Les heures de bureau de la responsabilité sociale

Meeting tableA l’occasion de cette « rentrée » de septembre, j’aimerais relancer un projet lié à ce site: celui des « Office Hours ». Le concept est simple: un lecteur, fidèle ou occasionnel, a une question sur la RSE, il me la transmet et je la pose ici sous forme d’article. A partir de là, la communauté de lecteurs commente l’article en y apportant des propositions de réponses, des suggestions, des références, etc.

L’idée est vraiment d’utiliser nos compétences pour s’aider et se conseiller mutuellement. Il y a en effet de plus en plus de lecteurs et lectrices abonnés à ce site, et je suis sûr que chacun et chacune est disposé à partager un peu de son expérience!

Que vous soyez un professionnel de la RSE ayant besoin d’un regard neutre sur une situation à laquelle vous faites face, une manager confrontée à un problème de responsabilité sociale, ou encore un étudiant à la recherche de pistes, n’hésitez pas à me transmettre vos questions par mail ou en commentaire!

La démarche peut être anonyme si nécessaire!

Le double objectif de la responsabilité sociale

PathDans le cadre de mon travail avec l’Université de Genève, j’ai la chance d’avoir des collègues pour le moins intéressants et stimulants! Au détour d’une conversation avec l’une d’elle, elle a mis le doigt sur ce que l’on peut considérer comme le double objectif de la RSE.

  1. D’un côté, il y a un objectif en soi qui est – pour l’entreprise – d’avoir un comportement éthique, responsable, selon des valeurs qui sont celles de la société dans laquelle elle évolue.
  2. De l’autre côté, il y a une position économique amorale (et non pas immorale!) – hors jugement de valeurs – où la RSE permet des gains économiques (avantages concurrentiels, réduction des coûts, santé et bien-être des employés, etc.).

La question que l’on pourrait se poser est de savoir si ces objectifs s’opposent ou s’ils sont complémentaires. Et la réponse serait qu’ils sont complémentaires, que c’est l’essence de la RSE: véhiculer de bonnes valeurs tout en permettant au business de prospérer.

Demandons-nous plutôt si l’objectif d’avoir un comportement éthique en est vraiment un. S’il est vraiment un but à atteindre. Il y a une phrase de Seth Goldman, CEO d’Honest Tea, que j’aime beaucoup et qui se traduit plus ou moins en ces termes:

Il n’existe pas d’entreprise socialement responsable, puisque cela suggère qu’une telle entreprise serait arrivée à destination et qu’il n’y a plus rien à faire.

Ce qui me plaît dans cette citation, c’est l’idée de valoriser le chemin, plutôt que la destination. Ce qui rejoint quelque peu ce que nous avions vu dans un précédent article: il n’est pas nécessaire de toujours se fixer un but, on peut être heureux ici et maintenant.

Je n’en démords pas moins qu’il est utile, particulièrement en RSE, de se fixer des objectifs, mais j’aime aussi cette idée selon laquelle être responsable est un état d’esprit qui accompagne une entreprise tout au long de ses activités et de son développement.

Une carte de sens pour la RSE

Map of MeaningAu gré de mes lectures, je suis tombé sur un article décrivant la « Map of Meaning » – carte de sens ou carte du sens, c’est selon.

Schématisée approximativement (et traduite tout aussi approximativement) ci-dessus, cette carte vise à décrire notre relation à la vie, que ce soit dans le cadre personnel ou professionnel.

Le postulat de base est qu’il ne s’agit pas de séparer vie professionnelle et vie privée. Nous ne pouvons pas être heureux au travail si notre vie privée ne nous convient pas. Et vice-versa, serais-je tenté de dire!

Il faut donc faire en sorte de se sentir bien dans les 4 quarts du cercle ci-dessus. En effet, il est séparé selon deux axes: relation (à l’horizontale) et présence (à la verticale). Par exemple, le quart où se croisent « Être » et « Soi » est le développement personnel. Il s’agit donc de trouver un équilibre, une harmonie entre ces 4 aspects.

