Apprendre-Travailler-Recommencer

Récemment, je suis tombé sur un article de la MIT Sloan Management Review, datant de 2017, que j’ai trouvé très intéressant. Celui-ci met en avant le décalage entre le fait que les individus savent que leur vies et carrières doivent être restructurées, étant donnée la situation/société dans laquelle nous vivons, et le fait que les entreprises continuent de se comporter comme si le schéma classique – études-travail-retraite – continuait de s’appliquer.

Je voulais réagir sur la représentation graphique ci-dessous, qui met en avant cette restructuration.

Je trouve très intéressant cette façon de représenter la vie adulte telle qu’elle est vécue aujourd’hui. Si cela reste un modèle, avec ses simplifications, je trouve judicieux de montrer non seulement la multiplicité des phases, mais aussi leurs chevauchements. De même, il est pertinent d’y inclure des phases telles qu’exploration ou transition, et qui permettent de comprendre l’état d’esprit que l’on peut avoir à différents moments de la vie.

Le fait que la partie retraite se chevauche avec la partie « mix de travail rémunéré et bénévole » me paraît également judicieux, en cela qu’un écho est donné de cette façon au développement de la silver economy.

Quel impact a sur nos carrières et nos vies une telle perception du déroulement de celles-ci? Comment se prépare-t-on à la phase suivante, si les limites sont plus poreuses que l’on aurait pu le penser?

Et, pour revenir sur l’un des constats de l’article, comment une entreprise responsable peut-elle répondre à cette situation? Doit-elle aider ses employés à réaliser ces différentes transitions? Peut-elle faciliter le fait de mener deux aspects d’une carrière en parallèle? Comment permettre à une jeune professionnelle de faire ses premiers pas dans le monde du travail, tout en finissant ses études et avec la conscience qu’elle est en pleine phase d’exploration?

Vers une culture du feedback

J’ai eu le plaisir, il y a quelques jours, de prendre le lunch avec deux « amis de l’armée ». Au-delà de l’amitié, c’est aussi toujours très intéressant: mes deux amis ont fait une très mauvaise carrière militaire, et ont par conséquent fort bien réussi dans la vraie vie. Cela leur donne une vision des choses que j’apprécie particulièrement!

Nous évoquions la douceur de la vie estudiantine, et mes deux amis soulignaient à quel point ils appréciaient la précision et le côté gratifiant des examens. Ceux-ci généraient un stress, certes, mais positif: il était planifié, avec une objectif clair et précis, la validation d’acquisition de compétences.

Face à cela, nous avons opposé le stress connu au travail, souvent dû à des situations d’urgences, de dernière minute. Aussi et surtout, nous avons parlé de l’aspect peu gratifiant de ce type de stress. Même s’il s’agit d’un stress lié à l’accomplissement d’un projet prévu, avec un calendrier clair, la récompense qui en résultait est au mieux une tape sur le dos, voire une simple indifférence, sous prétexte qu’il s’agit de ce qui est attendu.feedback-1825515_1920

Cela nous a amené à en déduire qu’il s’agit avant tout d’un problème de culture organisationnelle. L’absence d’une culture du feedback, et des compétences managériales pour la mettre en place. Au départ, il s’agit de mettre en place des objectifs clairs. J’ai une préférence pour les objectifs FAST, plutôt que SMART – mais disons que c’est une question de goût! Et pourquoi ne pas insister – comme pour un examen – sur ce qui va être appris au cours du projet/de l’année? On aborde en général les « Lessons learned » en fin de projet, mais je crois qu’il conviendrait aussi d’en parler en amont: « Nous lançons ce projet, voici ce qui devra être atteint, et voici ce qui aura été appris, les compétences développées. »