vous, que pensez-vous de cette « Carte de sens »? Et de son utilité dans le cadre de la RSE?

Pour d’autres réflexions sur l’équilibre vie privée-vie professionnelle, consultez d’autres articles ici, ici, et !

La Pyramide des besoins revisitée

Récemment, au détour de quelques tweets, je suis tombé sur la « Buyerarchy« . Il s’agit d’une revisite de la fameuse pyramide des besoins de Maslow. Mais ici, on ne s’occupe pas des besoins de l’être humain en général; il s’agit plutôt d’une réorganisation de ce que devraient être nos comportements lorsqu’il s’agit de notre rapport aux choses, aux objets.Hiérarchie des besoins

A la base, il faut utiliser ce que l’on a. Si ce n’est pas possible, il faudrait alors chercher à emprunter ce dont on a besoin. Ou éventuellement, l’échanger, le troquer. Acheter d’occasion ou fabriquer soi-même sont les options suivantes. En dernier recours, on peut acheter ce dont on a besoin.

J’ai trouvé cette Buyerarchy très intéressante. Et je me suis demandé ce qu’elle pourrait signifier pour une entreprise: si chaque consommateur « utilisait » cette nouvelle hiérarchie des besoins, comment une entreprise devrait-elle penser ses produits?

Selon moi, il s’agirait avant tout de faire des produits de très haute qualité et très durables. Cela permettrait au consommateur d’utiliser ce qu’il a. Ce d’autant plus si, en fonction du produit, on en fait un produit multi-usage et qui s’adapte à diverses situations.

Pour ce qui est d’emprunter, c’est plus compliqué car on touche vraiment au comportement des consommateurs, chose sur laquelle une entreprise a une influence relative. Mais elle pourrait tout de même faciliter et encourager le prêt. Peut-être en créant un site sur lequel les consommateurs pourraient – volontairement bien sûr – indiquer quels objets ils possèdent et sont disposés à prêter. Il suffirait alors de chercher qui dans son quartier a la débroussailleuse ou le dénoyauteur dont on a besoin sur le moment.

Pour ce qui est d’échanger/troquer et acheter d’occasion, l’entreprise devrait miser sur un service à la clientèle très performant. Les consommateurs pourraient rapporter les objets dont ils ne se servent plus et soit les échanger contre d’autres objets d’occasion, soit les laisser en dépôt-vente pour d’autres consommateurs.

Je suis moins sûr de ce que l’on pourrait faire pour l’étage « Fabriquer ». Vendre son produit en kit revient à le vendre de toutes façons. Des suggestions sur cet aspect? Pour ce qui est de vendre, rien de particulier, c’est ce que l’on fait déjà!

Ce qui serait vraiment intéressant, ce serait de voir comment une entreprise intégrerait tous ces divers besoins dans son business. En effet, pris séparément, ces pratiques existent déjà, mais il serait passionnant de voir comment toutes les intégrer dans un seul et même processus et dans une seule et même stratégie. Je suis sûr qu’une entreprise proposant des produits durables et mettant en réseau ses clients pour leur permettre de s’emprunter des produits qu’ils n’ont pas ou de se les échanger voire de se les vendre…une telle entreprise rencontrerait un réel succès.

RSE: existe-t-il des solutions toutes faites?

Travaillant de plus en plus sur des mandats de consulting, je m’intéresse beaucoup à ce que font mes confrères dans le domaine. Force est de constater que beaucoup offrent des « solutions », des « outils » ou encore des logiciels. Ces services sont présentés comme des packages qu’une entreprise peut acheter et ensuite appliquer en son sein.Labyrinthe

Cela m’amène à me demander comment l’on doit vendre ses prestations en RSE. Doit-on offrir à de potentiels clients des solutions toutes faites, toutes prêtes ou doit-on plutôt identifier des problèmes en échangeant avec les personnes concernées, problèmes auxquels on trouvera ensuite des solutions.

En d’autres termes, je me pose la question du sur-mesure en RSE. Instinctivement, j’ai tendance à penser que les problèmes auxquels nous sommes confrontés dans notre domaine sont tellement complexes et tellement propres à une situation donnée qu’il me paraît vain d’avoir des solutions en « prêt-à-porter ». Des lignes directrices, certes: on ne peut pas non plus se lancer dans la résolution de tels problèmes sans avoir une idée de la direction que l’on veut suivre. Et il ne s’agit pas non plus de réinventer la roue à chaque fois. Mais je ne suis pas convaincu par cette idée qu’il existe une solution pré-existante à tout problème.

Ne serait-ce que pour la variété des stakeholders impliqués à chaque fois, je crois qu’il faut avant tout avoir une très bonne capacité d’adaptation et être créatif. Avoir des outils à disposition, oui, mais en étant prêt à les adapter, à les transformer.

Et vous, qu’en pensez-vous?