Services rendus par les écosystèmes: quelle valeur pour les entreprises?

Dans le cadre d’une étude désormais célèbre, publiée en 1997, Robert Costanza et d’autres auteurs ont tenté de donner une valeur économique aux services rendus à l’humanité par les écosystèmes de la planète (régulation de la composition de l’atmosphère, pollinisation, divertissement, etc.). Les chiffres avancés en 1997 estimaient à 33’000 milliards de dollars américains par an la totalité de ces services. A titre de comparaison, le PIB mondial à la même époque était évalué à 18’000 milliards de dollars américains[1].Pollinisation

Ce qui en découle est donc clair: les écosystèmes de la planète nous rendent des services dont on ne saurait se passer, et il convient donc d’accorder une grande priorité à la préservation de ces services. Or, ce n’est pas le cas. Selon Johan Rockström, trois des neufs secteurs nécessitant de manière urgente une définition des limites planétaires[2] auraient déjà connu un dépassement de leur seuil critique à cause des activités humaines: le changement climatique, la perte de biodiversité, et la production excessive d’azote.

La question que j’aimerais poser dans cet article est celle de savoir ce que pourraient faire les entreprises de tels chiffres. Est-ce qu’une entreprise devrait tenter d’estimer la part de son business qu’elle doit aux services rendus par les écosystèmes – et qu’elles ne paie à-priori pas. Peut-être qu’en prenant conscience de cette valeur, les dirigeants de l’entreprise seraient incités à prendre des mesures pour préserver la disponibilité et la qualité de ces services.

Il ne s’agit pas ici d’avoir un discours moralisateur disant aux entreprises que sans la nature, elles n’existeraient certainement pas, mais plutôt de réfléchir en quoi ce genre d’information devrait être pris en compte dans la stratégie de l’entreprise. De réfléchir à la plus-value qu’une telle information pourrait apporter aux dirigeants d’une entreprise.

Des suggestions?


[1] D’autres études similaires ont été réalisées ultérieurement et les résultats de celles-ci restent dans le même ordre de grandeur.

[2] Ces 9 secteurs sont: le changement climatique, la perte de biodiversité, l’excès de production d’azote et de phosphate, la diminution de la couche d’ozone, l’acidification des océans, la consommation mondiale d’eau douce, les changements d’occupation des sols, la pollution de l’air, et la pollution chimique.

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