Comment une entreprise pourrait-elle mettre à profit cette carte? Je crois que l’on doit s’assurer de fournir aux employés, sur le lieu de travail, la possibilité de se « réaliser » dans ces 4 domaines. Il s’agirait par exemple de permettre à un employé de travailler en équipe, mais aussi d’avoir du temps pour soi. De même, si l’employé doit pouvoir faire concrètement son travail, il faut aussi lui donner l’opportunité d’être, de réfléchir.

Bien sûr, il faut mélanger ces catégories, comme le suggère la carte. Si l’on prend la partie « Être », un employé doit avoir la possibilité de se développer, via des formations par exemple – c’est le côté « Soi »; mais il doit aussi lui être donné l’opportunité de développer de vraies relations avec ses collègues – c’est le côté « Autres ».

Et vous, que pensez-vous de cette « Carte de sens »? Et de son utilité dans le cadre de la RSE?

Pour d’autres réflexions sur l’équilibre vie privée-vie professionnelle, consultez d’autres articles ici, ici, et !

Vacances estivales – ou presque

Chères lectrices, chers lecteurs,OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Un petit message en ce début de mois de juillet pour vous dire que le site sera en léger stand-by les deux prochains mois. « Stand-by » parce que c’est l’été et les vacances, « léger » parce que je ne vais pas non plus abandonner complètement la rédaction d’articles: la fréquence sera simplement plus faible!

La meilleure façon de ne rien rater étant de s’abonner, n’hésitez pas!

De mon côté, l’été sera bien occupé car outre mes activités associatives et de vraies vacances, j’ai commencé un petit contrat, à temps partiel, à l’Université de Genève, avec l’Institut des Sciences de l’Environnement. Ma tâche principale est d’alimenter le site d’information IS@DD en articles sur l’économie du développement durable.

Un job intéressant, dans le cadre duquel je côtoie des collègues très intéressants. Couplé à mes activités de consulting en freelance, j’ai des semaines bien remplies!

Je vous souhaite à toutes et à tous un très bel été!

Cumulus Green: Migros vise juste

En cette fin de mois de juin, les possesseurs d’une carte Cumulus – la carte de fidélité de la Migros – ont eu le plaisir de découvrir une nouvelle facette de ce programme. Il s’agit de Cumulus Green. En quelques mots, cela permet de savoir à combien se monte la part de nos achats munis d’un label durable. J’avoue avoir été très intéressé par mon score et m’être rué dessus aussi vite que possible.

Cumulus GreenJ’avoue aussi avoir été un peu déçu de n’être qu’à 8.5%! Très clairement en dessous de la moyenne nationale!

Cette initiative est le résultat d’un partenariat avec le WWF. On ne sait pas exactement pourquoi, mais admettons.

Je dois dire que je suis très favorable à ce genre d’initiative; aussi bien d’un point de vue personnel que d’un point de vue RSE. Je voudrais ici simplement soulever trois points de réflexion:

  1. Un excellent aspect du programme est que chaque individu peut se fixer un objectif pour 2014. J’ai personnellement fixé un objectif à 25%. Mais une question se pose: une personne se fixant un objectif à 100% pourrait-elle le faire? En d’autres termes, l’offre de produits responsables de la Migros est-elle suffisamment large? J’ai quelques doutes à ce sujet, mais espérons que la Migros va être poussée à élargir son offre.
  2. Parlant d’objectif, il est intéressant de noter qu’en cherchant à consommer 25% de produits responsables, je cherche à consommer 25% de produits plus chers. La Migros trouve très clairement son compte par rapport à tout cela.
  3. Il est important de noter que Cumulus Green permet de savoir quelle est la part de nos achats portant un des labels ci-dessus. Ni plus, ni moins. Avoir un pourcentage élevé ne signifie pas nécessairement que l’on a une consommation responsable, même si cela y contribue. On ne nous dit rien sur nos habitudes de consommation: ai-je acheté beaucoup de produits à usage unique? Ai-je acheté des produits ayant un packaging intelligent – sans emballages individuels par exemple? Dans le même ordre d’idée, on soulignera que s’ils sont responsables, ces achats n’en restent pas moins…des achats! On consomme des produits neufs, qui ont un impact certain sur l’environnement.

A première vue, il s’agit d’une excellente initiative! J’espère simplement qu’elle n’est qu’une étape, et non pas une fin en soi, car il reste encore beaucoup à faire.