C’est la semaine passée que l’on peut lire – ici ou là par exemple – que Nestlé a ouvert une usine de finition pour les produits Maggi, en République Démocratique du Congo (RDC). Le but annoncé de cette usine est de proposer une offre mieux adaptée aux goûts locaux et d’utiliser davantage de matières premières produites localement. En outre, le site de Kinshasa a créé une soixantaine d’emplois directs; sans compter les opportunités indirectement créées.
J’avoue être emballé (sans jeu de mot) par cette idée. Bien sûr, on peut se poser la question des avantages fiscaux proposés à Nestlé pour s’installer dans ce pays pour le moins instable; et où faire des affaires n’est à-priori pas évident (comme en atteste ce récent rapport de Doing Business). Certaines craintes concernant l’appropriation de terres arables ont également été émises. Mais je trouve bien de voir que l’usine soit installée dans le pays pour lequel elle fonctionne, et que l’on cherche à utiliser les ressources – matérielles et humaines – locales. Nestlé a quelque chose à y gagner financièrement, assurément, et créé des emplois dans un pays en développement par la même occasion.
De plus, il est intéressant de voir que la spécificité des goûts congolais semble être prise en compte. Une fois de plus, une entreprise s’attaque à ce marché dit « du bas de la pyramide »: le marché des populations défavorisées. Ces populations qui ne vont certes pas acheter des produits à forte valeur ajoutée, mais qui vont acheter les produits de l’entreprise qui sont les plus abordables, en petite quantité. C’est un pari sur l’avenir que de créer des produits s’adressant à ces populations et à leurs besoins.
Pour l’anecdote, j’avais rencontré un employé de Nestlé travaillant dans ce domaine il y a quelques années et il m’avait confié que très souvent ces mêmes populations, lorsqu’elles se retrouvent immigrées en France, en Suisse ou ailleurs, cherchent à retrouver ces mêmes produits, car elles y ont été habituées et les apprécient. Est-ce à dire que l’usine de Kinshasa va bientôt fournir les commerces d’Europe?
Une affaire à suivre pour les résultats positifs sur lesquels tout cela peut déboucher, mais à surveiller aussi, au cas où les craintes exprimées plus haut s’avéreraient fondées.
Cela va peut-être paraître « basique » comme réaction, mais n’est-ce pas superflu de proposer des bouillons cube au Congolais…? Je suis perdue, et perplexe….
C’est plutôt une bonne question Sandrine! Je peux affirmer que le cube Maggi a une place importante dans la cuisine de nombreux pays africains. Il remplace – malheureusement aurait-on envie de dire – certaines épices. Et ce depuis la colonisation au XIXe siècle. Tout cela est très bien expliqué dans cette vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=U3Ujb3umJGs&feature=player_embedded
Merci pour la vidéo! Très bien faite..!
Je suis étonnée d’apprendre que le cube a MALHEUREUSEMENT une place importante dans la cuisine africaine, c’est bien ce que je pensais… Ah, les avantages de la colonisation… une sorte d’évangélisation culinaire pour imposer notre façon (feignante et peu imaginative parfois..) de cuisiner et de faire connaître tous les additifs (cancérigènes) indispensables (inutiles) de notre pays soi disant développé…. Bref, perso, comme je peux donner mon avis, je suis pas convaincue…. de toute façon je suis déjà pas copine avec NESTLE… c’est sans doute pour ça… Et pourquoi pas une usine de lait maternisé? 😉
@Juliengoy I’ve once been told by a Nestlé executive that « the term base is preferred to that of bottom…reasons are obvious. »
Merci Jordan, je m’efforcerai désormais de parler de « Base of the Pyramid »!