Numérique et environnement: entre impacts et solutions

Cet article est le premier d’une série de trois, que j’écris suite à l’invitation par Orange à un dîner à Paris au cours duquel nous avons échangé sur plusieurs thématiques autour de la responsabilité sociale. Pour être clair, Orange m’a payé le TGV entre Genève et Paris, ainsi que le dîner. Le reste des frais était à ma charge.

La discussion – organisée avec Denis Guibard, Directeur du développement durable chez Orange, et Eric Rondeau, Professeur à l’Université de Lorraine – s’est rapidement orientée vers le sujet de la domotique. Comment ces services novateurs pourraient nous aider à réduire notre impact environnemental, mais aussi comment cela fait 20 ans que nous les attendons! Un aspect de la discussion qui m’a tout particulièrement interpellé portait sur le rôle fondamental des…ouvriers! GooglePlus_Orange_Logo_Black

On l’oublie trop souvent, mais avant de se demander combien de ci ou de ça on économise, il faut que quelqu’un mette tout cela en place! Et si un ouvrier – par exemple, celui qui va poser les fils électriques – n’est pas formé spécifiquement, tout cela ne servira à rien. Cela m’a fait penser à un article écrit ici dans lequel je m’efforçais de démontrer à quel point une stratégie – qu’elle soit environnementale, sociale, responsable, etc. – se doit d’être implémentée à tous les niveaux. Si Orange veut proposer des produits « éco-intelligents », l’entreprise doit s’assurer que non seulement le CEO adhère à l’idée et que le marketing a bien compris les enjeux, mais aussi que les personnes qui vont les mettre en place savent le faire. Est-ce pour autant qu’Orange devrait proposer des formations spécifiques aux installateurs, monteurs ou réparateurs?

J’ai posé une question relative à la Citizen Science: est-ce qu’Orange envisage d’avoir recours aux citoyens, aux utilisateurs pour récolter des données, que ceux-ci collecteraient volontairement. Ces données pourraient porter sur la consommation d’énergie, sur la santé (exposition aux ondes) ou sur d’autres thématiques. Concernant la santé, on m’a répondu – à juste titre – que s’il serait pertinent d’avoir accès à de telles données, cela posait malgré tout deux problèmes majeurs. Le premier lié au fait que c’est un sujet très sensible, très personnel. Le deuxième problème serait la validité des données: comment s’assurer que celles-ci ont été collectées de manière scientifique et peuvent donc être utilisées? Dès lors, si Orange ou une autre institution devait rejeter certaines données, cela deviendrait très vite suspect et nombreux sont ceux qui les accuseraient de choisir uniquement les données qui les arrangent.

Sur la question de la consommation de l’énergie, les choses semblent plus nuancées. Cela pourrait être envisageable, à condition là aussi de s’assurer de la validité scientifique des données. Si Orange pouvait obtenir des informations collectées de manière précise par des personnes le faisant de manière volontaire, cela pourrait non seulement lui permettre d’améliorer ses produits, mais aussi faire avancer le domaine de la consommation d’énergie domestique de manière générale. Reste à savoir si c’est le rôle d’une entreprise de télécommunication que de mener de telles recherches scientifiques…

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Lancement de la 10e édition du Prix Suisse de l’Ethique

L’édition 2014 du Prix Suisse de l’Ethique est lancée. C’est avec plaisir que je relaie l’information sur ce site, en espérant que, pourquoi pas, un ou plusieurs lecteurs se sentira motivé à envoyer son dossier! Le texte qui suit est tiré du communiqué de presse.

Les organisations qui désirent participer à ce prix d’envergure nationale doivent avoir accompli un effort particulier témoignant de leur réelle volonté de s’engager sur un plan éthique ou dans le domaine du développement durable.
Tous les secteurs d’activités peuvent y participer, qu’ils relèvent du public ou du privé. L’objectif à long terme est de promouvoir l’éthique et que de telles démarches deviennent naturelles et évidentes pour chacun.

Toutes les organisations intéressées – entreprise, commune, association, fondation, etc. – sont invitées à déposer leur dossier de candidature afin de participer à cette édition 2014. Les membres du Jury, qui sont des personnalités issues des milieux scientifique et économique, devront se prononcer sur les critères suivants :

  • qualité,
  • efforts fournis,
  • rayonnement et durabilité.

Trois lauréats se verront remettre un trophée.

Le dossier de candidature est disponible sur le site internet du Prix. Le délai de remise des candidatures est fixé au 15 juin 2014.

Prix Entrepreneure Responsable 2014

Entrepreneure socialePour la 4ème année consécutive, EuropeanPWN organise le Prix de l’Entrepreneure Responsable en partenariat avec Aviva et Helena Rubinstein. Ce prix a pour vocation de récompenser une femme créatrice d’une entreprise de moins de 5 ans et ayant un business model solide et comprenant une dimension sociale et environnementale. Une initiative qui mérite un peu de publicité!

