Investissement socialement responsable et fonds de pension

Les managers de fond de pension considèrent de plus en plus qu’ils ont la responsabilité de contribuer au développement durable au travers de leurs activités. Si nous nous penchons sur les caractéristiques principales des fonds de pension – taille, horizon de placement, diversification – nous réalisons qu’ils peuvent être de fervents défenseurs de l’ISR. Dans la mesure où les fonds de pension ont une approche sur plusieurs dizaine d’années, l’investissement socialement responsable est particulièrement séduisant puisqu’il est explicitement basé sur le long terme.

Si l’on se réfère au guide sur l’Investissement Socialement Responsible (ISR) publié par Mercer en 2007, l’ISR peut être défini comme un processus d’investissement qui cherche à atteindre des objectifs sociaux et environnementaux en parallèle des objectifs financiers. Les signataires des Principes des Nations Unies pour l’investissement responsable (UNPRI) croient que les problèmes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) peuvent influer sur la performance de portefeuilles d’investissement (à des degrés divers en fonction des compagnies, secteurs, régions, classes d’actifs et au cours du temps). Nous pouvons trouver de nombreuses définitions de l’ISR et la diversité de ces définitions reflète les diverses approches qui peuvent être adoptées afin d’être considéré comme « socialement responsable ».

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RSE: repenser le marché

J’ai récemment présenté le résumé de mon mémoire sur RSE et lutte contre la pauvreté. La RSE, dans ce cadre, peut-elle vraiment être rentable ? S’il n’est assurément pas inopportun de penser que « les pauvres » ont tout à gagner du fait que les entreprises multinationales s’intéressent à eux la réciproque semble nettement moins évidente.

Prahalad et Hart ont écrit un article intéressant à ce propos, intitulé The Fortune at the Bottom of the Pyramid. Leur postulat est que le marché des bas revenus représente une prodigieuse opportunité pour les compagnies les plus riches du monde, aussi bien pour leurs propres intérêts que pour apporter de la prospérité aux pauvres.
Les deux auteurs représentent la population mondiale comme étant répartie dans une pyramide en fonction des revenus. On trouve en haut de la pyramide les individus ayant les plus hauts revenus, ils sont donc les moins nombreux, estimés à 75-100 millions. En bas de la pyramide, on trouve la plus grande tranche de population, celle qui a les plus bas revenus, moins de $ 1’500 par an, avec notamment environ un milliard de personnes touchant moins d’un dollar par jour. Prahalad et Hart sont persuadés que ce « bas de la pyramide » constitue une formidable opportunité d’investissement, malheureusement oubliée par la plupart des multinationales car elles évaluent les marchés en fonction des revenus ou d’une sélection de produits et de services appropriés pour les pays développés. Il faudrait par conséquent que les entreprises repensent leur rapport aux marchés.
Les deux auteurs insistent sur le fait que les entreprises ne peuvent pas à elles seules créer des infrastructures de marché à partir d’un secteur complètement inorganisé. Bien au contraire, de multiples acteurs doivent s’impliquer et être impliqués, aussi bien les autorités locales que les ONG, les « pauvres » eux-mêmes, etc.». Pour cela il faut par exemple créer un pouvoir d’achat. Ce qui implique de fournir un accès au crédit et d’augmenter les revenus potentiels.

Créer ce marché du « bas de la pyramide » semble donc être profitable pour les entreprises aussi bien que pour les plus pauvres. C’est du moins la théorie de Prahalad et Hart, et j’avoue partager ce point de vue.

Et vous, si votre entreprise devait accéder à ce marché, comment repenseriez-vous votre façon de faire du business?

RSE et lutte contre la pauvreté

Je me rends compte que je n’ai jamais parlé ici de mon mémoire de DESS! Non pas que ce soit une lecture incontournable, mais le sujet – responsabilité sociale d’entreprise et lutte contre la pauvreté – est à mon sens très intéressant!

Je publie ici le résumé de ce travail, et je reviendrai à d’autres occasions sur le sujet.

Ce travail de mémoire vise à démontrer que les entreprises multinationales peuvent lutter efficacement contre la pauvreté dans les pays en développement, via leur responsabilité sociale. En prenant en compte les dimensions non seulement économiques mais aussi sociales et environnementales, on s’aperçoit que les entreprises multinationales qui mènent des activités de responsabilité sociale peuvent faire beaucoup pour lutter contre la pauvreté.
Pour démontrer cela, l’auteur aborde en premier lieu les aspects théoriques de la responsabilité sociale. Il se penche ensuite sur deux cas pratiques, ceux de Nestlé et de Procter & Gamble. Sur la base de ces apports théorique et de ces études de cas, il montre qu’en repensant leur rapport au marché et en établissant des partenariats de type public-privé, les entreprises multinationales peuvent lutter efficacement contre la pauvreté via leur responsabilité sociale.