Analyse de cycle de vie sociale: un outil pour la RSE?

L’analyse de cycle de vie (ACV) est un outil, une façon de procéder, qui se répand de plus en plus dans la responsabilité sociale. Nous en avions déjà parlé ici! Il faut dire qu’il est particulièrement utile de pouvoir déterminer l’impact environnemental d’un produit aux différents moments de sa vie. Je dis « environnemental » car c’est en général dans cette perspective que l’on emploie l’ACV. Mais on sait bien qu’un produit n’a pas qu’un impact environnemental, il a également un impact économique et social. Dès lors, pourquoi ne pas faire d’analyse de cycle de vie sociale?

Si l’on en croit ce que l’on peut lire dans cet article intéressant, l’ACV sociale (selon les recommandations de la Life Cycle Initiative) permet d’évaluer les impacts sociaux et socio-économiques, qu’ils soient réels ou potentiels, positifs ou négatifs, et cela en suivant la méthodologie précédente mais sous l’angle des parties prenantes affectées par les activités des différentes entreprises impliquées dans ce cycle de vie (travailleurs, communautés locales, consommateurs, société, etc.). Zoom_14mai09_athl

Je vois trois avantages potentiels pour une entreprise menant une telle analyse sur ses produits (ou ses services):

  1. Meilleure prise en compte des externalités. Encore une fois, les impacts d’une entreprise ne sont pas qu’environnementaux, il convient de prendre en compte également les impacts sociaux ou socio-économiques, qui peuvent aussi prendre la forme d’externalités.
  2. Meilleure identification des stakeholders impliqués et impactés. Quelles sont les parties prenantes « pertinentes » pour une entreprise à tel ou tel moment de la vie du produit de celle-ci? Utiliser cette approche de cycle de vie peut être un moyen très efficace d’identifier les stakeholders les plus importants.
  3. Amélioration de la stratégie globale. Ce point résume en quelque sorte les deux précédents: en prenant en compte les externalités socio-économiques et en identifiant au mieux les parties prenantes concernées, une entreprise pourra aisément établir une stratégie de réduction des impacts négatifs et de maximisation des impacts positifs. Elle aura une meilleure vue d’ensemble sur ses activités et sur le rôle qu’elle peut jouer dans la société.

Si vous êtes intéressé par ce sujet, pourquoi ne pas commencer vos recherches sur la Social Hotspots Database?

Life Cycle Perspective Business Game

PCV

Source: Quantis International

Suite à la publication de mon dernier article consacré aux jeux et à la RSE, j’ai été contacté par Samuel Vionnet, fidèle lecteur, qui a lui même recours à un jeu dans le cadre de son travail chez Quantis International. Il m’a fourni quelques informations, et comme j’ai trouvé cela passionnant, j’ai décidé d’écrire un article à ce sujet!

Si vous connaissez Quantis, vous savez qu’ils ont fait leur réputation autour de l’analyse de cycle de vie (ACV) – Life Cycle Assessment. Une méthode visant à fournir une image quantitative et scientifique de l’impact environnemental d’un produit ou d’une entreprise. Le jeu que m’a présenté Samuel, Life Cycle Perspective Business Game, porte précisément sur ce thème. Ce jeu permet de travailler sur la perception du cycle de vie.Le jeu peut être joué dans sa version générique, tout comme il peut être personnalisé en fonction de l’entreprise.

Pour ce faire, on organise un workshop au sein d’une entreprise, avec différents stakeholders: dirigeants, marketing, opérationnel, mais aussi les clients de l’entreprise. Les participants construisent ensemble une représentation du cycle de vie de la compagnie et mettent en avant des problèmes, en se basant sur leur perception.

Source: Quantis International

Source: Quantis International

Sur cette base, on utilise les différences entre perception et réalité pour créer une stratégie de communication ou de marketing. Cela permet en effet de créer une vision commune du cycle de vie, mais aussi de communiquer de manière plus adéquate sur le cycle de vie.

Très intéressants également, les feedbacks obtenus:

  • Les joueurs ont tendance à sur-estimer les impacts environnementaux du packaging et du transport;
  • De même, les joueurs ont tendance à sous-estimer les impacts de l’agriculture et de la fin de vie;
  • Les joueurs externes à l’entreprise simplifient à outrance la chaîne de valeur et reportent la responsabilité sur la compagnie (et non sur les fournisseurs).

Il est aussi intéressant de noter que d’un jeu qui se focalise sur la thématique très précise de l’analyse de cycle de vie, on touche à l’aspect plus large de la RSE: il y a une part très importante de dialogue avec les stakeholders, de la communication, etc. Le jeu permet ainsi de susciter des débats dépassant le simple cadre de l’ACV.

Une preuve de plus que le « serious gaming » a un bel avenir, tout particulièrement dans le domaine du développement durable et de la RSE.

Pour plus d’informations, vous pouvez lire ici un interview de Ganael Bascoul, designer du jeu. Vous pouvez aussi laisser vos questions dans les commentaires, les gens de Quantis ne sont pas loin!