Les projets récompensés au cours des années précédentes sont très intéressants:

  • Samantha Pastour, la dernière lauréate et créatrice de Bill’iz ®, une plateforme internet proposant des solutions durables pour donner une seconde vie aux objets.
  • Cécile Galoselva active dans l’immobilier pour les entreprises avec Etic – Foncièrement responsable.
  • Valérie Delesalle, qui se focalise sur le recyclage de gobelets avec Versoo.

Les dossiers sont jugés selon 3 critères principaux :

  • La démarche et l’impact sociétal, social et/ou environnemental du projet ou de l’entreprise, que ce soit dans son objet (exemples : santé, environnement, commerce équitable, éducation, lutte contre la pauvreté ou contre les discriminations), ou dans sa stratégie (exemples : management de la diversité, dialogue social, gestion du cycle de vie du produit, économies d’énergie…);
  • La viabilité financière du projet;
  • Le besoin en accompagnement et en réseau de la candidate, qui détermine la composition du Comité d’Accompagnement que lui fournit le réseau pendant douze mois.

Cette année en France, l’Etat a montré sa volonté de promouvoir l’entrepreneuriat et notamment d’inciter et de soutenir les créateurs d’entreprise. Parmi eux, 30% sont des créatrices. Les femmes entrepreneures commencent à s’imposer dans ce milieu encore très masculin.

L’appel à candidatures est ouvert du 16 septembre au 16 novembre minuit pour des projets venant de France.

Y aurait-il des lectrices intéressées à se présenter? Vous pouvez en apprendre plus ici.

Débat sur l’initiative Minder

Ce jeudi 7 février a eu lieu à Lausanne un débat sur l’initiative Minder, organisé par Guilé Funds. Il s’agissait pour les intervenants présents d’examiner entre autres les questions qui font la différence entre l’initiative et le contre-projet, à savoir ce que les deux impliquent en termes de participation aux AG, l’obligation faite aux caisses d’être actionnaires actifs si l’initiative passe et la charge que cela représenterait pour elles, etc. J’aimerais aborder ici quelques points du débat qui m’ont paru intéressants.Mind the Gap

Je tiens à préciser ici, notamment pour les lecteurs français, qu’il s’agissait d’un débat suisse. Ce qui implique que l’on ne se coupe pas la parole, que l’on ne contredise pas trop ouvertement le point de vue des autres, et ainsi de suite… Je plaisante, mais il n’en reste pas moins que – hormis l’évocation d’une constitution communiste – il n’y a pas eu de grosses tensions. Cela est dû au fait que la préoccupation de fond a déjà passé: l’assemblée générale doit voter sur les rémunérations des dirigeants. Dans quelle mesure, selon quelles contraintes, voila ce sur quoi portera la votation du 3 mars. Il est intéressant de constater que le fait que les actionnaires doivent approuver ou non les rémunérations des dirigeants est une fait acquis.

Dès le début du débat, le modérateur rappelle un point important. L’initiative porte sur les rémunérations abusives, et non pas sur les hautes rémunérations. Il ne s’agit donc pas de décider ce qui est trop haut ou pas, mais ce qui est abusif ou ne l’est pas. Mais comment va-t-on décider de cela? Comment les actionnaires vont-ils établir que la rémunération de ce dirigeant est méritée et que la rémunération de cet autre ne l’est pas? Cela paraît très subjectif.

Un autre point ayant été soulevé est celui de l’obligation de voter et de la transparence de vote. Je crois que cela va s’avérer être très positif. Pour la transparence certes, mais surtout pour cette obligation: l’un des intervenants a parlé de dignité des investisseurs. Je crois que c’est très vrai. Il va s’agir pour l’investisseur de s’engager, d’être actif. On n’achète pas d’action pour les revendre 3 jours plus tard une fois que le cours a monté, mais pour s’engager, pour véritablement prendre les rênes de l’entreprise. Je ne dis pas que cela supprimera la spéculation, bien sûr; mais on peut espérer que les actionnaires vont se sentir plus concernés par la [bonne] conduite de l’entreprise. Dans le même ordre d’idée, ne pas voter reviendrait à être complice d’une éventuelle mauvaise gestion. Je crois que l’on va vraiment vers une responsabilisation des actionnaires.

Enfin, on a souligné le fait que les caisses de pension doivent voter dans l’intérêt de leurs assurés. Quel est cet intérêt? Il y a bien sûr l’obligation fiduciaire, qui signifie que les managers de fonds de pension doivent être guidés par un objectif ultime: payer les pensions! Les compagnies qui n’ont pas de bonnes performances ne servent à rien aux caisses de pension. Dès lors, des rémunérations abusives pour les dirigeants sont-elles en ligne avec cette obligation fiduciaire? On peut imaginer que non, mais on retombe encore sur le problème de la définition d’abusives. Il faut avoir conscience que ce vote peut aussi être « mauvais ». Que faire quand l’intérêt des assurés va contre l’intérêt de l’entreprise, pour autant que cette situation soit envisageable?

