Comment créer une stratégie de responsabilité sociale

Echecs stratégieDe plus en plus souvent, on peut entendre parler de stratégie et responsabilité sociale. Ce qui est plutôt bon signe. C’est en allant dans cette direction que la RSE prendra toute son importance, et pourra avoir un maximum d’impact. J’aimerais aujourd’hui présenter des éléments introduits dans un excellent article. Il s’agit de « A Strategic Approach to Corporate Social Responsibility », de Kellie McElhaney.

L’auteure y propose – entre autres – 5 actions à réaliser pour mettre en place une véritable stratégie de responsabilité sociale.

  1. Le senior management, et le conseil d’administration de l’entreprise, doivent prendre un engagement authentique, ferme et public envers la RSE.
  2. Déterminer les 3 principaux objectifs et priorités de l’entreprise en termes de « business », et développer une stratégie RSE qui va contribuer à atteindre ces objectifs.
  3. Aligner la stratégie RSE avec les compétences de base de l’entreprise.
  4. Intégrer complètement la RSE à la culture, la gouvernance, et les efforts de développement de stratégie de l’entreprise; et dans les systèmes existants de management et de performance.
  5. Développer des indicateurs de performance permettant de mesurer l’impact des stratégies RSE.

Rien de vraiment nouveau, me direz-vous? Peut-être, mais je trouve intéressant de prendre tous ces éléments ensemble, d’avoir une vue globale. Kellie McElhaney a fait l’effort de donner un sens général à des éléments que l’on retrouve souvent ça et là, de manière disparate. On mêle ici implication du top management, lien avec le core business et les objectifs, et mesure de la performance. Je pense qu’il s’agit là d’une très bonne première approche pour établir une stratégie.

RSE: ne perdez pas de vue votre stratégie

Go strategyLes obligations en termes de compliance, et les demandes toujours grandissantes de divers stakeholders pour des données de type ESG font, à mon sens, que la responsabilité sociale des entreprises se morcèle en d’innombrables entités distinctes. De ce fait, on perd de vue la « big picture », la vue d’ensemble qui permettrait d’établir et de suivre une stratégie claire.

Certes, en suivant les lignes directrices de telle organisation, en répondant au questionnaire de tel institut, on peut cocher des cases: voila notre consommation d’énergie annuelle, voici le montant total de nos dépenses en matière de santé et sécurité au travail, etc.

Mais cela fait-il vraiment du sens? Quel est le lien entre tous ces éléments? Faire de la compliance ne permet de pas d’établir une direction précise que l’on voudrait donner à son entreprise. Tout au mieux se laisse-t-on guider au fil des indicateurs à remplir, en essayant de survivre au flux constant des demandes formulées par telle ou telle agence de rating ESG.

Pourtant, stratégie d’entreprise et responsabilité sociale sont deux faces d’une même pièce. J’ai l’intime conviction que l’un ne va pas sans l’autre. Peut-on vraiment encore imaginer une stratégie d’entreprise n’incluant pas de considérations RSE? Cela se justifie vraimet de faire de la RSE, si celle-ci n’est pas ancrée profondément dans la stratégie de l’entreprise?

Bien sûr, il est rassurant – et relativement facile – de se contenter de cocher les case, de compléter ses « to-do lists ». Mais tout cela ne sert à rien, ou si peu, si l’on n’a pas effectué en amont un travail stratégique. Il faut plus d’hommes et de femmes ayant non seulement une très bonne connaissance du domaine global de la RSE, mais aussi une ouverture d’esprit leur permettant de voir au-delà de la compliance.