Simplifier pour durer

SimplicitéPlus on y travaille, et plus on se rend compte que la responsabilité sociale et le développement durable sont des champs très larges, et qui touchent à de nombreux domaines: environnement, social, économie, mais aussi changement climatique, achats responsables, économie verte, investissement responsable, etc.

Force est de constater que certaines entreprises ont l’air de véritablement batailler avec tous ces aspects et de s’y perdre. Au point que l’on ne sait plus exactement ce qu’elles font, ni quelles sont leurs priorités et celles de leurs stakeholders.

Je travaille actuellement sur un mandat pour une entreprise dont le site internet dédié au développement durable présente les éléments suivants. Il y a des enjeux environnementaux; ils sont au nombre de 4. Il y a des enjeux sociaux, 4 également. La RSE est mentionnée aussi bien dans les enjeux environnementaux que dans les sociaux. A côté de ça, il y a des informations sur la politique DD de l’entreprise, présentées en 6 sous-points. Le premier sous-point présente 4 enjeux principaux pour l’entreprise: deux reprennent textuellement des enjeux sociaux, un autre reprend l’ensemble des 4 enjeux environnementaux et le dernier semble sortir de nulle part. Si l’on a encore le courage de consulter le 2e sous-point, on y trouvera une liste de 6 actions prioritaires que l’on peut essayer de rattacher aux enjeux précédemment cités, mais pas vraiment.

Je continue?

Le challenge proposé par la RSE et le développement durable est complexe et comporte de nombreuses ramifications. Mais je suis persuadé qu’une entreprise peut relever ce challenge en se concentrant sur un nombre restreint d’éléments à la fois. Cela lui permettra d’être vraiment bonne à ce qu’elle fait. Mais cela demande un véritable effort de simplification, et donc de réflexion. Identifiez les stakeholders principaux, les enjeux qui comptent vraiment, les actions à mettre en place, etc.

Cela demande aussi de prendre un vrai parti. Si vous vous concentrez sur un certain nombre d’élément, vous risquez la critique de ceux qui pensent que vous devriez vous occuper de tel ou tel autre élément. C’est le risque lorsque l’on fait des choix. Une stratégie clairement établie est souvent la meilleure des réponses à des critiques de ce genre. Il faut pouvoir expliquer vos choix.

La simplification, l’avenir de la RSE?

Développement durable: environnement contre social

ConflitQuelques articles ont attirés récemment l’attention sur les conflits qui peuvent exister entre les défenseurs des questions sociales et ceux des questions environnementales. Un type de conflit à-priori surprenant puisque l’on pourrait se dire que les uns comme les autres défendent deux aspects d’une même idée globale: le développement durable.

Comme l’explique par exemple Tobias Webb, ce genre de conflit a pu éclater dans le cadre de lutte contre la déforestation. L’objectif, environnemental, est de faire en sorte que l’on coupe moins, ou pas, ou plus intelligemment les arbres. A cela, certains répondent: « Mais que fait-on de ceux qui les coupent? Ils n’auront plus d’emploi! ». Deux arguments qui se justifient, mais qu’il semble difficile de concilier. Un conflit qui n’avait visiblement pas été prévu, mais qui est bien réel.

Un même type de problème peut se produire dans le cadre de l’écotourisme. J’ai lu un exemple où – au Honduras – l’on avait interdit à des pêcheurs traditionnels de pratiquer leur métier afin de préserver les ressources qui rendraient la plongée plus attractive – et donc l’écotourisme également. Les pêcheurs se sont retrouvés serveurs dans les hôtels…

Mon avis est que si de tels problèmes surviennent, c’est que les solutions apportées ne sont pas réellement « durables », dans le sens où elles ne touchent pas au trois dimensions du développement durable. On ne peut pas prétendre faire du DD et « oublier » l’un des trois aspects! J’enfonce une porte ouverte, mais le développement durable – et par extension la responsabilité sociale – ne peut pas faire fi de l’une ou l’autre de ses dimensions.

Des conflits potentiels, certes, mais aussi des opportunités de créer de nouvelles alliances. Une entreprise pourrait s’allier non pas avec une seule mais plusieurs ONG représentant les divers enjeux en place. Cela pourrait même devenir la norme en vigueur: pour tout projet DD que l’on souhaite lancer, il convient de s’assurer d’avoir des « représentants » des trois dimensions.

Interview – Fernando Terry, Ecotransferts

Fernando TerryAujourd’hui, nous rencontrons Fernando Terry, fondateur et directeur du bureau d’études Ecotransferts, spécialisé dans le montage de projets liés au développement des emplois verts. Précédemment, il a fondé et conduit  le programme Syni  (entre 1997 et 2008)  spécialisé dans l’intégration professionnelle des jeunes universitaires dans la coopération internationale.

1.   Quelles sont les raisons qui vous ont motivé à travailler sur les green jobs?

Je suis convaincu qu’il y a un grand besoin de transférer massivement, les compétences cleantech nécessaires, pour améliorer notre performance en termes d’utilisation des ressources naturelles et énergétiques.

