Bonus des dirigeants de Volkswagen: l’autre solution

business-1370952_1280On a pu lire beaucoup de choses sur le scandale de Volkswagen et ce qui s’en est suivi, au cours des derniers mois. On a notamment pu lire que les dirigeants de VW n’allaient pas renoncer à leur bonus. Plus tard, on a pu lire que si, ils y renonçaient: mais seulement en partie – 30% – et que ce n’est en fait pas un renoncement, mais un « gel » des bonus. Bonus gelés donc, qui pourront être touchés dans 3 ans, « si la performance boursière est au rendez-vous ».

Je ne vais pas me prononcer sur le fait qu’ils puissent toucher des bonus après ce qu’il s’est passé. J’ai mon avis là-dessus, et vous aussi certainement.

Admettons cette idée de toucher un bonus comme normale et acceptable. Admettons que le fait de reporter ce bonus « à dans trois ans » fasse du sens.

Ne s’agit-il pas – qui plus est étant données les circonstances – d’une occasion remarquablement manquée? Une occasion de lier l’obtention de ces 30% de bonus non pas à la performance boursière, mais à la performance environnementale.

N’aurait-on pas pu imaginer que les dirigeants touchent leurs bonus dans 3 ans si « la performance environnementale est au rendez-vous »? Sans connaître véritablement la faisabilité d’un tel calcul, j’imagine que l’on aurait pu évaluer le surplus de pollution causé par les véhicules dont les tests ont été truqués. A partir de là, on aurait pu imaginer que les dirigeants n’auraient touché leurs bonus qu’à la condition que ce surplus ait été compensé, d’une manière ou d’une autre. Il faudrait bien sûr consacrer plus que ces quelques lignes pour trouver une solution acceptable, mais pourquoi pas?

G4-51 b. Report how performance criteria in the remuneration policy relate to the highest governance body’s and senior executives’ economic, environmental and social objectives.

La GRI préconise d’ailleurs que l’on rapporte sur le lien établi entre la rémunération des dirigeants et la performance environnementale, sociale et économique de l’organisation. Certaines entreprises, comme Intel par exemple, l’on déjà fait avec plus ou moins de succès et d’à-propos.

Une occasion que VW n’a pas su saisir.

Le scandale de Volkswagen touche la RSE de plein fouet

VWNous l’avons appris ce lundi 21 septembre, Volkswagen (VW) a « triché » à des tests d’émission de gaz nocifs pour l’environnement aux Etats-Unis. Une ou plusieurs personnes – cela reste à déterminer, mais je vois mal comment cela pourrait être une initiative individuelle ou un événement isolé – a fait installer un programme, se mettant en marche lors des tests, pour réduire la pollution, mais s’éteignant lors de l’usage normal des véhicules, afin de maximiser la performance du moteur. Bottom line, certains véhicules mis en circulation n’auraient pas dû l’être, et la faute en revient à VW qui a dissimulé cette information. On peut trouver de plus amples explications techniques ici, en anglais.

Ce qui me gêne le plus? C’est ça. A peine une semaine avant ce scandale, VW était identifié comme le fabriquant d’automobiles le plus durable. Distinction accordée par les Zurichois de RobecoSAM, qui ne sont en principe pas les premiers venus. Alors oui, on n’est jamais à l’abri d’un tel événement, ni VW, ni RobecoSAM, mais cela remet en cause beaucoup de choses. Pourra-t-on vraiment croire VW lors de leur prochaine campagne? Sur leur site Think Blue, il n’est fait aucune mention de cet événement, il n’y a aucune explication. C’est un vrai problème.VW

J’en parlais il n’y a pas si longtemps, la RSE a besoin d’un scandale. Sans doute faudra-t-il quelque chose de plus fort, de plus scandaleux, mais cette affaire nous met déjà sur la voie. En tout cas, le cours de l’action VW doit se dire que cette affaire est déjà bien suffisamment scandaleuse…