Responsabilité sociale: pas de plan B

En 2007, Marks & Spencer, la fameuse chaîne de magasins britannique, a lancé son programme Plan A . Il s’agit pour M&S d’atteindre 180 engagements d’ici 2015.

J’aime beaucoup le nom de ce programme, Plan A. Pourquoi Plan A? Parce qu’il n’y a pas de plan B.

Il n’y a pas d’autres alternatives que de faire du business de manière responsable.

Projet Office Hours

Chères lectrices, chers lecteurs,

Vous êtes de plus en plus nombreux à consulter ce blog, et j’en suis ravi! Vous êtes également très nombreux à vous y être inscrits, ce qui signifie que vous recevez par mail les nouveaux articles. Une petite communauté de professionnels de la RSE et du développement durable s’est donc créée autour de ce site.

J’ai donc pensé qu’il serait bon de tirer profit de l’expertise de cette communauté. Ceci en donnant la possibilité à tout lecteur, occasionnel ou régulier, de poser une question à l’ensemble des lecteurs de ce blog. Cette question peut porter sur un challenge auquel la personne est confrontée à son travail: comment mettre en place un programme de volontariat d’entreprise? comment convaincre mes supérieurs de l’utilité d’un rapport développement durable? devrions-nous utiliser ISO 26000? etc.

Pour ce faire, il suffira à la personne ayant une question poser de se rendre sur la page Office Hours de ce blog et d’y laisser sa question sous forme de commentaire. Elle pourra également m’adresser un mail. Je créerai un article, lisible par tous, dans lequel j’exposerai le problème. Les autres lecteurs pourront proposer leurs solutions en laissant un commentaire. La personne dont la question aura été posée pourra également donner un feedback, via commentaire ou via un autre article.

Je ne sais pas si cette démarche fonctionnera! Peut-être n’y aura-t-il pas de questions; peut-être n’y aura-t-il pas de réponses. Ou peut-être que cela fonctionnera, car chacun aura envie de contribuer!

Je pense que cela vaut la peine d’essayer, car il serait dommage de ne pas mettre à contribution les nombreux professionnels de la responsabilité sociale et du développement durable qui passent par ici chaque jour!

Earth Hour au travail?

Vous le savez peut-être, ce samedi c’était « Earth Hour »: on éteint toutes les lumières chez soi pendant une heure, pour économiser un peu d’énergie.

Le hasard faisant bien les choses, nous avons eu droit le jeudi précédent à une panne de courant à mon travail – et dans une grande partie de Genève. Les ordinateurs se sont éteints, laissant certains de mes collègues dans l’embarras par rapport à ce qui n’avait pas été sauvegardé!

Ce qui m’a interloqué, c’est que spontanément, les gens sont sortis de leurs bureaux et ont commencé à…discuter! Chose rare, il faut bien l’admettre. N’ayant plus d’ordinateur devant lequel s’autarciser, nous sommes tous venus discuter dans les couloirs. De choses et d’autres, de travail ou non. Et c’était très sympathique!

D’où le titre de cet article. Je n’irai pas jusqu’à proposer d’éteindre les lumières pendant une heure une fois par semaine, non. Mais pourquoi ne pas décider d’une heure par semaine, ou même trente minutes, au cours de laquelle il serait interdit d’utiliser les appareils électroniques? Cela ne signifierait pas que l’on aurait l’interdiction de travailler: on pourrait avoir des réunions plus ou moins formelles, etc. Mais cela forcerait les gens à interagir directement entre eux.

Et cela baisserait la consommation d’énergie de l’entreprise, ne serait-ce qu’un tout petit peu.

C’est moi qui ai fait ça? Effets collatéraux de la responsabilité sociale…

Il est fréquent qu’une entreprise ait un produit qui – de par son utilisation – permette de réduire l’impact global sur l’environnement. On peut bien sûr penser à nos amis d’Ecowizz, ou encore les fabriquants de panneaux solaires. Mais il est aussi relativement fréquent que ces mêmes produits aient malgré tout un impact, pas toujours là où l’on s’y attendait.

Prenons aujourd’hui l’exemple d’Adobe. Ses programmes pour lire les pdf sont partout et améliorent la conservation de ressources.

Ou du moins le devraient.

La nature des produits d’Adobe est de permettre de digitaliser et envoyer par e-mail des documents. Ce qui signifie moins d’encre, moins de papier et le plus important, moins d’essence pour transporter des documents puisque l’on peut s’envoyer des documents par mail et non plus par la poste via avions, camions et autres.

Le problème est que les gens ont tendance à imprimer les documents qu’ils trouvent importants. Et ces mêmes produits d’Adobe ont facilité la création de documents. Par conséquent, s’il y a moins d’encre et de papier utilisés par document, le fait est qu’il y a – de manière exponentielle – plus de documents. Ce qui signifie que la quantité réelle de papier et encore utilisés reste très élevées.

On a donc affaire à un produit qui a un gros potentiel de réduction de l’impact environnemental global, mais qui pour des raisons « collatérales » ne peut mener à bien cette mission.

On peut toutefois apprécier qu’Adobe nous oriente dans la bonne direction, même s’il reste du chemin à parcourir. Ici aussi.

A durable, durable et demi: McDonald’s aux Jeux Olympiques 2012

Il y a deux semaines, on apprenait que McDonald’s allait faire figure d’exception dans la politique « verte » des Jeux Olympiques de Londres.

En effet, on pouvait lire dans plusieurs articles ici et que la chaîne de fast food allait utiliser du poulet provenant principalement du Brésil. Ce qui va à l’opposé de la Food Vision établie par le comité organisateur des Jeux, notamment par rapport à la volonté d’utiliser de la nourriture locale et donc britannique. Tollé dans les milieux concernés, comme on peut se l’imaginer, même face à la promesse de McDonald’s de se fournir à hauteur de 10% en volaille du Royaume-Uni.

Et bien c’est avec plaisir que l’on peut apprendre que McDonald’s a su écouter ces critiques et a donc promis de se fournir uniquement en volaille britannique pour ses restaurants présents sur le site des Jeux. Ce qui est une bonne nouvelle.

Deux leçons sont à tirer de ce cas:

  1. Il faut être à l’écoute de ses stakeholders. Nombreuses ont été les voix à s’élever contre ce que McDonald’s projetait de faire à l’occasion des Jeux. La chaîne a eu le mérite d’être réceptive aux critiques – à défaut d’avoir su les anticiper – et a modifié sa politique. Le dialogue a donc été engagé et McDonald’s s’est sans doute épargné bien des problèmes futurs, notamment pendant les Jeux.
  2. On ne peut pas être à moitié vert. L’un des arguments de McDonald’s était de dire « Ok pour le poulet, mais toutes nos autres viandes proviennent de Grande-Bretagne, ce qui plaide en notre faveur et montre nos bonnes intentions. ». Faux sur toute la ligne: on ne peut pas être à moitié responsable, à moitié respectueux de l’environnement. La responsabilité sociale demande un engagement fort et complet. Il n’y a pas de demie-mesure.

Affaire à suivre?