Coupe du Monde de football: un sentiment mitigé

Aujourd’hui débute la Coupe du Monde de football au Brésil. Un événement attendu depuis 4 ans! Personnellement, je l’ai attendu avec impatience, mais j’avoue être aussi de plus en plus dubitatif sur ce que représente cet événement. J’en parlais dans un article présentant ce que je pensais comme les tendances pour 2014, sport et responsabilité sociale pourraient bien être au centre des débats.

Pour ce qui est de la Coupe du Monde, c’est l’aspect social qui est beaucoup mis en avant par les médias, avec notamment les nombreuses manifestations de brésiliens « hostiles » à l’organisation de cet événement alors que les fonds utilisés auraient pu l’être pour d’autres choses telles que des infrastructures, l’éducation, des soins, etc.

Il n’en reste pas moins que c’est la responsabilité sociale de l’institution qu’est la FIFA qui est soumise à rude épreuve. Plutôt que de m’épancher sur tout ce qu’il y a à dire, je vous renvoie à cet vidéo, aussi drôle qu’instructive:

 

Alors oui, mon sentiment est double: je suis impatient de regarder cette Coupe du Monde, mais je suis de plus en plus dégoûté par ceux qui l’organisent. Un exemple qui en dit long sur le fait qu’une organisation peut avoir une mission des plus honorables qui soient – celle de la FIFA est de « Développer le football partout et pour tous » – tout en donnant l’image d’une institution corrompue.

Et vous, seriez-vous prêt à boycotter un tel événement, car il n’est pas socialement responsable?

Responsabilité sociale: pas de plan B

En 2007, Marks & Spencer, la fameuse chaîne de magasins britannique, a lancé son programme Plan A . Il s’agit pour M&S d’atteindre 180 engagements d’ici 2015.

J’aime beaucoup le nom de ce programme, Plan A. Pourquoi Plan A? Parce qu’il n’y a pas de plan B.

Il n’y a pas d’autres alternatives que de faire du business de manière responsable.

Goldman Sachs a perdu ses valeurs

On peut lire aujourd’hui sur le site du New-York Times la « lettre de démission » de l’un de ses anciens managers, Greg Smith.

Greg Smith nous fait partager son point de vue sur l’évolution des valeurs chez GS, entre le moment où il y est rentré et aujourd’hui. Et le tableau n’est pas brillant. Si je laisse de côté la question de savoir ce qui est vrai, ce qui est « enjolivé », ce qui est lié à l’amertume, je retiens 2 passages que j’ai trouvé très intéressants.

I knew it was time to leave when I realized I could no longer look students in the eye and tell them what a great place this was to work.

It astounds me how little senior management gets a basic truth: If clients don’t trust you they will eventually stop doing business with you. It doesn’t matter how smart you are.

A en croire Greg Smith, GS a perdu de vue ses valeurs. Celles qui lui permettaient d’affirmer sur son site: « It is only with the determination and dedication of our people that we can serve our clients, generate long-term value for our shareholders and contribute to the broader public. ».

Rendre ses employés fiers de ce qu’ils font, et établir une relation de confiance avec ses clients, c’est pourtant à la base de tout business qui veut réussir. On oublie souvent la valeur des valeurs, les reléguant au rang de simples faire-valoirs, inscrites quelque part sur le site internet. Mais on constate une fois de plus qu’une entreprise qui oublie pourquoi elle fait ce qu’elle fait est vouée à l’échec.

Enfin, je vous encourage à aller lire l’article de Fabian Pattberg à ce sujet!

Job dans la RSE: peut-on tout accepter?

En pleine recherche d’un job, j’avoue me trouver parfois confronté à de vrais dilemmes. Des dilemmes liés au secteur d’activité de l’entreprise dans laquelle je pense postuler.

Par exemple, il y a plusieurs mois, on m’avait parlé d’un poste dans la RSE se libérant chez British American Tobacco. Je n’ai pas envisagé une seule seconde de postuler. Je ne me voyais pas dire à mes proches « Je m’occupe de la responsabilité sociale d’une entreprise dont le produit tue ses clients (et les personnes exposées à ce produit). ».

Si je ne fume pas, je ne bois pas non plus d’alcool. Mais j’aurais nettement moins de problème à travailler pour une entreprise liée à l’alcool. Socialement plus acceptable, pour l’instant du moins.

Il y a quelques jours, j’ai envoyé mon dossier à un groupe gérant des casinos. Est-ce plus défendable que le tabac? J’ai l’impression, oui. Mais j’ai conscience que c’est une question de valeurs personnelles.

Le dilemme est d’autant plus fort que c’est en général chez ces entreprises sensibles que le département RSE est le plus développé, et que donc les opportunités d’emploi sont les plus nombreuses.

Et les challenges les plus intéressants…

CEO: dépéchez-vous de durer!

C’est un des désavantages du développement durable: le retour sur investissement se fait sur le long terme. Pour ce qui est du court et du moyen terme, il faut bien dire qu’intégrer une démarche DD/RSE se traduit principalement en coûts.

Je viens de lire une étude selon laquelle un CEO resterait à son poste en moyenne 6.6 ans.

Quelles sont les incitations pour un CEO à mettre en place une démarche durable au sein de son entreprise, s’il a si peu de chances de la voir porter ses fruits?