Pour agir en cohérence avec les priorités du processus mondial de transition vers l’économie verte que nous vivons, nous cherchons à établir quels sont les domaines porteurs de croissance dans cette transition, ou encore quelles formations sont nécessaires pour répondre aux besoins des entreprises, en transition vers une production plus propre.

Les Cleantech et les emplois verts sont les éléments clés pour performer dans notre processus de transition vers l’économie verte. Cela implique des investissements stratégiques importantes, pour démultiplier les transferts de savoirs-faire et de technologies cleantech. Nous voulons faire notre petite contribution pour réussir ensemble ce défi.

La transition vers une production plus propre intègre, dans son analyse, une réalité complexe par : le respect des ressources, une performance accrue dans l’utilisation de ressources environnementales et un regard transversal sur la chaîne de création de valeur, allant de l’Eco-conception d’un produit ou service, à la valorisation des déchets suite à leur consommation.

L’économie verte englobe des valeurs qu’Ecotransferts partage complètement. Notre contribution se fait, par notre recherche constante d’amélioration de notre performance, dans l’innovation d’affaires liée aux emplois verts et aux cleantech. Le bureau d’études Ecotransferts est né de cette réflexion.

Grâce à notre participation dans l’étude franco-suisse sur les besoins en compétences par les entreprises cleantech CLEANEV, Ecotransferts pourra proposer des services de conseil et de soutien répondant à la demande des entreprises souhaitant réaliser leur transition vers une production plus propre.

L’étude CleanEV nous a montré que les entreprises, notamment les PME, souhaitent réaliser cette transition mais elles ont encore de la difficulté à projeter le « comment le faire ? ». Nous mettons, au service des PME, notre savoir-faire en matière de transition vers une production plus propre, notamment, dans le cadre de la coopération internationale visant la transition verte. Lire la suite

Du marketing à la stratégie?

Going Paperless »

« CO2 Neutre »

Voila certains arguments souvent mis en avant par les entreprises. Celle-ci est « paperless »,c’est-à-dire qu’elle n’utilise pas/plus de papier. Cette autre est neutre CO2, c’est-à-dire qu’au minimum, elle compense ses émissions de CO2 en investissant dans des projets de compensation carbone tels que planter des arbres.

Il s’agit là d’arguments marketing avant tout. En effet, une entreprise n’utilisant pas de papier, je demande à voir…il y en a toujours un peu quelque part. De même, je reste peu persuadé de la possibilité de compenser toutes ses émissions carbones, ou plutôt de la capacité à les identifier toutes…

Cela étant, ces arguments marketing, qu’on les trouve vains ou non, sont souvent appelés à devenir des objectifs stratégiques. Ma question est de savoir si l’on peut vraiment se baser sur le marketing pour définir des politiques, des stratégies, des objectifs.

Mon avis est que cela n’est pas nécessairement un mauvais point de départ. Et j’insiste là-dessus: un point de départ, et non pas une destination. Prendre comme inspiration un objectif tel que supprimer l’usage du papier dans l’entreprise – pour autant que l’on ait conscience que ce n’est pas possible – peut être une bonne décision. Aussi, il faudra faire très attention à la façon dont l’entreprise va le communiquer. « Nous cherchons à réduire notre utilisation de papier de x% d’ici x années » ne va pas susciter les mêmes attentes que « Nous allons supprimer l’usage de papier dans notre entreprise d’ici x années ».

Une certaine dualité à mes yeux, donc. D’un côté le risque – inhérent à toute démarche faisant passer les arguments marketing avant tout – de se fixer des objectifs irréalisables; et de l’autre côté, une vraie source d’inspiration pour entreprendre une démarche pertinente de responsabilité sociale.

Et vous, qu’en pensez-vous?

Documentaire « Bananas! »

Bananas afficheLe dimanche 9 février, un documentaire intitulé « Bananas! » sera diffusé dans le cadre du Festival International du Film des Droits de l’Homme en Haute-Savoie (à Annecy et environs). En voici le pitch:

Un avocat, représentant 12 Nicaraguayens, travailleurs dans des plantations de bananes, s’attaque à la société Dole dans une bataille juridique inédite. La raison? Avoir utilisé des pesticides interdits entraînant la stérilité en toute connaissance de cause.

Un débat sera animé par Aurélie Berthet et Bénédicte Boigné. Si vous avez des questions, n’hésitez pas, je les transmettrai avec plaisir à Bénédicte, avec qui je suis en contact. Le site du film, avec son trailer, est rempli d’informations intéressantes!

A noter que les organisateurs ont à leur disposition un « film sur ce film », relatant la période qui a suivi son tournage, les efforts insensés de la multinationale pour en empêcher à tout prix la diffusion, et pour « détruire » son réalisateur Suédois, sinon physiquement, du moins financièrement. La diffusion de ce 2e film n’est pas encore agendée, mais là aussi, je vous tiendrai très volontiers au courant!