Tout cela montre que ces questions sont loin d’être évidentes. Je vais encore publier un 3e article sur le sujet, donnant un exemple de pratique similaire, ce qui donnera peut-être un aspect plus concret à ce sujet!

Un Calendrier de l’Avent pour le développement durable

En ce début de mois de décembre, difficile de ne pas parler de Noël! Les initiatives sont nombreuses, mais j’aimerais attirer votre attention sur l’une d’elles: le Calendrier de l’Avent pour le développement durable. Il s’agit de l’édition 2012 bien sûr, mais pour avoir consulté celui de l’année précédente, je peux vous dire que la qualité des articles proposés est au rendez-vous, c’est très intéressant. On nous propose de découvrir diverses facettes du développement durable – et une place importante est réservée à la RSE – au travers de divers acteurs tels qu’ONG, secteur public et secteur privé. Voici les précisions apportées par le communiqué de presse:

Le projet du « calendrier de l’Avent pour le développement durable » a été lancé en 2000 par le bureau de communication environnementale Gammarus. Dans le patronat de ce projet, figurent les organisations telles que Öbu, le réseau pour une économie durable, la Direction suisse du Développement et de la Coopération (DDC) et comme sponsor principal, la Poste suisse. Le contenu des articles provient un tiers des entreprises, un tiers des organisations sans but lucratif et un tiers des partenaires du secteur public qui sont activement engagés pour un développement durable.

Intéressant également, le fait que le Calendrier va s’appuyer sur les statistiques publiées par MONET, le système d’indicateurs de durabilité pour en savoir plus sur l’état de la durabilité en Suisse.

J’ai le plaisir d’avoir été invité à écrire trois articles pour ce calendrier, je ne manquerai pas de vous les signaler!

Swisstainability Forum 2012

Aujourd’hui, je laisse la place à mon amie Dora, qui nous parle d’un événement dont elle contribue à l’organisation. J’avais eu le plaisir d’y passer en 2011, assistant notamment à une conférence sur l’étiquetage environnemental. J’y serai aussi cette année, en espérant vous y croiser!

Le G21 Swisstainability Forum, le premier événement professionnel consacré exclusivement au développement durable en Suisse, se tiendra à l’IMD à Lausanne les 29 et 30 mai.

Organisé en partenariat avec L’IMD, le forum propose des conférences plénières, des rencontres et partage de savoir entre différents leaders d’opinions économiques, scientifiques et sociétaux engagés dans une démarche durable en Suisse.
En réunissant ces différents acteurs sous un même toit, cet événement permettra de favoriser des synergies et de partager des exemples applicables à d’autres échelles et à d’autres secteurs.

Trouvez le programme complet des interventions, ateliers et conférences des deux jours et toutes les informations sur l’événement ici.
Et les inscriptions se font .

Nous nous réjouissons de vivre cet événement avec vous!
Contact : Dora Godinho (dora(point)godinho(at)nicefuture(point)com

A durable, durable et demi: McDonald’s aux Jeux Olympiques 2012

Il y a deux semaines, on apprenait que McDonald’s allait faire figure d’exception dans la politique « verte » des Jeux Olympiques de Londres.

En effet, on pouvait lire dans plusieurs articles ici et que la chaîne de fast food allait utiliser du poulet provenant principalement du Brésil. Ce qui va à l’opposé de la Food Vision établie par le comité organisateur des Jeux, notamment par rapport à la volonté d’utiliser de la nourriture locale et donc britannique. Tollé dans les milieux concernés, comme on peut se l’imaginer, même face à la promesse de McDonald’s de se fournir à hauteur de 10% en volaille du Royaume-Uni.

Et bien c’est avec plaisir que l’on peut apprendre que McDonald’s a su écouter ces critiques et a donc promis de se fournir uniquement en volaille britannique pour ses restaurants présents sur le site des Jeux. Ce qui est une bonne nouvelle.

Deux leçons sont à tirer de ce cas:

  1. Il faut être à l’écoute de ses stakeholders. Nombreuses ont été les voix à s’élever contre ce que McDonald’s projetait de faire à l’occasion des Jeux. La chaîne a eu le mérite d’être réceptive aux critiques – à défaut d’avoir su les anticiper – et a modifié sa politique. Le dialogue a donc été engagé et McDonald’s s’est sans doute épargné bien des problèmes futurs, notamment pendant les Jeux.
  2. On ne peut pas être à moitié vert. L’un des arguments de McDonald’s était de dire « Ok pour le poulet, mais toutes nos autres viandes proviennent de Grande-Bretagne, ce qui plaide en notre faveur et montre nos bonnes intentions. ». Faux sur toute la ligne: on ne peut pas être à moitié responsable, à moitié respectueux de l’environnement. La responsabilité sociale demande un engagement fort et complet. Il n’y a pas de demie-mesure.

Affaire à suivre?